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Société

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Multiplication des incendies dus à la sécheresse : plusieurs pompiers blessés

Les conséquences de la sécheresse se font aussi sentir en France, où des centaines d’hectares sont partis en fumée la semaine dernière. Victimes directes de ces incendies, les pompiers souffrent du manque criant de moyens et de personnel.

lundi 9 septembre

Après un été caniculaire au cours duquel juillet 2019 a été le mois le plus chaud jamais enregistré sur la planète, plusieurs départements de l’hexagone sont en proie à de violents incendies de forêts ces derniers jours. Jeudi dernier par exemple, deux grands incendies se sont déclenchés aux portes de Marseille en fin de journée, attisés par de très fortes rafales de vent. L’incendie a été finalement circonscrit vers 20 heures, par les sapeurs-pompiers en difficulté face à ce feu qu’ils qualifiaient de « complexe ».

Bien que les incendies de forêt soient un processus naturel qui participe à la régénération de la flore, c’est l’intensification et la prolifération de ce processus qui fait la spécificité de notre époque, au point ou la flore ne trouve plus le temps de ce régénérer et recule donc en terme de superficie. Mais ce qu’il y a de particulièrement inquiétant en cette rentrée, c’est le prolongement tardif de ce phénomène principalement dû à la sécheresse.

« En septembre, c’est pas normal » a réagi jeudi le colonel Gregory Allione, président de la Fédération nationale des sapeurs-pompiers de France pour Le Monde ; ces incendies tardifs sont le résultat direct d’une sécheresse particulièrement sévère due aux records de température atteints au début de l’été.

Plusieurs pompiers blessés

Face à ces violents incendies qui menacent souvent des zones habitées comme on a pu le voir à Marseille, les pompiers sont en première ligne pour contenir la catastrophe, et ce malgré le manque toujours plus criant de moyens matériels et humains qui sont un résultat direct de l’attaque du service public de la part des derniers gouvernements. Les sapeurs-pompiers doivent donc, chaque jour, faire plus d’interventions avec des effectifs qui stagnent et moins de moyens ; ce qui entraîne inévitablement une hausse des risques en interventions qui se traduit par plus de blessés et de victimes chaque année. C’est donc de plus en plus le « système D » qui prime comme le démontre la nécessité croissante de faire venir des pompiers de d’autres départements pour lutter contre les incendies de forêts.

Les pompiers sont donc pris entre le marteau et l’enclume avec d’un côté, les baisses de moyens, et de l’autre, une augmentation des interventions due d’une part, au réchauffement climatique, et d’autre part, à l’augmentation de la population en général. Il faut également souligner le fait que les pompiers sont toujours plus sollicités pour faire face aux défaillances du SAMU et autres services d’urgence. De nombreux pompiers se mobilisent pour la défense d’un service public digne, avec plusieurs grèves depuis cet été.

L’hypocrisie du gouvernement

Dans un Tweet, Christophe Castaner, a « salué » les plus de 1200 pompiers engagés sans pour autant que le gouvernement ne réponde aux revendications des sapeurs-pompiers, ce qui aurait été élémentaire au vu de la situation. Au lieu de cela, Castaner en « appelle au civisme de chacun » dans une tentative de culpabilisation de la population. En réalité, bien que la majorité des départs d’incendies soit d’origine humaine, ce sont les conditions climatiques dégradées qui renforcent de manière exponentielle les incendies.

Ce tweet de Castaner démontre bien toute l’hypocrisie des politiciens qui choisissent délibérément de culpabiliser les individus autour d’un « civisme » plutôt que de pointer, d’une part, le problème fondamental du réchauffement climatique – ce qui reviendrait à dénoncer leurs propres politiques qui aggravent chaque jour la crise écologique – et d’autre part, le manque de moyens croissant pour les sapeurs-pompiers, dû aux coupes budgétaires et à la dégradation des services publics, organisées par ces mêmes politiciens.

Crédit photo : Sdis 30




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