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Réforme des retraites

Mobilisation historique à la RATP : appels à la « grève illimitée » à la base

La première journée de grève contre la réforme des retraites a été très suivie à la RATP. Lors de l'envahissement du siège de la RATP , les grévistes ont exprimé leur combativité et leur envie d’aller jusqu’au bout.

vendredi 13 septembre

Une mobilisation historique à la RATP

Les chiffres étaient historiques ce matin avec 90% de roulants en grève, et entre 60 et 98% de grévistes dans l’encadrement selon les secteurs d’après la CFE-CGC. Dix lignes de métro ont ainsi dû être arrêtées totalement. Le trafic a ainsi été extrêmement perturbé dans les transports en commun et sur les routes cumulant plusieurs centaines de kilomètres de bouchons.

Une mobilisation massive, la plus forte jamais vu depuis 2007, pour s’opposer à la réforme des retraites et à l’attaque contre les régimes spéciaux, qui vise à aligner à la baisse l’ensemble des régimes de retraites, effaçant au passage tous les acquis sociaux de secteurs qui bénéficient de régimes qui compensent la pénibilité de leurs métiers.

A Bercy, les grévistes et leurs soutiens cheminots vers une grève illimitée ?

A Bercy où les grévistes s’étaient rassemblés, le siège de la RATP a été envahi et des prises de paroles ont eu lieu. La nécessité d’une convergence avec les autres secteurs pour faire tomber la réforme des retraites était sur toutes les lèvres.

Dans sa prise de parole, le secrétaire général de l’UNSA-RATP a affirmé sa détermination à ne pas attendre l’avis de l’UNSA pour rejoindre la date du 24 septembre, une référence à peine voilée aux déclarations du secrétaire général de l’UNSA la veille, qui expliquait ne pas vouloir mener « des combats qui paraissent perdus d’avance ».

Un représentant de SUD-RATP s’est également exprimé pour appeler à la fin des négociations, la « grève illimitée » et la convergence. Des mots d’ordre repris en chœur par les grévistes, scandant « Illimitée en décembre ».

Des cheminots étaient également présents pour défendre la convergence et ont été accueillis chaudement. Fabien Villedieu, délégué syndical SUD-RAIL, s’est ainsi exprimé sous les applaudissements en appelant à « partir ensemble » la prochaine fois. « Les retraites elles valent la peine qu’on se batte jusqu’au bout pour elles » a-t-il conclu.

Des discours combatifs qui reflètent une très forte radicalité à la base, et l’envie d’aller jusqu’au bout.

Pour cela les grévistes en sont convaincus, il faudra fédérer et s’opposer à la tentative médiatique d’opposer les « privilégiés » des régimes spéciaux aux salariés du privé. « Les six derniers mois ils disent que ce n’est pas équitable ? Mais tout le monde devrait avoir les six derniers mois ! Il faudrait que ce soit tout le monde pour qu’on élève les retraites vers le haut » expliquait à Révolution Permanente Eric, chauffeur de bus aux Lilas syndiqué CGT. Un constat partagé par Patrick, chauffeur de bus lui aussi syndiqué CGT : « Ils veulent faire une retraite unique ? Bah on va vers le haut ! ».

Dans certains dépôts une réflexion sur l’organisation d’une grève reconductible est déjà en cours, comme à Lagny où Frédéric, non syndiqué, revendique la nécessité d’un contrôle de la base sur le mouvement. « C’est la base qui décide et pas le contraire. Si la base on décide pas et que les autres décident à notre place c’est comme la politique, on nous impose des trucs. » Une vision que l’on retrouve chez un autre adhérent CGT, commentant le mot d’ordre de « grève illimitée » : « Le slogan qui vient d’être envoyé c’est aussi un avertissement à nos responsables locaux dans les syndicats, il va falloir qu’ils nous écoutent et qu’ils fassent le nécessaire pour qu’on obtienne satisfaction. »

Une combativité claire dans les discours d’autres cheminots rencontrés sur place, à l’image d’Irene, conductrice de métro en grève :

Une première étape vers un « tous ensemble » ?

La question se pose maintenant de savoir quelle suite va être donnée à cette première journée massive contre la réforme des retraites. Si du côté de la base de la RATP la perspective de la grève illimitée à partir du 30 novembre semble très populaire, il semble que les directions des confédérations syndicales ne soient pas du même avis...

Après la direction de l’UNSA, le jeudi, c’est au tour de Philippe Martinez, de freiner la base qui aujourd’hui revendique un durcissement du mouvement de grève de manière "illimitée". Philippe Martinez expliquait ce matin sur France Info ne pas souhaiter que la grève soit reconduite, expliquant : « Nous ce qu’on souhaite, c’est que le gouvernement accepte de discuter du problème des retraites autrement que de la façon dont il l’a engagée. » et demandant de véritables négociations…

Une réponse qui ne sera surement pas du goût de tous ceux qui se sont mobilisés aujourd’hui et exigent un plan de bataille à la hauteur de l’enjeu, décidé et contrôlé à la base, en convergence avec l’ensemble des secteurs du mouvement ouvrier et tous ceux qui s’opposent au gouvernement, des Gilets jaunes aux quartiers populaires en passant par la jeunesse. Comme le disent les grévistes, cela passera par un durcissement du mouvement par la reconductible pour que la RATP puisse être la première locomotive d’un « tous ensemble » contre les retraites.




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