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Grève dans les bibliothèques contre l’application du pass sanitaire

Après plusieurs actions de protestations cet été, les bibliothèques municipales étaient en grève ce vendredi 1er octobre, partout en France, contre le passe sanitaire et son extension aux 12-17 ans. Les bibliothécaires dénoncent une mesure inégalitaire et autoritaire et appellent à participer à la journée de grève du 5 octobre.

lundi 4 octobre

Crédits photo : Radio France - Shannon Marini

Depuis le mois d’août, les actions de protestation contre le contrôle du pass sanitaire à l’entrée des bibliothèques municipales se multiplient à Toulouse, Brest, Lyon ou encore La Rochelle. A Grenoble, épicentre du mouvement, la grève a débuté le 24 août dernier à l’appel des syndicats CGT, CFDT, FO, SUD, CNT et CFTC, après qu’ Eric Piolle maire EELV de la ville ait menacé de sanctions les employés municipaux qui refuseraient d’effectuer les contrôles. Les grévistes dénonçaient alors une mesure inégalitaire et antisociale qui renforce les divisions entre vaccinés et non-vaccinés, ces derniers étant généralement les plus précaires. « Le pass sanitaire induit un contrôle et un filtrage dans l’accès aux services publics qui est en totale contradiction avec la conception de notre métier. Un service public doit être libre et ouvert à tous.tes, sans discrimination » explique alors les « Bibliothécaires de Grenoble en lutte » sur leur page facebook.

Depuis le début de la mobilisation, Grenoble semble être l’épicentre du mouvement, Sept bibliothèques sur douze étaient ainsi fermées ce vendredi. Les grévistes se sont également rendus devant la permanence LREM afin de protester. Face à une mobilisation qui prend de l’ampleur, la Mairie a été obligée de céder en annonçant samedi l’exemption de passe sanitaire pour les adolescents entre 12 et 17 ans et les étudiants, tout en le maintenant pour le reste des usagers. Malgré tout, les grévistes grenoblois annoncent poursuivre leur mouvement : « La poursuite de la grève a été votée à l’unanimité en AG. Le mouvement prend de l’ampleur, c’est maintenant que les choses peuvent changer. Les mesures proposées par nos élus et notre direction pour contourner le décret ne règlent pas le fond du problème, qui reste bel et bien ce décret du 7 août, dont nous exigeons le retrait. Les propositions d’élargissement des exceptions de contrôle ne font qu’augmenter la bascule vers un usage élitiste de nos équipements, qui ne sont plus que des lieux de travail, excluant de manière encore plus visible un type de population, la plus précaire. »

C’est sur ce terrain que se situe le cœur de la bataille pour les grévistes, des grévistes qui prennent également soin de rappeler que leur combat n’est pas un combat contre la vaccination. Amandine gréviste à Grenoble raconte justement à Rapports de force « nous avions proposé à notre direction d’être un lieu pour qu’il y ait de l’info, d’utiliser ce service public pour faire de la pédagogie sur la vaccination C’est notre métier » Hugo, gréviste à Meylan à proximité de Grenoble expliquait lui ne pas être contre la vaccination à France Bleu vendredi mais lutter contre le pass : « Nous sommes contre le pass à l’entrée des bibliothèques. C’est le dernier lieu culturel gratuit, ouvert à tous. Discriminer à l’entrée, exclure des gens qui n’ont pas forcément accès à la culture chez nous, ce n’est pas notre métier. Notre métier, c’est d’accueillir, échanger, partager avec les gens. La première fois qu’on renvoie quelqu’un, ça fait mal, et la quinzième fois ça fait toujours aussi mal.". Non seulement les agents des bibliothèques craignent une baisse de leur fréquentation par les jeunes, mais également l’exclusion des plus précaires. Ils dénoncent une mesure qui au-delà d’empêcher l’accès à un lieu culturel, prive de nombreux usagers ne disposant pas de matériel informatique d’avoir accès à internet, notamment pour régler des problèmes administratifs ou encore rédiger des CVs, usage courant en bibliothèque.

Une mobilisation nationale qui s’agrandit

Le 1 er octobre dernier un mouvement de grève national suivi dans plusieurs grandes villes comme Grenoble, Brest, Toulouse, Strasbourg, Le Mans ou encore La Rochelle, mais aussi de plus petites communes a eu lieu. Posé par Solidaires le préavis indiquait dans son préavis vouloir lutter contre les attaques contre les libertés fondamentales et le droit du travail : « l’obligation du pass sanitaire n’est pas une mesure de santé publique mais une politique coercitive, instaurant le contrôle de tous.tes par tous.tes : une logique de surveillance sans aucun effet réel de lutte contre la pandémie », s’inscrivant dans la série de contestations envers la politique autoritaire que constitue l’instauration du passe sanitaire par le gouvernement.

L’appel national reconductible revendique notamment l’accès libre à l’ensemble des services publics et leur amélioration au travers de plus de moyens financiers et humains. Est également exigée la fin du contrôle du passe et l’arrêt des sanctions contre tous les personnels concernés. Les bibliothécaires appellent également à rejoindre la mobilisation nationale du 5 octobre à l’appel de l’intersyndicale et qui sonne la rentrée sociale.

Ils appellent notamment à participer à la journée de mobilisation du 5 octobre, à l’appel de l’intersyndicale contre les attaques antisociales et autoritaires du gouvernement. Malgré son arrivée tardive, cette date doit être un point d’appui afin de faire converger la colère des premières et deuxièmes lignes qui ont multiplié leurs grèves ces dernières semaines, notamment dans les transports, pour se coordonner et commencer à imposer un véritable plan de bataille.




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