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Jeunesse

Mirail. Le Poing Levé, une liste anticapitaliste de combat, se présente aux élections 

Le collectif étudiant Le Poing Levé se présente aux élections des conseils centraux de l'université Toulouse Jean Jaurès (le Mirail) qui auront lieu le 10, 11 et 12 février prochain. Dans une situation politique grave où la jeunesse est la première touchée par la crise économique et sanitaire, il est urgent de porter un programme anticapitaliste pour refuser que ce soit aux jeunes de payer la crise.

mardi 19 janvier

Le Poing levé est un collectif étudiant présent à l’université du Mirail (Toulouse Jean Jaurès) comme dans trois autres facultés parisiennes et à Bordeaux sous le nom de Onzième thèse. Ces collectifs sont impulsés par des militants de Révolution Permanente au sein du NPA (Nouveau Parti Anticapitaliste) pour regrouper tous les jeunes qui pensent que l’université devrait être mise au service de l’émancipation du plus grand nombre, être ouverte à toutes et à tous, et non pas être un lieu de sélection qui satisfasse les besoins du patronat. Présents depuis plusieurs années sur l’université du Mirail, les militants du Poing Levé ont participé aux différentes mobilisations étudiantes aussi bien sur l’université qu’en dehors.

En novembre 2018, nous étions présent aux précédentes élections universitaire du Mirail avec une liste « Solidaires Etudiant-e-s ». Nous avions recueilli 900 voix (autour de 20 % des votes), obtenant un élu au Conseil d’administration et trois sièges à la Commission Formation et Vie Universitaire (CFVU). Nous avons mis à profit ces positions pour lever l’opacité sur les discussions qui se tiennent dans ces instances, mais aussi pour défendre les intérêts des étudiants à l’image de la bataille contre le coup de force de la présidence contre le 10 améliorable au Mirail l’année dernière, où malgré la pandémie et ses conséquences économiques, psychologiques et sociales pour beaucoup d’étudiants, les présidences de fac et le ministère ont montré que le rôle attribué à l’université est essentiellement d’évaluer et de sélectionner, même s’il n’y pas eu cours, même si nous sommes confinés. Cette situation n’a fait que s’aggraver depuis.

Au-delà des murs de l’université, les militants du Poing Levé qui sont étudiants travailleurs, se mobilisent aussi sur leur lieux de travail que ce soit dans l’éducation nationale avec les récentes grèves chez les AED mais aussi dans la grande distribution avec la section syndicale CGT Chronodrive. Nous voulons incarner une jeunesse qui refuse la précarité et se bat pour son avenir, pour gagner de nouveaux droits, en montrant qu’il est possible de s’organiser sur l’université et sur son lieu de travail.

Pendant deux ans nous avons mis ces positions au service des différentes luttes. Sur l’université nous avons soutenu la grève des travailleurs.euses de la sous-traitance du nettoyage de l’université qui se battaient pour leur dignité face à un patron-voyou et au silence complice de l’université. Nous tenons tout particulièrement à lutter aux cotés des enseignants et des BIATTS (personnels non enseignants de l’université) comme nous l’avons fait contre la sélection à l’université en 2018, contre les retraites et LPR (Loi pour la recherche) en 2020.

Des gilets jaunes à la grève contre la réforme des retraites aux côtés des grévistes des transports en décembre 2019, dans les luttes féministes et écologistes jusqu’au mouvement historique contre les violences policières et le racisme l’été dernier, nous nous sommes activement mobilisés contre toutes ces attaques contre nos conditions de vie, de travail, pour lutter contre un capitalisme qui ne peut que condamner notre avenir. Actuellement nous continuons le combat contre l’offensive sécuritaire et raciste du gouvernement pour exiger le retrait total de la loi sécurité globale et de la loi islamophobe sur le séparatisme. Nous avons aussi soutenu les salariés de la sous-traitance aéronautique contre les licenciements comme à 3A et les baisses de salaires comme chez Derichebourg. Aussi nous soutenons activement les travailleurs de la raffinerie de Grandpuits en lutte pour sauver leurs emplois face au géant Total qui cherche à licencier pour mieux polluer dans les pays d’Afrique. Le carnage social qui est à l’oeuvre avec les licenciements en Haute-Garonne et dans tout le pays rendra encore plus difficile de trouver du travail, et va exercer une pression toujours plus forte sur les salaires et les conditions de travail une fois sortis de l’université.

