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Politique

Delafosse complice

Montpellier. La mairie PS complice de l’expulsion scandaleuse du bidonville Zénith 2 

Mercredi, une centaine de policiers expulsaient manu militari le bidonville Zénith 2 de Montpellier, le second démantelé en 10 jours. Le préfet qui veut « nettoyer la ville » s’est trouvé un allié de taille : le maire PS Michaël Delafosse, complice de cette répression scandaleuse envers les plus précaires.

lundi 13 septembre

Crédit photo : Midi Libre

Mercredi matin, une centaine de policiers et de CRS, armés pour certains de fusils mitrailleurs, évacuaient le bidonville du Zénith 2. Ce sont presque 200 personnes, prévenues de leur expulsion la veille, qui ont vu les caravanes et les maisons de fortune dans lesquelles ils vivaient depuis 2010 être détruites à grands coups de pelleteuses.
Le 31 août, deux camps au Mas Rouge avaient été démantelés de la sorte. En, dix jours, 250 personnes ont perdu leur habitat de fortune, sans solution de relogement pérenne.

Préfet bulldozer

Cette politique inhumaine est portée par le préfet fraîchement nommé, Hugues Moutouh, qui avait annoncé son intention de mener la guerre aux pauvres dès son intronisation en juillet : « un préfet doit aller vite et savoir un peu jouer un rôle de bulldozer. ». L’ancien conseiller et ami de Nicolas Sarkozy n’a donc pas tardé à joindre les actes à la parole. Le préfet a encore déclaré publiquement vouloir expulser et démanteler la totalité des douze bidonvilles de Montpellier, qui abritent environ 900 personnes.

Une stratégie qui terrorise les populations très précaires sur place n’ayant nulle part où aller, mais assumée pleinement par le représentant de l’Etat dans un entretien pour la Gazette de Montpellier : « C’est évident que si vous évacuez les gens et que vous laissez intactes les roulottes et les cahutes, c’est sûr qu’ils reviennent dans les semaines qui suivent. Donc il faut détruire. […] si demain je viens avec ma famille dans votre jardin et que j’établis une cahute, vous ne serez pas non plus satisfait. » Le haut-fonctionnaire enchaînant dans la surenchère la plus crasse : « Est-ce que vous trouveriez normal que je débloque un budget de 5M€ pour construire une sorte de village vacances sur le territoire de la Métropole pour ces populations ? ».

La mairie complice

Depuis le début de son mandat, le maire PS de Montpellier, Michaël Delafosse, joue à fond la carte sécuritaire et s’occupe davantage de réprimer les marchés des quartiers populaires comme Plan Cabanes et la Paillade que de lutter contre la pauvreté, le mal-logement ou encore le chômage.

L’élu socialiste est sur la même longueur d’onde que le nouveau préfet : « Il faut nettoyer la ville. On est d’accord, on se l’est dit les yeux dans les yeux », confiait Hugues Moutouh en juillet.

Rien de bien surprenant dès lors que la mairie se retrouve complice de ces expulsions : suite à une plainte de l’avocate des familles, Me De Foucauld, lors de l’examen du référé suspension de l’expulsion, la ville a en effet explicitement demandé le rejet de la suspension de l’expulsion auprès du tribunal judiciaire. La mairie de Montpellier s’est donc positionnée très clairement pour l’expulsion du bidonville Zénith 2, malgré tous ses discours médiatiques de façade (se vantant qu’« une élue a été spécifiquement nommée sur cette question et un service pilote identifié », ou encore qu’une « énergie importante est déployée pour accompagner les personnes vers des solutions de relogement et, dans l’attente, améliorer les conditions de vie dans ces bidonvilles ».

Des répercussions sociales dramatiques

Ce sont des dizaines de familles qui ont vu leur vie basculer ce mercredi matin, condamnées à la rue par des pelleteuses qui ont broyé leurs habitations, leurs effets personnels et même jusqu’à leurs animaux domestiques ! La destruction du camp a en effet été tellement violente que la SPA a dénoncé avoir retrouvé « des corps [d’animaux] écrasés par les bulldozers qui ont déblayé le site. »

Il est impossible d’évaluer l’ampleur des conséquences, que ce soit le traumatisme vécu par les personnes expulsées, ou bien la précarité renforcée par une telle mesure. Ce sont des dizaines de personnes et d’enfants qui avaient des souvenirs et un attachement émotionnel mais aussi des emplois, une scolarité, des amis, qui se retrouvent jetés à la rue.

Cette expulsion est d’autant plus terrible et cruelle qu’elle a lieu dans un contexte de saturation de l’aide sociale et de l’hébergement d’urgence sur le département. Selon nos informations, le numéro d’urgence sociale de l’Hérault en charge de l’hébergement est tellement saturé que seules des circonstances exceptionnelles permettent d’accéder à de l’hébergement. Ces dernières semaines des familles avec des enfants de plus de 3 ans, des personnes avec de graves problèmes de santé, des femmes victimes de violences conjugales, ou encore des femmes enceintes se sont systématiquement vus refuser une prise en charge.

Un toit c’est un droit : réquisition de tous les logements vides !

Nous assistons depuis quelque temps à une vague d’expulsions sans précédent et ce partout en France. Les politiques racistes, xénophobes, et la gestion criminelle du gouvernement en matière d’immigration sont à l’œuvre sur fond de débats réactionnaires avec l’élection de 2022 en ligne de mire. Dans ce contexte, ce n’est plus étonnant de voir des mairies de « gauche », qui assuraient vouloir en finir avec la problématique du mal-logement, servir de caution à la politique du gouvernement.

Il est nécessaire de nous armer de revendications claires pour en finir avec le mal logement. Nous devons exiger partout et tout le temps la régularisation de tous les sans-papiers et la réquisition de tous les logements vides pour que chacun puisse vivre dignement.




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