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Politique

2022

Mépris de classe. Poutou et Arthaud évincés du 1er débat des candidats à la présidentielle

En guise de première grande émission pré-présidentielles, TF1 invitera huit candidats sur son plateau lundi soir. Philippe Poutou et Nathalie Arthaud, les deux candidats d’extrême-gauche, n’ont pas été conviés à la grande messe télévisuelle.

vendredi 11 mars

A partir de 20h20, à la suite d’un JT raccourci, Anne Hidalgo, Yannick Jadot, Marine le Pen, Jean-Luc Mélenchon, Valérie Pécresse, Fabien Roussel et Éric Zemmour seront conviés à s’exprimer dans le cadre de l’émission spéciale « La France fait la guerre ». Présentée par Anne Claire Coudray et Gilles Bouleau, l’émission fera vraisemblablement figure de premier temps fort des présidentielles, sinon de première grande émission. Les invités devront en trois temps distincts, adresser une profession de foi, répondre aux questions des journalistes, avant de pouvoir enfin pendant … deux minutes… réagir aux propos des autres candidats.

Un exercice auquel ne seront donc pas conviés Nathalie Artaud, Philippe Poutou ou encore Jean Lassalle et Nicolas Dupont Aignan. Une décision arbitraire que TF1 n’a pour l’heure pas commentée. Le traditionnel argument du poids électoral convoqué ordinairement par la presse main-stream pour éliminer médiatiquement les candidats d’extrême-gauche pourra cette fois difficilement faire avaler la pilule. La candidate du parti socialiste est donnée derrière le candidat du NPA dans les sondages. Pourtant c’est bien Anne Hidalgo qui a été invitée.

Sans surprise, les différentes variantes néolibérales de l’extrême-droite au centre-droit marconien en passant par la social-démocratie molle de Jadot ont, elles, bien été convoquées. Pour ce qui est du débat que le téléspectateur n’en attende pas trop. On imagine qu’Emmanuel Macron a posé ses conditions, le format de l’émission exclue une quelconque confrontation. S’il fallait une -énième- démonstration du type de campagne, des plus réactionnaires, que comptent imposer au forceps les classes dominantes, la prochaine grande messe de TF1 en est une nouvelle preuve éclatante. Les « débats démocratiques » se tiendront en vase clos.

En sus du caractère anti-démocratique du refus d’inviter les candidats du NPA et de Lutte Ouvrière, cette mise à l’écart a aussi un sens politique : celui d’empêcher que la question sociale et les aspirations démocratiques n’aient voix au chapitre. Une situation qui aurait pu -dû- générer une réaction à gauche et notamment du côté de la France Insoumise restée très silencieuse, et qui participera sans mot dire au simulacre d’exercice démocratique.

Une nouvelle fois preuve est faite du mépris de classe des dominants, ce dont le boycott médiatique et la censure appliqués à la campagne Anasse Kazib avait déjà été le signe. Décidément les 500 parrainages ne sont que la première barrière antidémocratique …



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