Un cri de détresse et de colère monte des universités. Le gouvernement poursuit son offensive sécuritaire

La crise ouverte par la pandémie mondiale n’a eu de cesse d’aggraver les conditions de précarité et de détresse dans lesquelles étaient déjà plongés une grande partie des étudiants. Isolés par l’enseignement en distanciel dans des logements exigus, scotchés toute la journée derrière un écran, et toujours plus précarisés par la crise économique, la situation des étudiants est aujourd’hui alarmante comme le démontre l’effroyable chiffre de 6 tentatives de suicides d’étudiants en moins d’une semaine. Face à cette situation, le gouvernement et les présidences d’Université continuent de faire comme si de rien n’était, brillant par leur mépris. Plus préoccupées par le fait de maintenir la sélection et la pression scolaire, les présidences d’Université comme à Paris 4 ont décidé d’organiser les partiels en présentiel au mépris de la santé des étudiants. Cette pandémie a tragiquement illustré le sous-investissement et la précarité qui règnent à l’université ! Manque de salles, de profs, d’équipements, il s’agit des décisions politiques prises par les gouvernements successifs et d’attaques contre les universités depuis plus de 20 ans. Aujourd’hui le gouvernement maintient les facs fermées car il ne serait capable que de les rouvrir en créant de nouveaux clusters comme en septembre/octobre ! Les personnels et les usagers des universités pourraient mettre en œuvre une réouverture qui prennent en compte les risques sanitaires mais pour cela il faut des moyens massifs, ceux qui nous ont été pris ces dernières années et ceux qui devraient être de mise face à une situation comme celle que nous traversons. C’est pour cette perspective d’une réouverture qui ne soit pas entre les mains des hauts-fonctionnaires et bureaucrates du ministère de l’enseignement supérieur, qui ont montré tout leur échec, que nous militons.

Alors qu’avant la crise, un étudiant sur deux était contraint de travailler dans des tafs précaires pour pouvoir financer ses études et vivre, le confinement a démontré que la jeunesse était la variable d’ajustement des capitalistes et un jeune sur trois a perdu son emploi à la suite du premier confinement. Alors que la misère étudiante s’accroît, nos perspectives s’assombrissent avec la fermeture des débouchés professionnels et l’impossibilité même de trouver des stages. La crise sanitaire, économique, climatique démontre de jour en jour que le système capitaliste est à bout de souffle. Face à cette situation catastrophique, la seule réponse du gouvernement a été d’une part de donner 150 euros aux étudiants boursiers, ce qui n’est même pas suffisant pour vivre un mois, et, d’autre part, la mise en place de la plateforme “1 jeune, 1 solution”, qui se contente en réalité de nous renvoyer vers des offres d’emploi déjà promues par Pôle Emploi. Dans le même temps, il donne des milliards aux grandes entreprises, qui profitent de la crise sanitaire pour licencier à tour de bras, et fait passer des lois visant à soumettre toujours plus les services publics et les universités aux intérêts privés, comme c’est le cas de LPR.

Avec une jeunesse en première ligne des conséquences de la crise sanitaire et économique, contre tout désespoir, nous ne voulons pas rester résignés face à la violence du système capitaliste. D’autant plus si l’on prend en compte que l’été dernier, les jeunes se sont mobilisés massivement contre les violences policières et le racisme d’Etat. La réponse du gouvernement n’a été que de renforcer son appareil répressif tout en continuant de faire passer des lois liberticides et racistes comme la loi sécurité globale et la loi islamophobe sur le séparatisme. Ces mesures visaient aussi la jeunesse étudiante, comme en témoigne la tentative de criminaliser les mobilisations étudiantes par l’article 38 de la loi LPR (depuis censuré par le conseil constitutionnel). Mais une nouvelle fois, nous avons répondu présents pour dire non à cette offensive autoritaire, en nous rassemblant massivement dès le mois de novembre.

Pourquoi voter le Poing Levé à la CFVU et au CA ?

L’université n’est pas isolée du reste de la société. Les combats, contre la sélection sociale, contre le chômage et la précarité, pour les droits démocratiques et contre le racisme d’État doivent se mener à l’échelle de la société mais ils se déclinent à l’université. Nous luttons sur les facs, mais nous sommes intimement convaincus que pour changer l’université, c’est la société qu’il faut changer ! C’est pour cette raison que nous nous présentons en toute indépendance des organisations et institutions qui font le jeu de la « co-gestion universitaire » : un simple vernis pour faire « participer » les étudiants à la gestion de la misère dans les universités.
Nous n’avons pas l’illusion de changer les fondements de l’université par ces conseils qui sont profondément anti-démocratiques, et qui sont faits sur mesure pour servir le gouvernement et le grand patronat. Les élus étudiants représentent seulement 6 des 36 personnes qui siègent dans ces conseils au CA (pour environ 30.000 étudiants !). Parmi ces 36 personnes, 8 personnalités extérieures ne sont élus directement par personne sur l’université ! Et lorsque les élus ne votent pas bien, les présidences de fac, le ministère et ses recteurs disposent de moyens pour l’annuler. Cependant, nous pensons qu’il est important d’y avoir des élus combatifs pour rendre public ce qui s’y discute dans l’opacité la plus totale et surtout pour y faire entendre nos revendications dont l’issue se trouvera dans la lutte et les mobilisations. Pour cette raison, Le Poing Levé veut faire vivre le marxisme et la politique révolutionnaire à l’université, défend fermement l’auto-organisation des mobilisations et mettra ses moyens au service des mobilisations et de la lutte des classes.

