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Mobilisation au Burkina Faso contre l’opération Barkhane : troupes françaises hors d’Afrique !

Un convoi de l’armée française a été pris à partie par des manifestants burkinabés opposés à la présence militaire française au Sahel. Les soldats français ont fait quatre blessés parmi les manifestants, mais la mobilisation ne faiblit pas : troupes françaises hors d'Afrique !

mardi 23 novembre

Crédits photo : REUTERS

« Vous ne devez qu’une chose, pour les soldats français : les applaudir. » Cette phrase de Macron à une femme burkinabée lors d’une visite officielle en 2017, résonne particulièrement aujourd’hui. À Kaya, principale ville du nord du Burkina Faso, un convoi d’une soixantaine de camions et d’une centaine de militaires français a été bloqué pendant plusieurs jours, par des manifestants burkinabés opposés à la présence française dans le pays. Le convoi était censé acheminer des armes de la Côte d’Ivoire au Niger, dans le cadre de l’opération Barkhane. Pour débloquer le convoi, l’armée française et la gendarmerie locale ont tiré des tirs de sommation, faisant quatre blessés par balles, dont un au visage rapporte L’Humanité.

Au Burkina Faso, comme au Mali ou au Niger, la population est de plus en plus hostile à cette opération militaire qui s’éternise et semble inefficace contre le djihadisme, voire semble alimenter le phénomène, tant la domination néo-coloniale française en Afrique alimente la misère et fait le lit des organisations les plus réactionnaires. Et pour cause, la violence djihadiste fait des ravages dans la région. La dernière attaque terroriste date d’il y a à peine une semaine, et a fait 20 morts à Inata, dans le nord du pays. Tant et si bien que les Burkinabés dénoncent le lien de causalité entre la présence de l’ancienne puissance coloniale et le renforcement des groupes djihadistes.

Symbole de cette hostilité, un jeune garçon burkinabé porté en héros par la foule, après avoir abattu un drone de l’armée française. Ce David contre Goliath représente à lui tout seul l’exaspération de la population du Sahel face à la présence militaire française dans la région : « Nous n’avons pas besoin de l’armée de France. Nous pouvons nous-mêmes attaquer les djihadistes », explique un manifestant à FranceInfo.

Au Burkina Faso, les djihadistes ont fait plus d’un millier de morts depuis 2005. Ni l’intervention française, ni l’armée locale, n’a été capable de mettre fin à ces attaques. À cela s’ajoutent les nombreuses exactions subies par la population, tant de la part de l’armée française que des forces armées locales alliées.

Depuis le début de l’intervention française en 2013, les organisations islamistes n’ont fait que se multiplier, et ont élargi leur influence dans différentes régions du pays et dans d’autres États du continent. Autrement dit, depuis le début de l’opération française la situation sécuritaire et militaire s’est dégradée. A l’échec de « la guerre contre le terrorisme » qui sert à justifier l’intervention militaire en Afrique, s’ajoute cette mobilisation au Burkina Faso qui représente une épine supplémentaire dans le pied de Macron, qui tente tant bien que mal de réajuster sa présence militaire au Sahel. Une opération non sans difficulté, et aux enjeux importants, puisque l’impérialisme français dépend fortement de son emprise économique, politique et militaire sur une partie importante du continent africain pour continuer à faire partie du groupe des grandes puissances mondiales. Contre l’intervention militaire française au Sahel, solidarité avec le peuple burkinabé pour le retrait des troupes impérialistes d’Afrique et la libération des peuples opprimés !




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