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Crise économique

Mobilisation importante à Renault Cléon : 700 grévistes face au nouvel « accord compétitivité »

Ça chauffe à Renault Cléon avec plus de 700 grévistes ce mardi 12 octobre, entre rassemblements et débrayages de 1h30, la mobilisation a clairement fait un saut depuis les dernières actions du 4 octobre, qui rassemblaient déjà 500 grévistes à l'appel de la CGT et la CFDT.

mercredi 13 octobre

Crédits photo : CGT Cléon

En effet, le nouveau projet d’accord de compétitivité qui va massacrer les emplois ne passe pas chez les salariés de l’usines du géant automobile : 15 000 postes sur le groupe Renault dont 4600 en France sont visés, sur le site de Cléon, en plus des attaques, l’ingénierie est particulièrement touchée, la direction veut imposer 1300 suppression de postes. Mais cela va plus loin puisqu’il y aura également la possibilité d’allongement obligatoire du temps de travail d’une heure tous les jours, en cas de panne ou d’autre problèmes qui empêchent de la production de se réaliser « normalement ». De plus, la direction pourrait renvoyer les salariés chez eux sans délai de prévenance et avec une obligation de récupérer plus tard. S’ajoute à cela la possibilité de positionner 8 samedis obligatoires par ans, la pause de 20 minutes qui était rémunérée ne le sera plus pour les intérimaires. Enfin, pour les nouveaux embauchés, une perte de 82 euros.

Comme le souligne le militant CGT Pascal le Manach : « La direction tente une vraie entourloupe avec la suppression du paiement de la pause de 20 minutes quotidienne, ça représente 7 heures par mois. La direction veut transformer les 20 minutes de pause en prime accessoire qui diminuerait à chaque augmentation. C’est le blocage total de toute augmentation pour les salariés et pour les futur embauchés et les intérimaires, leur rémunération sera diminuée de 4,5 %  »

Cette violence des attaques, dans les ateliers, Pascal Le Manach l’explique très bien : « dans les usines, vouloir imposer un accroissement violent de la flexibilité et un blocage des salaires et une baisse de la rémunération des heures supplémentaire est intolérable pour les travailleurs ». C’est une véritable déclaration de guerre contre l’ensemble de la classe ouvrière, alors que dans un même temps, Renault fait 10 milliards de bénéfice en 2021 et PSA en fait 6 milliards en 6 mois. C’est largement de quoi augmenter les salaires et embaucher les intérimaires qui sont plus de 800 à Cléon.

A Cléon, la perspective de l’usine sœur de Flins reste en tête, la fermeture du site est inacceptable au vu des profits qui explosent. Mais c’est pour cela qu’à Renault Cléon, les travailleurs donnent le ton, comme ailleurs des mobilisations dans d’autres sites de production sont prévus, comme les ouvriers du Mans qui se mobilisent d’ores et déjà. La direction cherchant à imposer ces accords sur l’ensemble des sites, la mobilisation pourrait s’étendre encore.

Des actions qui s’amplifient et des méthodes démocratiques

C’est directement dans les ateliers de Cléon, que les travailleurs ont manifesté ce mardi, avec des slogans qui affirmaient clairement le refus de se faire bouffer par le patronat mais aussi le gouvernement : « non aux salaires bloqués, au contraire il faut les augmenter ! », « c’est pas à Billancourt, c’est pas dans les salons, qu’on obtiendra satisfaction », ou encore « c’est par la lutte, c’est par l’action qu’on obtiendra satisfaction ». Le tout en se donnant rendez-vous la semaine prochaine, pour une autre journée de mobilisation, qui devra être encore plus forte.

La grève se mène pour l’instant par débrayage sur quelques heures pour marquer un refus clair face aux mauvais coups du groupe Renault. C’est aussi une prise de confiance par les travailleurs de leur force, de se voir de plus en plus nombreux à ces rendez-vous de lutte. A chaque fois, l’objectif est de populariser et se renforcer pour la suite.

L’ensemble du secteur automobile est finalement concerné, peu importe le constructeur ou le sous-traitant. Il se pose comme nécessité de se réapproprier la grève et ses méthodes, comme le font les ouvriers de Cléon, qui n’attendent pas les consignes de quelconque centrales syndicales pour se battre contre les attaques qui pleuvent contre notre camp.




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