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Notre classe

En vue du 11 mai

Moudenc promet des masques : derrière le coup de com’, des mesures insuffisantes

Mi-avril, le maire de Toulouse Jean-Luc Moudenc a promis de fournir un masque à tous les Toulousains avant le 11 mai. Une mesure loin d'être suffisante, qui s'apparente à un coup de com' visant à valoriser la politique du gouvernement.

vendredi 1er mai

Crédits photo : La dépêche du Midi / Thierry Bordas

C’est à la mi-avril que Jean-Luc Moudenc, maire de Toulouse et candidat à sa ré-élection sous la double-étiquette Les Républicains et La République En Marche, a annoncé son intention de fournir 480 000 masques en tissu réutilisables à la population, soit un par personne. Un masque qui serait distribué gratuitement et lavable jusqu’à 50 fois.

Fin avril, Moudenc a précisé qu’un accord avec La Poste avait été trouvé pour distribuer l’ensemble de ces masques. Par ailleurs président de l’agglomération toulousaine, Moudenc a annoncé que ce dispositif serait étendu à l’ensemble de la métropole, pour un total de 900 000 masques distribués. C’est ici que nous pouvons voir une première faille derrière le coup de com’, puisque La Dépêche expliquait le 16 avril 2018 que l’aire urbaine de Toulouse était la 4ème plus grande de l’hexagone, avec un total de près d’1,4 millions d’habitants.

L’objectif de Moudenc : relancer coûte que coûte l’économie au détriment de la santé des travailleurs et usagers des transports

Jean-Luc Moudenc, en bon soutien du pouvoir, entend appliquer stricto-sensu les directives gouvernementales visant avant tout à mettre en place des mesures minimales dans le but de relancer au maximum l’activité économique. Une volonté exacerbée par la pression mise par le secteur aéronautique et en particulier Airbus, qui joue la carte du risque de faillites dans la période afin de remettre de force au travail l’ensemble de ses salariés et ceux de la sous-traitance. Une pression majeure vu le poids de l’aéronautique sur l’emploi de la région toulousaine.

Ainsi, si Moudenc se veut rassurant sur la fourniture de masques pour toutes et tous, pas un mot sur la question des tests massifs indispensables pour éviter un nouveau pic d’épidémie. Tester l’ensemble de la population est pourtant une mesure indispensable, notamment pour pouvoir identifier les malades asymptomatiques, comme l’expliquait le Docteur Marty, médecin libéral à Toulouse, sur un live organisé par Révolution Permanente.

Dans ce contexte, la question de la gestion du déconfinement dans le secteur des transports est centrale. En effet, c’est bien dans les bus, dans les trains, dans les tramways ou dans les métros que les risques de contamination sont les plus élevés. Un véritable cluster, alors qu’une partie des travailleurs, notamment les plus précaires, se voit dans l’obligation de prendre ces transports en commun pour aller au travail.

Dans des propos relayés par 20 minutes ce 24 avril, Jean-Luc Moudenc a annoncé la couleur. « Aujourd’hui, le trafic Tisséo est autour de 5 % de la normale. L’idée, c’est le reprendre le 11 mai avec le rythme habituel de l’été, soit 25 à 30 % du trafic habituel » explique ainsi le maire de Toulouse. On voit d’ici le problème, avec des transports en commun remplis à ras bord pour pouvoir aller au travail.

C’est sans compter la situation actuelle à Tisséo, qui est dramatique. Comme nous l’expliquions sur Révolution Permanente le 26 mars dernier, mécanos et conducteurs travaillent dans des espaces non-désinfectés. Dans le même temps, la direction de Tisséo a refusé, le 15 mars dernier lors d’un CSE, de verser la prime d’activité promise aux salariés permettant la permanence du service public en ces temps de Covid-19. Une décision motivée, comme le révèle la Dépêche, par des pertes à hauteur de 30 millions d’euros par mois. A noter que les deux tiers de ces pertes ne sont ni dues à la baisse du trafic, ni à la mise en place de la gratuité des transports, mais en raison du non-paiement du Versement Transport par les entreprises. Les travailleurs payent donc les pots cassés de la crise.

