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Jeunesse

« Ce genre d’Ag, je n’en ai pas vu au début d’un mouvement depuis 1995 »

Mobilisation du 9 mars : les universités en ébullition

mardi 8 mars 2016

Bien décidés, les étudiant-e-s descendront dans la rue demain... et en nombre. Avec près de 50 Assemblées Générales, partout dans les différentes facs de France, qui pour beaucoup ont fait « amphi comble », le gouvernement a de quoi se faire du souci.

Yano Lesage

« Ce genre d’AG [Assemblée Générale], je n’en ai pas vu au début d’un mouvement depuis 1995. Le CPE [lui-même] avait commencé par de petites assemblées générales », a déclaré une professeur de Paris 8. L’université de Saint-Denis a ouvert le bal de la mobilisation en région parisienne, avec près de 700 personnes présent-e-s. Un débat animé par des discussions sur les conséquences désastreuses de la loi El-Khomri, mais pas que, avec des réflexions apportés sur la précarité et les souffrances au travail. Étaient également présents pour en témoigner des travailleurs de l’université, preuve que la jonction étudiants-salariés est au goût du jour... L’appel lancé par l’université du Mirail à Toulouse la veille a été repris, allant dans le sens d’une convergence des mobilisations autour d’un mot d’ordre unifié : mobilisation jusqu’au retrait.

A Sciences Po Paris, 70 personnes en AG ont voté l’après-midi la reconduction d’une AG hebdomadaire jusqu’au retrait de la loi. Sur les bancs de l’école du pouvoir, l’heure est également à la contestation : "Appelons le texte Loi Travail, pas Loi El Khomri qui ne sert que de fusible" - "J’préférerais Loi Licenciement !" (rires) tweet Alexandre Hervaud, correspondant pour Libération. A l’université d’Evry, on comptait également une AG de 70 personnes.

Mercredi matin, plusieurs AG sont appelés sur les grandes facs parisiennes : à Paris 1, où Mickaël Wamen, de la CGT Goodyear devrait faire une apparition, mais aussi à l’ENS, l’EHESS, ou encore Paris 4, Paris 6, Paris 7. Après les débrayages d’amphis, les étudiant-e-s parisiens sont appelés à partir en manifestation à 14h, à République, où l’AG de Paris 8 a appelé à réaliser des cortèges par universités, plutôt que par organisation, une mesure destinée à favoriser l’auto-organisation du mouvement sur les facs.

En province, c’est Toulouse, et l’université du Mirail (rebaptisé Jean Jaurès) avec 400 étudiant-e-s présents pour l’AG, et Grenoble avec environ autant qui remportent la palme. Dès lundi, jour de rentrée, l’ambiance était survolté.

Mardi, Bordeaux 2 ( Sciences Humaines) avec 150 personnes, Bordeaux 3 (histoire, art et langues) avec 200, à Bordeaux 4 ( droit, éco) 100, et près de 75 personnes à l’IEP se préparent activement pour la mobilisation. A Bordeaux 2 et 3, on discute blocage, reconduction pour le 10 et occupation d’amphi. De part et autres du pays, la mobilisation se fait sentir : 400 personnes en AG à Rennes, 200 à Lille 1, 200 à Lyon 2, 120 à Poitiers où les étudiant-e-s ont appelé à rallier, mercredi la manifestation appelé par l’intersyndical départementale CGT SUD FSU.

Quelques grosses AG, et aussi de plus petites qui sont cependant notables par leur nombre et la démonstration que la mobilisation germe dans les universités de l’ensemble du pays. Partout la mobilisation est envisagée dans sa continuité, avec pour de nombreuses facs, des appels à de prochaines AG en vue d’une nouvelle date de mobilisation le 17 mars. A Paris 8, cette prochaine AG aura lieu dès jeudi 10, et cette journée se concluera avec un meeting contre l’état d’urgence et la loi El Khomridont l’AG de mardi s’est fait le relai. On est loin des mouvements, quoique parfois dynamiques, qui étaient restées isolées sur les questions de budget des universités. La loi du travail est en train de faire germer les graines de la colère accumulée ces dernières années, et pourrait bien créer un mouvement d’une ampleur à la hauteur des craintes du gouvernement.




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Loi El Khomri   /    Jeunesse