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Enfer Carcéral

Mumia Abu-Jamal hospitalisé dans des conditions inhumaines : liberté pour les prisonniers politiques !

Journaliste et ancien membre du Black Panthers Party, Mumia Abu-Jamal est l’un des prisonniers politiques américains les plus connus. Derrière les barreaux depuis bientôt 40 ans, son état de santé est inquiétant. Dernièrement l’homme a été hospitalisé dans des conditions inhumaines, attaché à son lit chirurgical, privé de visites, impossibilité de parler à ses avocats, le tout après une défaillance cardiaque grave.

vendredi 23 avril

« Mon seul crime était d’être vivant ». En 1981, Mumia Abu-Jamal, journaliste de profession, travaille en tant que chauffeur de taxi la nuit pour boucler la fin des mois, lorsqu’il est arrêté et accusé du meurtre d’un policier lors d’une fusillade. Fusillade dont il sort grièvement blessé et qui laisse devant lui un policier mort. C’est grâce aux mobilisations massives et à la solidarité internationale qu’il échappera à deux reprises à la peine de mort, commuant ainsi la sentence en peine de prison perpétuelle.

L’affaire de Mumia Abu-Jamal, connu comme « la voix de sans-voix », est devenu un cas emblématique des prisonniers politiques, et plus généralement, du racisme d’État et de son système de justice pénale. Un système industrialisé, qui possède la population carcérale la plus élevée au monde et largement composée par les couches les plus opprimées et exploitées de la société états-unienne. Abul-Jamal était un reporter radio spécialisé dans les questions culturelles et président de l’Association des journalistes Noirs de Philadelphie, il commence à militer dans le Black Panthers Party pendant sa jeunesse, construisant la section de Philadelphie. Ses écrits abordent le racisme, les violences policières et plus récemment les conditions de détention, le rôle de la prison dans la société et la peine de mort, ce qui a fait de lui un symbole contre la peine de mort.

Actuellement Mumia Abu-Jamal est attaché à un lit, après une chirurgie qui a fait suite à une défaillance cardiaque grave. Il lui est interdit d’avoir des visites de sa famille, de son conseiller spirituel ou même de ses avocats. Il y a environ deux mois, il avait déjà été testé positif au covid-19 et laissé sans soin, malgré ses plaintes de douleurs dans la poitrine, des difficultés respiratoires et un historique de comorbidités. Dans un communiqué de l’ONU, il est dénoncé les conditions de traitement de sa santé, qui serait lié à « des années des négligence médical ».

Selon Dave Lindorff, journaliste spécialiste du cas de Mumia Abu-Jamal, les centres pénitentiaires utilisent consciemment la pandémie comme des moyens d’« exécution silencieuse », laissant les prisonniers sans soins, principalement ceux atteints de symptômes et de problèmes médicaux comme Abu-Jamal. Son histoire est symbolique de la lutte contre le racisme d’État et ce système pourrissant, où les couches les plus opprimés et exploités sont les plus touchés par les violences policières et carcérales.

Un rassemblement est prévu ce samedi 24 avril à 15h place de la Concorde, à l’appel du collectif Libérons Mumia pour exiger sa libération immédiate et sans condition. Il faut la plus ample solidarité internationale et exiger la libération immédiate de tous les prisonniers politiques, y compris les manifestants de Black Lives Matter.




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