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Mort d’Idriss Déby : Macron accourt aux funérailles du dictateur et assure son soutien à la junte

Macron était en visite au Tchad pour les funérailles du dictateur Idriss Déby pour assurer son soutien au fils du dictateur actuellement à la tête de la junte qui dirige le pays. Bien qu’en difficulté avec la gestion de la pandémie en France, Macron ne perd pas de vue les intérêts prédateurs de la bourgeoisie française.

vendredi 23 avril

Crédits photo : Christophe Tesson / AFP

Emmanuel Macron s’est déplacé ce vendredi à N’Djaména afin d’assister aux funérailles d’Idriss Déby qui était à la tête du pays depuis 1990, suite à coup d’état soutenu par la France. Le dictateur tchadien est mort la semaine dernière par balle dans le nord du pays. Il aurait été tué au combat face à un groupe de rebelles. Comme nous l’avions rapporter, le décès d’Idriss Déby représente un coup dure pour l’impérialisme français qui le pleure.

En effet, si Macron a dérogé aux limites de déplacement mises en place à cause de la pandémie de covid-19, ce n’est pas par pur sentimentalisme mais pour assurer la continuité des intérêts français dans la région. Le Tchad est en effet un allié fidèle impliqué notamment dans le G5-Sahel aux côtés de l’armée française et sans lequel des opérations comme l’opération Barkhane ne seraient pas possible, le pays servant de base arrière.

Assurer la continuité du pouvoir et la stabilité du pays est en effet l’objectif principale de Macron et des impérialistes dans la région : « Il faut aider le Tchad. Il faut passer outre les considérations politiques » comme l’a déclaré Josep Borell, chef de la diplomatie européenne, lui aussi présent aux funérailles. En effet, la mort du dictateur clos une page de 30 ans de l’histoire du Tchad marqué par la répression violente des opposants, la torture et le meurtre. Combiné au lourd tribu que les troupes tchadiennes ont payé dans leur assistance à l’expédition française au Sahel, les jeunes et les classes populaires pourraient s’engouffrer dans la brèche et porter leurs aspirations au pouvoir.

Dans ce contexte, Macron a accordé sa confiance au fils d’Idriss Déby, Mahamat Idriss Déby, qui a pris la succession par un coup d’état militaire. Il a affirmé que « la France ne laissera jamais personne, ni aujourd’hui, ni demain, remettre en cause la stabilité et l’intégrité du Tchad ». Le régime tchadien se voit donc de nouveau assuré du soutien de la France qui l’a déjà sauvé deux fois en 2008 et 2019.
Cette déclaration met aussi clairement au second plan l’« appelle à l’instauration d’une transition dirigée par les civils » souhaité par les partis d’opposition. Comme le rapporte Emma Caillau de Survie « En soutenant la succession dynastique en cours au nom de la "stabilité" et du rempart contre un ennemi de notre pays, Emmanuel Macron et Jean-Yves Le Drian reprennent un argumentaire classique du soutien aux dictatures françafricaines depuis les années 1960. »

Ces funérailles étaient aussi pour Macron un coup de communication à l’approche du sommet France-Afrique de cet été à Montpellier. Lors de ce congrès la France devrait proposer une réforme du franc CFA et assurer sa mainmise sur le continent.

Celui qui en 2017 se voulait un renouveau de la politique montre en réalité la continuité des intérêts de la bourgeoisie française au service duquel se placent les institutions et l’armée impérialiste française.




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