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Politique

Ouvrons les frontières

Migrants. Nouvelles violences policières lors d’une expulsion d’un campement à Aubervilliers

Alors que l'actualité politico-médiatique est polarisée par la question du corps des femmes, tant à travers le scandale autour du sondage de Marianne sur la tenue des lycéennes que par le voile des femmes musulmanes, 150 migrants, et parmi eux des femmes et des mineurs, ont été violemment expulsés d'un campement par la police.

samedi 3 octobre

Crédits photo : CHRISTOPHE ARCHAMBAULT / AFP

De nombreuses associations dénoncent « une chasse à l’homme »

Les faits se sont déroulés le mardi 22 septembre au niveau du pont de Stains à Aubervilliers en Seine-Saint-Denis. Des bénévoles de l’association Utopia56 souhaitaient installer pour la nuit une centaine de migrant.e.s au nord de Paris, mais les policiers sont intervenus vers 23 heures afin de les en dissuader. C’est un résident de l’Avenue Victor Hugo qui a pris des vidéos depuis sa fenêtre afin d’alerter sur ces violences exercées par la police, vidéos dans lesquelles on entend des cris de femmes et des images des personnes migrantes violentées et traînées au sol.

Loin d’être une nouveauté, une bénévole du collectif Solidarité Migrants confie à Mediapart que cela fait déjà plus d’un an qu’ils alertent la mairie de Paris : « Nous alertons la mairie de Paris à ce sujet depuis 2019. Nous lui demandons une protection à la fois pour les exilés et les aidants, car c’est de plus en plus tendu et compliqué pour tout le monde. Nous attendons qu’elle se positionne sur ces chasses à l’homme. »

Pendant 5 heures 30 - de 20h à 1h30 -, quarante enfants et plus de cents adultes ont dû marcher dans le froid, fatigué.e.s et affamé.e.s sans qu’ils.elles sachent où aller.

L’objectif était de les éloigner de Paris, affirme le coordinateur d’Utopia56. Le jeudi 24 septembre à 21H30, de nombreux véhicules de CRS se sont stationnés tout le long du Canal de Saint-Denis. Des agents filtraient l’accès aux escaliers qui mène au quai, plusieurs familles ont réussi à s’y installer malgré leur présence.

Mediapart a recueilli le témoignage d’un jeune Afghan âgé de 15 ans prénommé Mahdi : « Nous étions là mardi soir quand la police nous a créé des ennuis. Un des policiers m’a poussé dans la rue. Quand mon père a voulu me défendre en leur demandant de ne pas me frapper, ils lui ont asséné des coups de matraque. Ils ont aussi poussé ma mère alors qu’elle avait un des bébés dans ses bras. »

Cette énième répression policière n’est que l’illustration parfaite d’un État raciste, islamophobe et violent car il est inutile de rappeler que la majorité des migrant.e.s sont majoritairement issus des pays africains et du Moyen-Orient et que leur venue dans les pays occidentaux est souvent la résultante même de la politique des grandes puissances impérialistes dont la France fait partie. Dans cette période exceptionnelle, où les migrants et plus en général les plus précaires sont en première ligne par leur vulnérabilité face à la crise sanitaire, économique et sociale, il faut exiger la régularisation de tous les sans-papiers ainsi que la libre circulation, pour qu’ils aient accès aux mêmes soins que toutes et tous, ainsi qu’un toit pour tous, qui pourrait se matérialiser de manière immédiate avec la réquisition de logements vides.




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