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Élections aux États-Unis

Midterms aux États-Unis. Biden à la défensive face aux menaces trumpistes

Aux États-Unis, les élections décisives de mi-mandat auront lieu le 8 novembre prochain. Ce mercredi 2 novembre, Biden a tenu un discours alarmiste agitant les menaces de remise en cause des résultats du scrutin par les candidats républicains trumpistes.

jeudi 3 novembre

Crédits photo : JIM WATSON / AFP

Ce mercredi 2 novembre, Joe Biden a alerté sur une possible remise en cause des résultats des élections de mi-mandat par les trumpistes lors d’un discours tenu à Washington à moins de six jours du scrutin. « Nous ne pouvons plus tenir la démocratie pour acquise » a affirmé Biden, faisant référence à l’assaut du Capitole du 6 janvier 2021 par les partisans les plus radicaux de Donald Trump.

Biden a ainsi fustigé « des candidats qui se présentent à tous les échelons de l’État américain […] qui refusent de s’engager à accepter les résultats des élections auxquelles ils sont candidats ». « Plus de 300 » candidats du parti républicain refuseraient selon Biden de reconnaître les résultats des mid-terms en cas de défaite. Ponctuant un discours plein de gravité, Biden a affirmé « c’est la voie vers le chaos en Amérique. C’est sans précédent. C’est illégal. Et c’est antiaméricain. »

La campagne pour les élections de mi-mandat aux États-Unis a lieu dans un contexte tendu et de polarisation politique profonde. Si les résultats restent particulièrement incertains, la dynamique du parti démocrate bat de l’aile dans les sondages à moins d’une semaine des élections. A l’inverse, le parti républicain semble reprendre des couleurs et le trumpisme continue de se renforcer. Les candidats ont ainsi été à l’offensive et Trump a récemment agité les « risques de fraudes » dans l’État de Pennsylvanie (État clé), pour commencer à remettre en cause de potentiels résultats défavorables aux Républicains. D’où les récentes alertes de Joe Biden.

Biden et les démocrates jouent gros

Ces dernières sorties du président américain visent à mobiliser l’électorat démocrate à quelques jours d’un scrutin dans lequel l’administration Biden et le parti démocrate jouent gros. En effet, l’issue du scrutin leur garantira la possibilité ou non de continuer à gouverner avec une majorité, aujourd’hui courte, au Parlement. Les « mid-terms » sont des élections de mi-mandat centrales aux États-Unis. Elles viennent renouveler l’ensemble de la chambre des représentants et un tiers du Sénat et sont également l’occasion d’élire des gouverneurs pour de nombreux États.

Lors des deux derniers mandats, de Trump et d’Obama, les résultats des mid-terms avaient constitué un revers pour le président et le parti au pouvoir. Trump et les Républicains avaient ainsi perdu la majorité au Congrès et ce fût également le cas pour Obama et les démocrates en 2014. En cas de revers pour les démocrates, Biden pourrait voir la seconde moitié de son mandat obstruée par une perte de majorité au parlement et un trumpisme renforcé dans un contexte déjà instable.

Après les attaques contre le droit à l’avortement, Biden et les démocrates misent sur le « péril démocratique » pour mobiliser l’électorat

Pour mobiliser son électorat, Biden et les démocrates avaient déjà instrumentalisé à fond la lutte pour le droit à l’avortement en promettant en cas de victoire de faire passer une loi qui garantisse le droit à l’avortement aujourd’hui menacé par la droite américaine. Ce n’est pas la première fois que les démocrates utilisent l’argument de la préservation du droit à l’avortement pour mobiliser l’électorat progressiste. Cela n’a pourtant pas empêché les républicains d’attaquer ce droit et à travers leurs politiques réactionnaires concrétisées récemment par l’abrogation de l’arrêt Roe v. Wade.

Aujourd’hui, c’est le « péril démocratique » qui est agité par Biden pour appeler l’électorat à se rendre massivement aux urnes le 8 novembre prochain. Un discours défensif sur l’épouvantail du trumpisme qui avait déjà été l’une des bases de sa campagne pour la présidentielle.

Même s’il s’agit pour Biden de mobiliser son électorat, la campagne politique tendue et l’agitation de la "fraude électorale" par des candidats trumpistes qui appellent également à ne pas reconnaître les résultats en cas de défaite, traduisent une réelle instabilité politique au sein de la première puissance mondiale.

De plus, Biden, qui n’a pas été élu avec beaucoup d’enthousiasme, doit faire face à une situation économique marquée par l’inflation qui atteignait les 8,2 % en septembre. Une hausse des prix qui constitue de loin la première préoccupation des travailleurs américains et à laquelle Biden a pour le moment répondu principalement par des aides ponctuelles qui n’ont pas touché au fond du problème. Une situation sur laquelle le parti républicain cherche à capitaliser.

Quoi qu’il en soit, il est clair que ni les Démocrates ni les Républicains vampirisés par le trumpisme ne constituent une perspective désirable pour la classe ouvrière américaine et ses franges opprimées. Une nouvelle fois, l’issue pour faire face à la situation économique dégradée, au racisme structurel et aux attaques contre les droits des femmes se trouvera dans la mobilisation par en bas et l’auto-organisation, dont les premiers signes récents ont commencé à émerger à travers les phénomènes de syndicalisation et de grèves qui ont émaillé le début du mandat de Joe Biden.



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