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Notre classe

Montauban en lutte

Montauban. Profs, postiers, hospitaliers, dans la rue contre la casse du service public !

Jeudi 27 juin les profs, les postiers et les hospitaliers en grève de Montauban, prenaient ensemble la rue. Malgré la canicule, cette action de convergence a réuni plus d'une centaine de manifestants, tous venus pour dénoncer la politique de destruction de l'ensemble des services publics menée par le gouvernement Macron.

vendredi 28 juin

Le rendez-vous était fixé à 10h devant l’inspection académique de Montauban. Une fois les trois secteurs réunis, le cortège s’est dirigé vers le Centre de tri postal, pour continuer en direction de l’hôpital et finir devant la préfecture. Sur chacun de ces lieux, il y a eu des prises de parole pour expliquer les raisons de la colère.

Depuis 37 jours, les postiers de Montauban se battent contre un projet de réorganisation. Comme à Castanet et sur de nombreux autres sites en France, ces réorganisations visent à dégrader les conditions de travail au profit de « l’efficacité ». Aussi du côté des hospitaliers, le personnel des urgences est en grève depuis le 3 juin comme dans des dizaines d’autres services à travers la France. Les récentes miettes lâchées par Agnès Buzyn sont loin de calmer la colère du personnel en lutte pour des conditions de travail dignes. Concernant les grévistes de l’éducation, ils ont commencé à se mobiliser en partie depuis le mois de février, notamment autour du collectif du lycée Michelet - Montauban 82 contre la réforme Blanquer. C’est en mai que leur lutte s’est accélérée et qu’ils ont pu tisser des liens avec l’AG des personnels grévistes de Toulouse, pour durcir le mouvement contre la loi Blanquer. Comme à Toulouse, ils ont dû faire face à la répression : durant la première journée de grève du bac, une partie d’entre eux a été enfermée à clef dans la salle de correction, quand l’autre a été délogée par la police à coup de gaz lacrymogènes

Aussi, c’est dans un contexte local marqué par des tensions avec la mairie que les grévistes ont défilé dans la ville. « La maison du peuple », initialement occupée par des syndicats et des associations, vient d’être enlevée à ces derniers par la mairie. L’utilisation qu’ils en faisaient ne semblait pas correspondre au projet de galerie marchande qui anime Mme Barèges (la maire de Montauban). Mais officiellement c’est pour un autre motif : face à l’inaction de la mairie, la CGT avait ouvert ses portes pour quelques nuits à deux familles demandeuses d’asile. C’est à partir de ce prétexte que la mairie a pris la décision de changer les serrures du bâtiment pour ensuite « voter » la récupération des locaux en conseil municipal au mépris de tous les acteurs de la vie associative et syndicale.

C’est donc ensemble que trois des secteurs les plus touchés par les attaques néo-libérales ont fait front commun sur une même ville, pour dénoncer une casse d’ensemble du service public et de leurs conditions de travail. Grâce à l’initiative du collectif des profs en grève, les liens entre les différents services ont pu être faits et l’on peut s’attendre à voir de nouvelles actions de ce type dans les prochains jours. Plus largement ce modèle de convergence dans la pratique, particulièrement en lien avec le service public, porte un fort potentiel hégémonique. Si des exemples similaires venaient à se multiplier partout en France, le rapport de force deviendrait alors plus que conséquent.




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