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Municipales. LREM dévoile l’ampleur de la déroute : 2,2 % des suffrages exprimés !

Plusieurs mois après les élections municipales, le gouvernement s'est enfin résolu, après les avoir dissimulé soigneusement, à dévoiler les scores au niveau national par couleur politique. Ces résultats révèlent l'ampleur de la claque que s'est prise LREM lors de ces élections avec le très mauvais score de 2,2%.

dimanche 21 février

Crédit photo : Eric Cabanis/AFP Photo

Les élections municipales de cet été ont été sans conteste un fiasco pour le gouvernement. Entre les conditions chaotiques dues à la crise sanitaire, l’abstention record et la déroute pour les candidats LREM, le gouvernement aurait préféré laisser derrière lui cet épisode désastreux. Mais la totalisation des scores au niveau national est enfin sortie, montrant l’ampleur de l’échec de ces élections pour La République En Marche.

Si il était déjà clair que ces municipales étaient déjà un échec pour Macron qui n’a gagné aucune grande ville, si ce n’est dans des alliances, en particulier avec la droite, comme à Toulouse, ces résultats apportent une nouvelle donnée : le parti présidentiel a en effet atteint le score ridicule de seulement 2,2%.

Le gouvernement a longtemps traîné à sortir ces résultats et quand on voit les scores on comprend bien pourquoi. C’est d’ailleurs un député LR, Olivier Marleix qui a fait la demande de publication de ces résultats. Après huit mois d’attente, le gouvernement a enfin publié les scores nationaux par couleur politique, alors qu’ils sont habituellement disponibles publiquement dès le soir des élections.

Les scores plus généraux de ces élections montrent bien la faiblesse de LREM : la gauche (des communistes aux écologistes) fait 36,66 %, le centre (LREM, MoDem et alliés) 15,98 %, la droite (UDI, LR, Debout La France) atteint 33,71 %, l’extrême droite 3,33 % et les listes sans étiquette et « gilets jaunes » rassemblées sous « divers/autres » ont réussi à faire 10,32 % comme l’indique Le Point.

Pour Olivier Marleix, dont on peut comprendre l’intérêt d’une telle déroute tant la droite cherche à se recomposer en vue de la présidentielle 2022, sa position est claire : il s’agit d’une « manœuvre » qui trahit selon lui une « volonté délibérée de dissimuler aux Français l’ampleur de la claque prise par La République en marche ». Il explique également : « En voyant ces chiffres, où LREM atteint seulement 2,22 % sous ses propres couleurs, on comprend bien pourquoi le pouvoir n’est pas pressé de les diffuser. En réalité, cela révèle l’échec d’un ancrage politique qui ne parvient pas à bousculer le paysage local. Autant, il y a une marque Macron, autant ces municipales montrent la grande difficulté pour son parti à exister ».

Bien sûr, ces résultats réellement catastrophiques sont à mettre en perspective avec la stratégie de LREM visant à des alliances avec d’autres forces politiques. Pourtant, ce sont d’autres éléments qui soulignent que le manque d’ancrage est visible. D’abord, le mouvement présidentiel revendique 146 maires élus, et moins de 10000 conseillers municipaux, objectif affiché durant la campagne. Surtout, comme le révélait le Canard Enchaîné en juillet dernier, le mouvement a vu ses effectifs fondre comme neige au soleil : de 418 377 militants en 2017 à environ 20 000 aujourd’hui.

Le score de 2,2 % de LREM « sous ses propres couleurs » aux municipales symbolise donc les grandes difficultés du mouvement présidentiel, qui pourrait à nouveau s’exposer lors des prochaines élections régionales, qui pourraient par ailleurs être reportées selon la situation sanitaire. En soi, LREM, qui s’est aussi largement désagrégé en multiples groupes à l’Assemblée Nationale, ne constitue pas une force politique consolidé dans l’hexagone, et reste structuré essentiellement autour de la figure d’Emmanuel Macron. Une réalité qui laisse ouverte la porte aux recompositions politiques, du centre gauche à la droite, et à une instabilité politique forte, toujours marquée par la crise des grands appareils traditionnels.




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