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Répression

« Mettre fin » aux occupations : présidences de facs, LR et Macron unis contre le mouvement étudiant

Le 10 mai, des députés Les Républicains ont déposé une proposition de loi visant « à mettre fin à l’occupation illicite des locaux » dans les universités. Le même jour à Bordeaux, au moins trois étudiant⋅es ont été perquisitionné⋅es après l'occupation de leur université. Les volontés de criminaliser nos luttes se multiplient, il faut organiser la riposte !

Philomène Rozan

12 mai 2023

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« Mettre fin » aux occupations : présidences de facs, LR et Macron unis contre le mouvement étudiant

Les Républicains propose une loi « pour mettre fin » aux occupations de facs

Ce 10 mai, des députés Républicains ont déposé une proposition de loi visant « à mettre fin à l’occupation illicite des locaux  » des universités. Dans leur texte, ils regrettent que « les forces de l’ordre ne peuvent pénétrer [dans les facs] qu’à la demande expresse du président de l’établissement » et souhaitent, avec cette proposition de loi, permettre à la police de pénétrer dans les locaux universitaires sans accord préalable.

Parmi les « les navrantes situations de blocage des enceintes universitaires  », ils mentionnent une petite dizaine d’établissements et notamment celui de Bordeaux et du campus de la Victoire qui avait été expulsé dans la nuit avec l’aide du Raid. Des opérations policières menées par les CRS ont aussi eu lieu à l’EHESS, Tolbiac, Paris 3, Sorbonne Université, Rouen, Lille mais aussi Brest et d’autres qui ont dû faire face à la répression au cours du mouvement.

Des présidences d’universités portent plainte contre les occupations : une attaque contre le droit de se mobiliser

Aujourd’hui la droite voudrait donner les mains libre au gouvernement pour réprimer les prochaines occupations d’université, et enterrer au plus vite la colère profonde qui infuse dans la jeunesse. Ils ne sont pas les seuls à travailler dans ce sens. Du côté du Mirail à Toulouse, une réflexion de la présidence est en cours pour renforcer « la sécurité sur le campus ». Plusieurs présidences d’universités ont fait le choix de porter plainte contre les occupations comme c’est le cas à Bordeaux ou encore à Caen. Des initiatives approuvées par la ministre de l’ESR qui juge « intolérable » ou encore « insupportable » les occupations d’universités et qui « a donc décidé de soutenir les présidents de fac dans leur démarche de portée plainte à chaque fois ». Au ministère, le ton est donné comme le relate La Dépêche : « il n’y aura aucune tolérance ».

Ces plaintes de la part de présidences d’universités marquent un saut dans les tentatives de répression déjà en cours au début du mouvement. La période du Covid a en effet offert de nouveaux outils pour étouffer le mouvement étudiant avec les fermetures administratives et le passage de cours en distanciel. Autant de méthodes qui visent à empêcher étudiants et personnels de s’organiser sur leur lieu d’étude et de travail.

A l’heure où le gouvernement, la droite et les présidences d’universités préparent de nouveaux outils pour réprimer toute contestation dans la jeunesse, de nombreux⋅ses étudiant⋅es sont sous le coup de procès, ont fait de la détention provisoire, ont reçu des convocations ou ont même été perquisitionné⋅es chez eux, comme c’est le cas d’étudiant⋅es à Bordeaux arrêté⋅es à leur domicile ou à celui de leurs parents pour s’être mobilisé contre Macron et ses réformes.

En effet, Sud-Ouest nous apprenait ce matin que les étudiant⋅es bordelaises avaient bien été interpellées et placées en garde-en-vue suite à l’occupation de l’université Bordeaux Victoire. Accusé⋅es « d’incitation à la violence » pour avoir « échangé sur messagerie cryptée », leur garde-à-vue a été prolongée hier soir. Des motifs ahurissants qui n’ont pour seul objectif de criminaliser la mobilisation étudiante et de faire des exemples pour canaliser la contestation.

Face à la répression qui s’intensifie, il faut répondre par la solidarité, exiger la suspension de cette proposition de loi et la suppression de toutes les lois qui visent à criminaliser nos luttes et nos engagements. Il faut également exiger la libération et la relaxe de tou⋅tes les manifestant⋅es interpellé⋅es. Le Poing Levé organise en ce sens une grande campagne contre la répression pour recenser les cas et les victimes et organiser la solidarité la plus large possible. Contacte-nous si tu as vécu un cas de répression et que tu veux témoigner !

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Philomène Rozan

Etudiante à l’Université Paris Cité , élue pour Le Poing Levé au Conseil d’Administration

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