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« Un allié essentiel » : l’impérialisme français pleure la mort du dictateur tchadien Idriss Déby

“Allié essentiel” : de l'Elysée à la ministre des armées Florence Parly, l'impérialisme français pleure un dictateur de 68 ans et ses bons et loyaux services depuis plus de 30 ans. Le cadavre de “l'ami courageux” à peine froid, Paris appelle à une “transition démocratique” et cherche à assurer ces intérêts.

mercredi 21 avril

Crédits photo : AFP

Idriss Déby, président dictateur tchadien qui était sur le point de briguer son 6ème mandat après 30 ans de règne autoritaire est mort tué par balles lors d’un affrontement avec des membres du Front pour l’Alternance et la Concorde au Tchad (FACT) dans le nord du pays.

Sa mort représente une grave crise pour l’impérialisme français qui avait toujours compté sur ce précieux allié pour assurer la domination française dans la région du Sahel, et avec elle, les intérêts de l’Etat et de la bourgeoisie française. Mais toutes les bonnes choses ont une fin, même pour les impérialistes et les dictateurs, et Idriss est mort.

L’Elysée a publié un communiqué officiel pour pleurer la mort du dictateur : "La France a appris avec émotion le décès du Président de la République du Tchad, Idriss Déby Itno". De son côté, la ministre des armées Florence Parly a salué la mémoire du dictateur en tant qu’allié solide dans la région du Sahel “dans la lutte contre le terrorisme et les groupes armés”. Le temps d’un tweet de consolation et d’un hommage scandaleux à un homme qui aura systématiquement assuré son pouvoir par la répression, le musélement de la presse, les assassinats d’opposants tels que Yaya Dillo ainsi qu’une militarisation toujours plus forte du pays, et la France doit déjà se ressaisir pour réfléchit à la transition du pays et assurer qu’une crise poli-tique ne viendrait pas s’installer.

En effet, le pays est actuellement le principal allié de la France dans une région centrale, où la plus grande opération militaire française actuellement en cours n’est autre que l’opération Barkhane. Forte de 5100 hommes et de trois bases militaires au long du Tchad, l’opération a avant tout pour objectif d’assurer la stabilité des intérêts français dans un pays frontalier au Mali, au Burkina Faso, au Niger et à la Centrafrique.

« [Idriss] Déby était cet allié auquel on ne touchait pas. On a beaucoup fermé les yeux sur les exactions qu’il a commises. C’est un choix politique », explique ainsi à l’Agence France-Presse (AFP) Caroline Roussy, chercheuse à l’Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS) à Paris. La mort d’Idriss Déby pourrait menacer la stabilité de l’ensemble du pays et pousser le Tchad à rappeler ses troupes dans la capitale aux ordres de Mahamat Idriss Déby, fils et héritier du dictateur mort, à condition que celle-ci reconnaisse le pouvoir du nouveau commandement militaire.

SI le pouvoir tchadien assure vouloir construire une transition démocratique, par le biais d’un appel à des élections d’ici un an et demi, la dissolution de l’assemblée nationale, du gouvernement et l’abolition de la constitution annoncent déjà une toute autre couleur. La stabilité que veulent apporter le conseil militaire et la France au pays passera par des méthodes encore plus dictatoriales et autoritaires contre l’ensemble de la population.

Autant rappeler qu’aucune transition n’est possible aux ordres de la France, qui pleure son vieux dictateur mort au combat. Dehors les impérialistes et la Françafrique !




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