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Extrême droite

Montpellier. Rassemblement contre la réintégration d’un professeur ayant tabassé des étudiants mobilisés

Ce vendredi 9 décembre à 8h30 aura lieu un rassemblement devant la cour d’appel de Montpellier lors de l’audience de Jean-Luc Coronel de Boissezon. Ce professeur de droit, membre du commando d’extrême-droite qui a attaqué les étudiant.e.s occupants la fac de droit lors du mouvement de 2018, pourrait réintégrer ses fonctions à l’université de droit en février.

Violette Guibert


et Daria Mondésert

8 décembre 2022

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Crédit photo : AFP

Le 22 mars 2018, un amphithéâtre occupé de la fac de droit de Montpellier est attaqué en pleine nuit par un commando d’extrême droite cagoulé, armé de tasers, de planches en bois et de matraques.

Parmi les membres du commando, on retrouve Martial Roudier, membre du groupuscule fasciste La ligue du midi, mais également quatre professeurs de la fac de droit de Montpellier, dont Jean-Luc Coronel de Boissezon, qui a été vu, frappant des étudiant.e.s, sans même prendre la peine de dissimuler son visage. Le doyen de l’époque de la fac de droit, Philippe Pétel, est celui qui laisse entrer le commando, et assiste à l’attaque, entouré d’une sécurité du campus totalement passive. Arrivée assez rapidement sur les lieux, la police laisse le commando s’enfuir sans aucun contrôle.

Cette agression, sans doute la plus violente attaque de l’extrême-droite française contre le mouvement étudiant ces dernières années, avait eu lieu dans un contexte de double mouvement social très fort, avec d’un côté les étudiants mobilisés contre la réforme Vidal (Loi ORE instaurant la sélection à l’université et de Parcoursup), et de l’autre les cheminots engagés dans une bataille pour garder le statut de cheminot. Alors que des éléments de convergence entre les deux mouvements commencent à se développer, à Montpellier, le principal amphithéâtre de l’université de droit avait été réservé après la manifestation interprofessionnelle du 22 mars pour la tenue d’une assemblée générale. C’est cet amphithéâtre qui dans la nuit se fera expulser violemment par un groupuscule d’extrême droite.

Condamnés en justice à des peines de prison ferme et avec sursis, plusieurs protagonistes de l’attaque dont Roudier, Pétel et Coronel de Boissezon, ont fait appel de la décision, et une audience est prévue ce vendredi 9 décembre à 8h30. En plus de l’enquête judiciaire, une enquête administrative a été ouverte à l’encontre de Jean-Luc Coronel de Boissezon qui a été suspendu puis révoqué de l’enseignement supérieur public, avec perte des droits à la retraite. Après avoir fait appel de cette décision, le CNESER (Conseil national de l’enseignement supérieur et de la recherche) a ramené son interdiction d’exercer à 4 ans en mars dernier, ce qui permettrait donc au professeur de reprendre ses activités universitaires dès le 7 février 2023.

Cette décision est particulièrement scandaleuse, d’autant plus dans un contexte de montée des agressions de l’extrême droite à Montpellier. Encore hier soir, une bande cagoulé, visiblement en train de rôder autour de la fac de lettre a agressé des militants jeunes de la france insoumise. Il y a un mois, ils commettaient une agression nocturne cagoulée envers des militant.e.s du Poing Levé aux abords de l’université Paul Valéry. Armés de gazeuses, les agresseurs étaient là aussi vraisemblablement en train de faire des rondes en voiture autour de l’université. Quelques jours plus tard, c’étaient cette fois les locaux du Poing Levé, mais aussi de Solidaires et de la Cimade qui étaient attaqués.

La décision du CNESER tend de fait à banaliser les idées et la violence d’extrême droite, alors que Coronel de Boissezon assume pleinement ses positions d’extrême droite et sa présence ce jour-là. Face à une telle situation, et alors que Coronel de Boissezon a enseigné dans l’institut de Marion Maréchal-Le Pen pendant ses années de suspension, ou encore participé au "Forum de la Dissidence", événement d’extrême-droite qui rassemble entre autres Renaud Camus et Thaïs d’Escufon, il est intolérable qu’il puisse être réintégré, à Montpellier comme ailleurs, le 7 février prochain.

Pour faire face à cette situation, le collectif “Justice en fac de droit”, qui s’était créé après l’attaque, appelle à se mobiliser contre la réintégration de Jean-Luc Coronel de Boissezon. La première phase de cette mobilisation se fera donc lors du rassemblement devant la cour d’appel de ce vendredi 9 décembre à 8h30.

Alors que le gouvernement français, qui mène depuis plusieurs années une politique raciste et liberticide faisant le lit de l’extrême droite, est en train de débattre actuellement sa « loi immigration », les militant.e.s du Poing Levé et de Révolution Permanente seront présent.e.s au rassemblement ce vendredi 9 décembre à 8h30 devant la cour d’appel de Montpellier. Nous appelons toutes les organisations politiques, étudiantes et syndicales, à être présentes afin de ne pas céder le moindre pouce de terrain à l’extrême droite.

Le 22 mars 2018, c’est l’ensemble des secteurs en lutte qui étaient ciblés à travers les étudiant.e.s qui occupaient la fac de droit, et ce n’est qu’en frappant fort et nombreux contre la réintégration de Coronel de Boissezon que nous pourrons montrer qu’on ne laissera pas l’extrême droite s’installer à Montpellier ni ailleurs !


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