^

Politique

Impunité policière

Mort de Zineb Redouane et impunité policière. Le rapport d’expertise disculpe la police

Près d’un an et demi après la mort de Zineb Redouane, le rapport d’expertise balistique est sorti et disculpe la police. L’impunité dont jouissent les policiers coupables de violences policières est intolérable et rend plus urgente la nécessité d’aller manifester ce samedi 13 juin, afin de réclamer justice pour Adama, pour George Floyd, pour Zineb Redouane, et toutes les victimes de violences policières.

vendredi 12 juin

Crédits photo : Martin Noda / Photothèque rouge

Le 1er décembre 2018, pendant la manifestation pour un logement digne en soutien aux victimes de la rue d’Aubagne, Zineb Redouane, 80 ans, est touchée par un tir de grenade alors qu’elle était en train de fermer ses fenêtres. Elle meurt 24h plus tard, à l’hôpital. Près d’un an et demi plus tard, aucune justice n’a été obtenue, et le rapport d’expertise balistique commandé par l’ancienne juge de Marseille disculpe la police.

Alors que le rapport indique que l’arme a été utilisée “selon les préconisations et les procédures d’emploi en vigueur dans la police nationale”, Me Bouzrou, l’avocat de Milfet Redouane, affirme lui qu’« il s’agit d’un tir qui a atteint Mme Redouane dans sa phase montante, c’est donc un tir tendu face à un immeuble d’habitation. Comment peut-il être considéré comme réglementaire ? Comment un expert inscrit près la Cour de cassation peut-il rendre un travail aussi contraire à la réalité ? »

Pour les experts mandatés par l’institution judiciaire, la mort de Zineb Redouane est donc accidentelle. Pire encore, Castaner niait à l’époque toute responsabilité de la police, affirmant qu’il ne voulait pas « qu’on laisse penser que les forces de l’ordre ont tué Zineb Redouane, parce que c’est faux ». Pourtant, selon sa fille Milfet avec qui elle était au téléphone lorsque elle a été touchée par le tir de grenade, Zineb a crié, désemparée, “Il m’a visée !” au sujet du policier responsable du tir de grenade lacrymogène. Pour Me Bouzrou, « Nous avions raison de considérer qu’il était impossible dans ce dossier d’obtenir justice à Marseille suite aux propos mensongers de l’ancien procureur, aujourd’hui muté dans un autre tribunal, lequel avait osé affirmer qu’il n’y avait aucun lien direct entre le tir de grenade et le décès, ce qu’avait relayé Christophe Castaner. A l’époque, les CRS avaient même refusé de remettre leur lance-grenades à la justice aux fins d’expertise, ce qui m’avait conduit à porter plainte pour dissimulation de preuves ».

Dans un contexte où un mouvement d’ampleur inédite a lieu pour dénoncer les violences policières, la mort de Zineb Redouane illustre l’impunité dont jouit la police. Une fois de plus, ce rapport démontre de quel côté se trouve l’institution judiciaire. Une institution de classe, qui défendra toujours les classes dirigeantes. C’est dans la rue qu’on obtiendra justice pour toutes les victimes de violences policières, par la mobilisation et par l’instauration d’un rapport de force. En ce sens, il est nécessaire de sortir manifester ce samedi 13 juin afin de réclamer justice pour Adama et George Floyd, mais aussi pour Zineb Redouane.




Mots-clés

Zineb Redouane    /    Gilets jaunes   /    Violences policières   /    Répression   /    Politique