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Acharnement politique

Montpellier. Interpellations ciblées d’étudiants mobilisés contre la sélection en 2018

4 militants montpelliérains, dont un de nos camarades du NPA, ont été interpellés mardi. Ils sont suspectés d'avoir participé au sabotage des serveurs de l'université dans le cadre du mouvement social de 2018, afin d'empêcher la tenue d'examens en ligne. Les militants ont été libérés, mais l'enquête se poursuit. Le NPA dénonce un acharnement et « se tient prêt à toute mobilisation ».

jeudi 7 novembre

 Crédit photo : Pascal Guyot 

Mardi 5 novembre, 4 militants montpelliérains, dont notre camarade Olivier du NPA, ont subi perquisitions et interpellations. Dans un communiqué, le NPA 34 dénonce : « Portes d’appartement enfoncées…braqués ils ont été placés en garde à vue, Ils sont suspectés d’avoir en avril 2018 détruit le système informatique de la fac Paul Valéry en plein mobilisation contre Parcours Sup. » La police leur reproche en effet le « sabotage » des serveurs informatiques de l’université, dans le cadre du mouvement étudiant contre la sélection du printemps 2018, où la direction de l’université avait organisé des examens en ligne pour briser le mouvement.

Trois des gardés à vue ont été libérés mercredi 6 novembre et l’un d’entre eux était libéré dès mardi. Cependant, l’enquête n’est pas terminée. Le procureur, interviewé par 20 Minutes, déclare que « L’enquête se poursuit et aucune orientation définitive de la procédure n’a donc encore été arrêtée ».

Comme mentionné dans le communiqué du NPA, nous dénonçons « avec la plus grande fermeté cet acharnement et [nous nous tenons prêts] à toute mobilisation pour contrer cette chasse aux sorcières. » Il est clair qu’ « on veut faire payer à 4 personnes l’attitude provocatrice du président de l’Université, attitude qui n’était d’ailleurs pas partagé par tout le corps enseignant. »

Le communiqué souligne par ailleurs que le président demande 200 000 euros de réparation pour ces faits, mais aussi que notre camarade interpellé s’est vu confisquer son portable, son ordinateur et sa veste. Sur Facebook, l’Assemblée contre les violences d’État souligne elle aussi que « lors d’une des perquisitions, plus de mille euros de l’assemblée de Montpellier contre les violences d’État et pour les libertés ont été saisis ».

L’Assemblée contre les violences d’État rapelle les faits de l’époque : « La ministre de l’enseignement supérieur Frédérique Vidal monte au créneau, une enquête est diligentée, des empreintes sont relevées. Le président de la faculté Patrick Gilli ne cesse de réclamer l’intervention de la police et fait recours à l’entreprise de sécurité APS SUD, sans marché d’offres ni mise en concurrence, pour un contrat à 260 000€. Parmi les agents de sécurité recrutés figure un ancien garde du corps de Macron, introduit par une responsable locale de La République En Marche de Montpellier » (voir notre article de l’époque). « Patrick Gilli, qui avait appelé à voter Macron lors des présidentielles dans un mail envoyé aux personnels, a fait l’objet d’une plainte pour "favoritisme". Il n’a jamais été ni perquisitionné, ni interpellé, ni placé en garde à vue. »

Difficile également de ne pas faire le lien entre cette répression de militants et l’impunité des responsables de l’attaque par un commando d’extrême droite subie le 22 mars 2018 par les étudiants de cette même université, qui occupaient pacifiquement un amphithéâtre de la fac de droit dans le cadre de ce même mouvement social contre la sélection. Les seules sanctions sont pour l’instant d’ordre admnistratif et ne visent que Philippe Pétel, l’ex-doyen accusé de complicité d’intrusion et Jean-Luc Coronel, professeur d’histoire du droit, accusé lui aussi de complicité et de violences en récidive – il est accusé d’avoir lui-même fait partie du commando. De plus, alors que certaines victimes se plaignent de n’avoir toujours pas été entendues par les enquêteurs et ce plus d’un an après les faits, un témoin a dénoncé avoir été victime de menaces et de pressions de la part du policier qui avait recueilli son témoignage sur les affrontements.

Un « deux poids, deux mesures » inacceptable, où l’on protège les personnes en position de pouvoir et les fachos pendant qu’on criminalise les étudiants qui se sont mobilisés pour défendre le droit de la population à accéder à l’université sans sélection sociale.

En cette rentrée sociale très agitée, où les foyers de contestation se multiplient, la répression des mouvements sociaux passés et présents voudrait faire taire la colère de celles et ceux qui luttent. C’est en construisant un grand mouvement d’ensemble, contre la répression, les violences policières, contre la politique de Macron, que nous ferons reculer ce gouvernement et tous ceux qui cherchent à nous imposer l’exploitation, la précarisation et l’oppression.




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