Face au désastre sanitaire et social : des moyens pour une université ouverte à toutes et tous !

La crise sanitaire et sa gestion désastreuse au sein des universités le montrent bien : les étudiants les plus précaires sont les premières victimes de la sélection sociale à la fac. Celles et ceux qui cumulent emploi et études, qui n’ont parfois pas d’accès à Internet, sont les plus impacté.es par la pandémie avec des cours tout distanciel. Pour les étudiants obligés de travailler pendant leurs études, une grande partie d’entre eux ont perdu leur emploi et ceux qui en ont toujours un ont souvent leur charge de travail augmenter à l’image de l’augmentation des cadences dans la grande distribution.

Pour financer une université au service du plus grand nombre, où les mesures sanitaires pourraient s’appliquer (plus de locaux, plus d’enseignants et de travailleurs administratifs, des masques gratuits pour toutes et tous, un centre de dépistage sur le campus) et où chacun.e pourrait suivre les études de son choix (gratuité des études et abrogation de la sélection), l’argent existe. Mais le gouvernement préfère faire des cadeaux au patronat avec un plan de relance à 100 milliards et apporter toujours plus de fonds à la police, plutôt que d’investir à la hauteur des besoins dans les hôpitaux et nos universités. Il faut des moyens à la hauteur des besoins dans l’enseignement supérieur en taxant fortement les plus hauts revenus, en priorité pour faire face à l’épidémie de Covid-19 et aux risques sanitaires mais plus largement pour un enseignement de qualité et une transparence sur la situation sanitaire à l’université : il s’agit de la seule issue viable pour ne pas être baladés entre deux choix impossibles, isolement et détresse psychologique ou bien clusters et contamination de nos proches et nos familles.

Pour une université féministe, anti-raciste et anti-impérialiste

Le Mirail doit devenir la place forte d’un féminisme lutte des classes, anti-raciste, anti-impérialiste et révolutionnaire, contre l’instrumentalisation du féminisme à des fins racistes, à la sauce Marlène Schiappa ! Trop couvertes ou pas assez, c’est aux femmes de décider. Nous revendiquons un accès gratuit, universel et visible aux moyens de contraception et aux protections menstruelles.

Les étudiants étrangers, qui viennent principalement des pays anciennement colonisés et toujours pillés par la France, ne doivent rien à l’État. Nous refusons l’augmentation des frais d’inscription pour les étudiants venus de l’extérieur de l’Union Européenne ! Ils doivent pouvoir étudier gratuitement et nous exigeons la régularisation immédiate de tous les sans-papiers, ainsi que la réquisition de tous les logements vides afin que les étudiants étrangers et nationaux puissent se loger dignement.

Contre la précarité : ce n’est pas à nous de payer pour leur crise !

Le système capitaliste est à bout de souffle et nous prive d’un avenir acceptable. Alors que le gouvernement explique aux soignants et aux universités sans moyens pour affronter le virus que « l’argent magique n’existe pas », il aligne des dizaines de milliards pour les grandes entreprises alors qu’elles licencient à tours de bras. L’épidémie est venue accélérer profondément une situation de crise économique d’ampleur, que voudraient nous faire payer le gouvernement et les patrons, en supprimant des emplois et en recourant massivement à des contrats précaires, services civiques, stages gratuits etc...

Dans les universités, sur nos lieux de travail, un bras de fer va s’engager dont l’issue déterminera qui des travailleurs et de la jeunesse ou des grands patrons devront payer la crise. Devrons-nous subir une dégradation sans fin des services publics de santé, d’éducation et de nos conditions de vie et de travail pour que d’autres puissent continuer à s’enrichir ? L’université doit être mise au service des luttes pour améliorer le quotidien de toutes et tous, pas répondre aux besoins du patronat ! Alors que la jeunesse est et va continuer à être un des secteurs les plus touchés par la crise, nous aspirons à organiser la fraction combative de cette jeunesse et à diffuser les idées révolutionnaires à l’université. En ce sens, nous invitons tous les étudiants qui se reconnaissent dans nos combats à nous rejoindre, à s’organiser avec nos. Votez et faites voter pour Le Poing Levé Mirail les 10, 11 et 12 février !

N’hésites pas à nous contacter sur Instagram, Facebook ou encore Twitter pour te mettre en lien avec des militants du Poing levé.




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