La situation n’est pas plus glorieuse à la SNCF. Les gares de Matabiau, de Saint-Agne ou bien encore aux Arènes sont autant de points centraux pour le transport quotidien de travailleurs et devraient eux aussi voir une forte affluence avec la reprise des activités économiques en masse ce 11 mai. Dans le même temps, la direction locale de la SNCF mène une politique de reprise du travail à temps complet, là aussi sans test systématique. Concernant le nettoyage, le recours aux intérimaires a été important, et là encore, les salariés se retrouvent sans possibilité de toucher la prime Covid-19 ! Autrement dit, c’est la recherche de profits qui priment, et c’est les travailleurs et les usagers qui trinquent en dernière instance.

Pas de déconfinement sans test massifs ! Obtention des primes et augmentation de salaires !

Face à la logique du déconfinement mettant au premier plan les impératifs économiques avant la santé des salariés et des usagers des transports, il est indispensable de faire émerger une alternative de gestion de la crise, émanant de la base. C’est pourquoi il est indispensable d’exiger :

  • Pas de déconfinement sans tests massifs ! Il est indispensable de tester l’ensemble de la population, pour permettre l’isolement de tout les cas, y compris les asymptomatiques, pour éviter toute deuxième vague de l’épidémie.
  • Des masques FFP2, les seuls qui permettent de se protéger efficacement du virus, pour l’ensemble des travailleurs des transports, y compris de la sous-traitance et du nettoyage ! A la condition non-négociable que les personnels soignants bénéficient de suffisamment de ces masques.
  • Maintien de la gratuité des transports pour toutes et tous, financé par la taxation des grandes entreprises à hauteur des besoins et le paiement rétroactif et immédiat du Versement Transport par les entreprises, non-versé depuis le début du confinement.
  • Paiement immédiat de la prime Covid-19 et augmentation du SMIC à hauteur de 1800€ net, avec indexation du salaire sur l’inflation pour en finir avec la précarité au travail !
  • Re-nationalisation de l’ensemble du secteur des transports, sous gestion directe des travailleurs et des usagers, réunis au sein de comités permettant d’identifier les besoins effectifs de l’ensemble de la population.
  • Embauche immédiate de l’ensemble des travailleurs en contrat précaire et de la sous-traitance, avec statut de fonctionnaire !

Afin de mettre en application ces mesures, aucune confiance ne peut être accordée aux directions des entreprises car ce sont elles qui, en économisant sur les mesures sanitaires pour préserver ses profits, mettent en danger la vie des travailleurs des transports. Il faudra donc revendiquer la mise en place d’un comité de contrôle des mesures d’hygiène et de sécurité ainsi que des trajets essentiels permettant de transporter les travailleurs des entreprises essentielles. Ce comité devrait être composé de travailleurs, syndiqués ou non, et d’usagers, qui sont les plus à même de définir les besoins en transports dans la ville.

Il est clair que l’ensemble de ces revendications, pourtant indispensables pour pouvoir faire face efficacement à l’épidémie sans plonger des millions de personnes dans la précarité, ne pourront être obtenues dans le cadre policé des négociations avec les patrons. Au contraire, c’est sur le terrain de la lutte des classes que nous pourrons arracher ces acquis. C’est pourquoi il est indispensable de s’organiser à la base, dans des organes de démocratie directe rassemblant l’ensemble des travailleurs des transports, syndiqués ou non, et les usagers afin d’imposer un rapport de force à même d’arracher ces acquis !

Le comité transports Toulouse de Révolution Permanente est composé de travailleurs de Tisséo et de la SNCF, militant au NPA - Révolution Permanente ou non. Si tu es travailleur dans le secteur des transports, privé ou public, à Toulouse et dans sa région et que tu souhaites publier un témoignage ou participer activement à ce comité, il est possible de nous envoyer un message sur la page facebook de Révolution Permanente Toulouse ou à l’adresse mail suivante : [email protected]




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