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Politique

Ultra-violences policières, nouveau scandale en appel

Mort de Rémi Fraisse : le gendarme bénéficie d’un non-lieu

Rémi Fraisse n’est pas mort tout seul. Il a été tué par une grenade offensive lancée par la gendarmerie, lors des manifestations contre le barrage de Sivens, dans le Tarn, le 26 octobre 2014. Mais pour la « Justice », la gendarmerie n’est pas responsable.

jeudi 9 janvier

Crédits photo : Pascal Guyot / AFP

L’information est tombée jeudi. Elle est glaçante. La cour d’appel de Toulouse a confirmé la décision précédentes de justice face à laquelle les proches de Rémi avaient fait appel : non-lieu pour le gendarme à l’origine du tir de la grenade qui a emporté la vie du jeune militant écologiste. Cette décision fait suite à un premier non-lieu, prononcé en première instance, plus de trois ans après les faits.

La famille a l’intention de se pourvoir en cassation, mais sans aucune illusion. En cassation, en effet, selon l’avocat du gendarme, « il y 97 % de chances pour que le non-lieu soit confirmé ». Voilà de quoi rassurer toutes les personnes « dépositaires de la force publique » et incriminées dans des affaires de violences policières : pour elles, c’est le non-lieu quasi assuré, même en cas de décès. 

Pour l’avocat de la famille, en revanche, « c’est malheureusement le sentiment d’impunité judiciaire des policiers et gendarmes qui continue à causer des morts en France ». L’idée est donc de porter l’affaire devant la Cour Européenne des Droits de l’Homme, pour faire condamner la France. Entre-temps, même si les grenades offensives (responsables de la mort de Rémi) ont été interdites dans le cadre des opérations de maintien de l’ordre, les forces de répression continueront à disposer d’un stock conséquent de grenades assourdissantes et de grenade de désencerclement, à l’origine, notamment, d’un certain nombre de très graves blessures chez les manifestants, ces derniers mois.




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