^

Monde

Impérialisme

Mozambique. Total suspend ses activités et met la pression pour une intervention impérialiste

Un mois après les attaques des rebelles islamistes à proximité des sites où Total construit des infrastructures pour l'exploitation gazière, le groupe confirme la suspension du projet et appelle le gouvernement du Mozambique et les puissances impérialistes à intervenir pour « rétablir la sécurité et la stabilité »

lundi 26 avril

Crédit photo : AFP

Voyant ses intérêts menacés, Total fait pression pour une intervention impérialiste

Dans un communiqué publié ce lundi 26 avril, le géant pétrolier « confirme le retrait de l’ensemble du personnel du projet Mozambique LNG du site d’Afungi  » en déclarant un cas de « force majeure », suite aux attaques de l’organisation armée islamiste Ahlu Sunnah Wa-Jamo (ASWJ) survenues dans la ville de Palma entre le 24 et le 28 mars dernier.

Si le groupe annonce aujourd’hui la suspension de son projet, l’idée n’est pas du tout de l’abandonner. Le chantier, qui consiste à construire un immense complexe de gaz naturel liquéfié (GNL ou LNG en anglais), représente plus de 20 milliards de dollars d’investissements, soit l’un des projets les plus importants d’investissements privés dans le secteur de l’énergie. C’est un énorme enjeu pour le géant pétrolier, qui détient 26,5% du projet.

Ainsi, Total appelle à ce que « les actions menées par le gouvernement du Mozambique et ses partenaires régionaux et internationaux permettent de rétablir la sécurité et la stabilité de manière durable dans la province du Cabo Delgado ». Autrement dit, la multinationale augmente encore plus la pression à ce que les puissances impérialistes interviennent militairement, le gouvernement du Frelimo (Front de Libération du Mozambique) ayant jusqu’ici privilégié l’embauche de mercenaires russes et sud-africains pour éviter une intervention massive de troupes étrangères.

Contre toute intervention impérialiste, exigeons le retrait des troupes françaises d’Afrique !

Si la montée de la rébélion islamiste menace les projets des multinationales, elle est pourtant une conséquence du régime du Frelimo, principal partenaire de Total et de la France dans le pays. La crise actuelle au Mozambique ne peut être résumée à l’islamisation : elle est surtout le produit d’une extrême pauvreté, directement liée au maintien de l’économie du pays sous domination de puissances impérialistes telles que la France. Le terrorisme vient comme conséquence de cette misère qui constitue son terreau, et Total s’en sert pour légitimer l’appel à une intervention des puissances occidentales. Or, une intervention militaire n’est en aucun cas la solution pour résoudre la pauvreté, les inégalités, le sous-développement des infrastructures, le manque d’écoles et d’hôpitaux, l’absence d’opportunités de travail, etc.

À ce titre, l’exemple de l’opération Barkhane au Mali et au Sahel montre bien l’échec de l’intervention militaire de la France, que ce soit sur le plan d’un rétablissement de la sécurité comme le revendique Total comme pour la population qui voit ses conditions d’existence s’aggraver. En définitive, cette politique ne fait qu’approfondir la crise et n’a comme seul but que de tenter de préserver les intérêts économiques des multinationales françaises dans la région.

Contre le pillage impérialiste du Sahel, du Mozambique et de l’Afrique en général, les ingérences et la déstabilisation des États de la région qui seront des terrains de jeu pour la concurrence redoublée entre les puissances capitalistes en ces temps de crise et de guerre économique plus aiguë, nous revendiquons le retrait total de toutes les troupes françaises au Mali, au Mozambique et sur tout le continent africain !

Pour une analyse plus détaillée de la situation au Mozambique retrouvez ici un article de Philippe Alcoy sur les implications entre les intérêts économiques de Total et les intérêts stratégiques militaires de l’État français.




Mots-clés

Total   /    Impérialisme   /    Afrique   /    Monde