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Bloquons Blanquer

Montpellier. Grève du bac : malgré les manœuvres du rectorat, les enseignants votent la reconductible

Les manœuvres diverses et variées du gouvernement ne suffisent pas pour entamer la volonté des enseignants à stopper cette réforme.

lundi 17 juin

A Montpellier, ce lundi 17 juin, premier jour du bac, les professeurs mobilisés contre les réformes Blanquer se sont prononcés pour la reconduction de la grève. En dépit de toutes les manœuvres et stratégies mises en place par le gouvernement et le rectorat pour rendre invisible le mouvement, le personnel de l’éducation fait preuve d’une combativité exemplaire, et appelle à la reconduction de la grève du bac.

La journée a commencé par des actions dans les différents lycées de la ville, où les enseignants grévistes ont par exemple accueilli leurs élèves en leur offrant le petit déjeuner.
Ces temps étaient également l’occasion de compter le nombre de grévistes qui atteint des pourcentages très encourageants : 50% de grévistes au Lycée Feuillade à Lunel, 35% à Mendès-France, et jusqu’à 65% à Monnet. Au lycée Jules Guesde, c’est une trentaine d’enseignants qui est mobilisée.

Confrontés à cette riposte des enseignants et du personnel de l’éducation, le rectorat n’hésite pas à employer les méthodes les plus honteuses pour casser la grève. Dans plusieurs établissements, comme Mendès-France ou Jean Monnet, ce sont des vacataires ou des assistants d’éducation qui ont été convoqués pour palier aux absences des grévistes. A Clémenceau, dès 7h, du personnel du rectorat était présent au lycée, prêt à remplacer les surveillants d’épreuve mobilisés.

Pour réduire le nombre de surveillants, certains établissement n’hésitent pas à augmenter le nombre d’élèves par salle de classe : ainsi, au lycée Clémenceau, les lycéens se sont vus entassés à 26 par classe alors qu’il était prévu initialement de répartir les élèves par groupes de 19. Des conditions d’examens optimales ne semblent pas vraiment être une priorité pour les hautes instances de l’Education Nationale.

Certains enseignants doivent récupérer des copies à corriger dès demain matin, et sont victimes d’un chantage odieux : s’ils ne le font pas, ils seront considérés comme en grève jusqu’aux rattrapages, le 10 juillet, et perdront donc près d’un mois de salaire !

De plus, le mouvement fait face à une autre difficulté : une partie des grévistes d’aujourd’hui n’est pas missionnée pour la surveillance des épreuves de demain. C’est ce qui explique le faible nombre de votants de l’assemblée générale ayant eu lieu à 11h sur l’Esplanade : sur près de 150 personnes présentes, seule une soixantaine a pris part au suffrage, pour 20 abstentions, 4 contre et 33 pour.
Si ce nombre peut paraître faible, il n’est pas représentatif de la détermination et de l’ambiance de la journée. Après l’assemblée générale, ce sont près de 250 personnes qui ont manifesté en musique et en chanson devant le rectorat.

Ainsi, si la mobilisation montpelliéraine reste un cran en dessous de la grève à Toulouse, elle témoigne de la combativité des personnels de l’éducation, conscients que les réformes Blanquer constituent une énorme attaque contre l’école et le service public.

Ce mouvement de grève fait écho à celui des services d’urgence : la fonction publique subit une multiplication d’attaques de la part du gouvernement qui rêve de réduire au maximum les dépenses liées au service public, sans considération pour les conditions de travail des salariés et les conditions de vie des usagers.

Ces mobilisations sont révélatrices de la volonté profonde de défendre nos acquis sociaux, et de ne pas se soumettre aux plans d’austérité d’un gouvernement qui n’œuvre que dans l’intérêt du patronat et de la bourgeoisie.




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