^

Société

Témoignage

Montpellier, Acte24. Un intérimaire de 18 ans touché à l’œil par une grenade

Nous relayons le témoignage de la compagne de ce jeune gilet jaune victime de la répression policière ce samedi à Montpellier, et qui se trouve actuellement hospitalisé avec 9 points de suture, sans savoir si sa vue a été endommagée.

dimanche 28 avril

Source

"MONTPELLIER. 27 AVRIL 2019
Mon conjoint, 18 ans, est hospitalisé car vers 15h45, il a reçu un impact de Grenade de désencerclement, qu’un CRS de la Police Nationale a décidé de jeter, à un mètre de lui... il était heureusement sur le côté avec les streets médics, que j’aimerais remercier car avec l’émotion du moment je n’ai pas eu le temps de le faire. Par chance, le scanner ne montre aucune fracture mais deux plaies sur la paupière, 9 points de suture, un énorme œdème provoque des douleurs, suées froides, baisses de tension et vomissements et empêche au médecin d’ouvrir l’œil afin de vérifier sa vue alors il reste hospitalisé pour le moment...

Je publie pour dénoncer ces violences policières et défendre tous les blessés car on pense toujours que ça n’arrive qu’aux autres mais chaque samedi le nombre de blessés augmente et je trouve ça honteux. Depuis le 17 NOVEMBRE nous sommes des gilets jaunes, de 18 et 20 ans, des jeunes en galère, mon homme travaille en intérim et s’il reste hospitalisé on va encore une fois devoir se démerder pour sortir la tête de l’eau car la dure loi du travail ne pardonne pas à un "petit jeune" une absence à une mission intérim, sauf que ce jeune travaille depuis deux ans déjà ainsi que moi-même car nous avons un loyer à payer et un frigo à remplir...

Et je me demande, est-ce qu’on est en France ? On se lève le samedi matin plein de bonne volonté, toujours dans la joie et la bonne humeur pour aller manifester et on se retrouve mutilés, on a vécu tellement de moments magiques avec vous tous, les gilets jaunes, toujours bienveillants parce que pour moi c’est ça les gilets jaunes, tous différents mais tous ensemble... mais tout s’écroule quand je me retrouve aux urgences à 16h et que ce samedi plutôt que d’avoir mal aux jambes, j’ai mal au cœur de rentrer seule à minuit chez moi, qu’il soit à l’hôpital alors qu’il ne mérite pas ce qui lui arrive.. J’espère juste que sa vue n’est pas endommagée.. UNE GROSSE PENSÉE A TOUS NOS BLESSÉS, ON LÂCHE RIEN, GILET JAUNE JUSQU’À LA MORT S’IL LE FAUT ! 💛💛💛💛"




Mots-clés

Gilets jaunes   /    Témoignage   /    Violences policières   /    Répression   /    Société