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Cadences criminelles

Mort au travail. Un ouvrier de 49 ans écrasé par une poutre sur un chantier de la RATP

Ce mercredi, un ouvrier de 49 ans employé par une entreprise du BTP est décédé sur un chantier de la RATP à Malakoff (Hauts-de-Seine) par la chute d'une poutre métallique de plusieurs tonnes. Une mort tragique, qui fait état des conditions de travail dangereuses dans le bâtiment, y compris sur les chantiers de transports publics où l’objectif est la rentabilité.

jeudi 7 octobre

Crédits : AFP / Archives

Tragique accident ce mercredi sur le chantier « de transition énergétique » du dépôt de Malakoff, censé œuvrer à la construction d’un dépôt avec des bus 100% électrique. Un ouvrier, salarié d’une entreprise de BTP, opérait à la mise en place de charpentes métalliques lorsqu’il a été littéralement écrasé par une imposante poutre métallique de cinq tonnes. Une masse de 30 mètres de long qui, au moment des faits, était déplacée par une grue, suite à une demande de réajustement. Dans cette action, elle aurait heurté la nacelle sur laquelle l’ouvrier opérait, d’après la RATP. Les sapeurs-pompiers et les médecins réanimateurs n’ont rien pu faire pour le sauver et l’homme est donc décédé sur son lieu de travail.

Cet accident allant jusqu’à causer la mort n’est pas un cas isolé. En France, ce sont plus de 650 000 accidents du travail qui se sont produits rien que sur l’année 2019 d’après l’Assurance Maladie, dont plus de 700 mortels. Et depuis 2017, ils sont en constante augmentation dans de nombreux secteurs. Sur celui du BTP précisément, on notait une progression des accidents de travail recensés en 2018 de 1,9% comparé à 2017.

Mais la mort de ce salarié rappelle également celle d’un ingénieur travaillant sur un chantier de la SNCF qui mourait enseveli lors d’un éboulement à Massy : derrière les mots d’ordre de « ponctualité » et d’innovation des transports publics, Valérie Pécresse cherche un objectif de rentabilité dangereux pour la sécurité des travailleurs de ces chantiers.

Une situation qu’on ne peut en effet délier des conditions de travail, qui poursuivent leur dégradation : augmentation des cadences, diminution des effectifs, des dispositifs de sécurité, de l’entretien du matériel… sont des phénomènes que l’on observe depuis des années dans tous types de secteurs (santé, industrie, transport, etc), à combiner avec les phénomènes de changements structurels des conditions d’emploi tels que la précarisation, l’uberisation, ou encore la privatisation des services publics. Tant de phénomènes qui génèrent plus de profits pour le patronat mais aussi plus de risques pour les travailleurs.

Des faits tragiques comme celui-ci, symptomatique de tous ces chiffres édifiants d’accidents et de morts par an en France, montrent bien l’absence de réelles mesures pour protéger les travailleurs du risque et de l’usure (tant physiques que psychiques). Car si les circonstances de l’accident sont encore floues, c’est son travail qui a ôté la vie à cet ouvrier. Sa mort et toutes les autres ne sont pas une fatalité, elles pourraient être évitées si les conditions de travail étaient plus sûres. Ainsi, face à l’insécurité au travail, la réponse ne viendra pas des patrons mais de l’auto-organisation des travailleurs !




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