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Montpellier. Les gilets jaunes interpellent les directions syndicales : « Il faut la grève générale ! »

Jeudi 10 janvier, un groupe de gilets jaunes s’est rendu à la maison des syndicats de Montpellier pour interpeller les directions syndicales et les inviter à appeler à la grève générale et à se joindre aux Gilets Jaunes.

jeudi 10 janvier

Dimanche dernier, les gilets jaunes, réunis à 200 en Assemblée Générale à Montpellier ont voté une action d’interpellation des directions syndicales. Le but de cette action était de mettre les directions des syndicats face à leurs responsabilités et à leur inertie au cours des dernières semaines.

Un groupe de cinquante personnes s’est donc rendu aujourd’hui à la maison des syndicats de Montpellier pour rencontrer les directions syndicales et les appeler à se joindre au mouvement des gilets jaunes. Ils ont rencontré la CGT dans la matinée et Force Ouvrière l’après-midi.

Si la rencontre avec Force Ouvrière était tout à fait cordiale et franche, la discussion a toutefois eu du mal à avancer. L’argument principal que donnait le Secrétaire Général de FO 34 était en effet le fait qu’il ne pouvait rien faire sans mandat de son syndicat et qu’il était donc tout à fait impuissant, renvoyant à la fin du mois la possibilité de se joindre au mouvement.

Face à cela, les gilets jaunes ont tenté d’installer un vrai cadre de discussion sincère en appuyant sur le caractère historique de ce mouvement et l’urgente nécessité pour les syndicats de s’y joindre et de « construire la grève générale ». Ils et elles sont également revenus sur le communiqué interfédéral de décembre le qualifiant de « scandaleux ». « Les violences exercées par les manifestants sont sans commune mesure avec les violences policières », ont-il ajouté, invitant également les syndicats à prendre position contre la répression.

À la sortie de la maison des syndicats, les Gilets jaunes présents ont voté pour reprendre l’appel de l’Assemblée Générale de Lille : « D’aucun pensaient qu’avec les fêtes, notre mouvement prendrait fin, mais nous sommes encore là, bien décidés à ne rien lâcher ! […] Ce mouvement est inédit, intersectoriel, de portée internationale, indépendant de toute structure politique traditionnelle. […] Nous luttons contre l’exploitation que la grande majorité du peuple subit au profit d’une minorité de riches, de plus en plus riches. […] Pour bloquer l’économie et avoir enfin une vie juste, nous avons besoin d’une grève générale ».

Hugo*, gilet jaune de la première heure et syndicaliste à Solidaires, a participé à l’action. Il témoigne à notre micro : « Le syndicat Solidaires appelle à la grève et à se joindre au mouvement, pourquoi les autres syndicats ne pourraient-ils pas faire de même ? ».

Il est en effet nécessaire que les travailleurs rentrent plus massivement dans le mouvement des Gilets jaunes, notamment via leurs organisations. Comme en mai 1968, une grève générale permettrait de réellement bloquer l’économie du pays, mais aussi de libérer du temps à l’ensemble des travailleurs pour construire le mouvement. Il en va de la responsabilité du mouvement ouvrier organisé de lancer une dynamique de généralisation de la grève, en commençant par l’appel d’une vraie journée de grève générale en lien avec le mouvement des Gilets jaunes.




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