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Politique

Crise sanitaire

Municipales. De nombreux assesseurs contaminés, nouvelle polémique pour le gouvernement

Un grand nombre d’assesseurs lors du premier tour des municipales ont été contaminés par le Covid-19, à cause du double discours de Macron et du manque de mesures de protection.

jeudi 16 avril

Crédits photo : Marc OLLIVIER / archives Ouest-France

Face à l’absence d’une politique cohérente, à des pressions de sa majorité et de formations politiques, et à ses propres intérêts politiques, Macron a géré catastrophiquement l’organisation des municipales et ce sont aujourd’hui les assesseurs bénévoles qui paient la facture, sur le plan sanitaire.

La communication chaotique du gouvernement au moment du scrutin

Dans les jours précédant la tenue des élections, le gouvernement a brusquement changé de cap dans sa communication sur le covid-19. Il est passé d’un ton banal, paternaliste dans sa façon de nier la menace, à un ton bien plus préoccupé.

Rappelons que le couple Macron est sorti au théâtre le 6 mars au soir en clamant qu’il ne fallait pas se préoccuper outre mesure du virus et continuer notre train de vie habituel, alors que la France comptait déjà 613 cas confirmés et que ce nombre augmentait de plus en plus vite.

Durant la semaine du 9 au 16 mars, l’accélération de la propagation du virus a forcé le gouvernement à abandonner sa position hautaine dans un changement de ton qui menera au discours guerrier du président. Le 12, c’est l’annonce de la fermeture des établissements d’enseignement ; le 14, ce sont les bars et les restaurants. Le lendemain du 1er tour, le 16 mars, Macron a annoncé l’adoption des mesures de confinement.

Cependant, le ton insouciant, même inconscient du début de la crise, ne pouvait pas être abandonné aussi soudainement sans illustrer la panique au sein de l’exécutif. Le discours inconscient et le discours inquiet ont coexisté durant cette semaine, menant à des décisions désastreuses, comme le maintien de ces élections.
 

Un grand nombre d’assesseurs contaminés, et un Macron toujours aussi prétentieux

 
D’après une enquête réalisée par France Info, dans l’Oise, à Tracy-Le-Mont, six des élus locaux qui tenaient le bureau de vote ont été déclarés positifs au coronavirus. Selon leur témoignage, les mesures de précaution n’étaient pas appliquées.

C’est un scénario qui s’est reproduit maintes fois sur tout le territoire. On le retrouve par exemple à Billom dans le Puy-de-Dôme d’après un reportage de LCI ou à Mitry-Mory en Seine-et-Marne selon l’Humanité. Que dire alors de la déclaration d’Emmanuel Macron hier dans Le Point dans laquelle il affirme : « Je suis allé voter et les gestes barrières ont été maintenus ». Gestes que le conseil scientifique a indiqué comme absolument nécessaires et a instamment demandé de faire appliquer.

Macron se pavane en disant que la situation était tout à fait sous contrôle, alors que c’était faux, et ainsi il évite d’avoir à avouer qu’il n’a pas mis en place des aides suffisantes pour la bonne tenue du vote. Au lieu de cela, il rejette la faute sur les élus et les bénévoles des bureaux de vote en déclarant que la « météo favorable » aurait assoupli l’application des mesures par certains.

Devant un tel orgueil, son nouveau mot d’ordre « j’assume » semble bien creux et le discours à deux vitesses du gouvernement trahit sa gestion lamentable de la situation. Le résultat est sa décrédibilisation la plus complète, et les élections municipales avec le plus fort taux d’abstention jamais enregistré à 53-55% selon les estimations. L’annonce de la contamination d’assesseurs causées par le maintien du premier tour des municipales est une nouvelle polémique à gérer pour le gouvernement, déjà égratigné par le manque de tests, de masques et une politique visant clairement à privilégier la relance de l’économie au détriment de la santé des salariés.




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