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Grève dans l’Éducation. Rassemblement devant la DSDEN 93 contre la gestion calamiteuse de la crise

Ce mardi, les enseignants et parents d'élèves du collège Auguste Delaune de Bobigny étaient réunis devant la DSDEN du 93 pour dénoncer la gestion calamiteuse de la crise sanitaire par le gouvernement. La DSDEN a refusé de leur ouvrir ses portes, montrant une fois de plus le mépris pour les personnels de l'Éducation.

mercredi 12 janvier

Le collège Delaune de Bobigny, bloqué depuis la rentrée de janvier

Avant même l’annonce du nouveau protocole de rentrée, diffusé la veille par le biais d’une interview du ministre dans Le Parisien, les personnels du collège Auguste Delaune avaient prévu de se mobiliser pour la rentrée de janvier : non remplacement des enseignants manquants, dont une enseignante en congé maternité non remplacée depuis plusieurs mois, une seule infirmière pour plusieurs établissements, manque de psychologues et de personnels de nettoyage et de surveillance… Autant de problématiques propres aux établissements des quartiers populaires, dont les difficultés structurelles se font plus aigües en période de crise sanitaire.

Dès le lundi 3 janvier, les parents d’élèves, solidaires avec les enseignants, ont décidé de bloquer l’établissement, non seulement pour faire part de ces revendications, mais également pour réclamer un protocole sanitaire décent dans l’établissement : des masques FFP2, des capteurs de C02 dans les classes, et des embauches de personnels titulaires. Une mobilisation enseignante et des blocages qui se sont poursuivis toute la semaine. La direction académique a cédé sur l’une des revendication en affectant sur l’établissement une professeure d’anglais pour combler le poste vacant, tout en menaçant de faire rouvrir le collège par la police si la mobilisation continuait ! La Police s’est rendue plusieurs fois sur place mais n’est pas intervenue, ne constatant pas de trouble à l’ordre public.

Mépris et silence face à la multiplication des alertes sanitaires et sociales
Preuve que le niveau d’ébullition sociale est loin de concerner uniquement le collège Auguste Delaune, plusieurs établissements de la Seine-Saint-Denis (le lycée Blanqui à Saint-Ouen, Jean Rostand de Villepinte, les collèges Pierre Sémard et Auguste Delaune de Bobigny) se sont rassemblés en AG inter-établissement le jeudi 6 janvier afin de mettre en commun revendications et modalités d’action.

Ils se sont retrouvés mardi 11 janvier, devant la Direction départementale des Services de l’Education Nationale (DSDEN) à Bobigny. « On a décliné nos revendications en bas des locaux, en alternant prises de paroles et chants au mégaphone. Après deux heures d’attente, deux responsables sont finalement descendus. Ils ont refusé de nous recevoir à l’intérieur, nous ont répondu que nous n’avions pas pris un rendez-vous par courrier, et qu’il n’y avait rien de dégradant à nous recevoir sur un bout de trottoir… » déplore un enseignant.

C’est le même mépris qui est renvoyé aux enseignants du lycée Jean Rostand de Villepinte, pour lequel le Rectorat vient de refuser leur demande d’exercer leur droit de retrait. A la rentrée 2020, en pleine deuxième vague ce sont deux personnels de l’établissement qui étaient décédés des suites du Covid, face à l’absence de mesures de protection, en dépit des appels répétés des personnels.

Plusieurs établissements mobilisés dès ce mardi, jeudi journée de grève nationale

Plutôt que de désarmer la colère, l’annonce par Jean Castex d’un énième « nouveau protocole sanitaire » - qui fait suite à plusieurs dizaines de « nouveaux protocoles » pour les établissements scolaires en l’espace de 22 mois – pourrait bien mettre le feu aux poudres d’une colère déjà bien vivace et qui s’exprime d’ores et déjà dans la rue et par la grève dans les établissements d’Ile-de-France.

Certains enseignants ont rejoint la mobilisation du secteur de la santé, confronté aux mêmes problématiques du manque de moyens, de la répression et des conditions de travail indignes.

La journée de mobilisation du jeudi 13 janvier s’annonce inédite par son ampleur. Les estimations pour le primaire, où les grèves doivent être déclarées au préalable, prévoient 75% de grévistes dans les écoles du 93 et plus de 300 écoles complétement fermées. Espérons que la mobilisation soit également forte à l’échelle nationale. Aux enseignants et aux parents d’élèves de poursuivre le mouvement et de l’amplifier, aux côtés des personnels de santé, pour obtenir des moyens pour soigner et éduquer les usagers des services publics et pour protéger celles et ceux qui les font tourner. Le Covid n’est qu’un révélateur d’un problème profond et qui s’est installé depuis bien trop longtemps : la casse des services publics, qui s’est particulièrement accentuée sous le quinquennat Macron.



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