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Politique

#ResteChezToi

Municipales et coronavirus : les soignant.e.s dénoncent la tenue des élections

En ce dimanche de premier tour des municipales, que Macron a décidé de maintenir alors que les écoles et les commerces ferment, de nombreux soignants ont exprimé sur les réseaux sociaux un appel à ne pas aller voter afin de limiter les risques de contagion. Les consignes sanitaires ne sont pas respectées dans un grand nombre de bureaux de vote. À 17h, l'abstention s'élève à près de 60%.

dimanche 15 mars

Crédit photo : LP / Olivier Corsan

L’épidémie de coronavirus continue de se répandre en France, avec désormais près de 4500 cas - le chiffre a doublé en 72h - et 91 morts. Dans le monde, le nombre de cas confirmés s’élève à plus de 156 000 contaminations et 5800 décès. C’est dans ce contexte que les mesures pour tenter d’endiguer le développement du virus vont croissantes. Édouard Philippe a annoncé le renforcement des mesures de « distanciation sociale », en appelant à la fermeture dès samedi minuit de tous les lieux recevant du public « non indispensable » : restaurants, cafés, cinémas, discothèques. Les commerces seront également fermés, sauf ceux considérés comme essentiels : les commerces alimentaires, pharmacies, stations-essence, bureaux de tabac.

Dans ce contexte, la décision de Macron de maintenir le premier tour des élections municipales ce dimanche suscite de très fortes critiques. Cette politique apparaît contradictoire avec les mesures de fermeture des lieux d’études prises jeudi et avec les nouvelles mesures annoncées par Philippe samedi, et apparaît comme un choix irresponsable.

De nombreux électeurs ont d’ailleurs appliqué une règle de prudence. À 17h, la participation est seulement de 38,77% soit 16 points de moins qu’en 2014 (il était de 54,72% à la même heure). On s’orienterait donc vers une abstention record.

De nombreux internautes soulignent d’ailleurs le manque de précautions prises dans les bureaux de votes, par manque de place ou de moyens. Dans un grand nombre de bureaux, les consignes ne seraient pas respectées, aggravant là aussi les risques de contagion.

Sur Twitter, certains font remarquer que même dans les bureaux où votent les ministres, les précautions ne semblent pas être prises.

Parmi ceux qui questionnent la pertinence de maintenir ces élections, de nombreux soignants ont exprimé sur Twitter un appel à ne pas sortir, à travers le hashtag #ResteChezToi.

Le collectif Inter-Hôpitaux – né pendant la mobilisation de ces derniers mois des personnels soignants qui exigeaient davantage de moyens pour l’hôpital public – expliquait ainsi : « D’un point de vue démocratique le droit de vote est un droit majeur et il est absolument important que tout le monde puisse exercer ce droit. D’un point de vue médical la situation actuelle nous semble à très haut risque de contamination ».

Un avis partagé dans l’AP-HP à l’image de cette position du président de la Commission médicale de l’Assistance Publique - Hôpitaux de Paris qui affirme : « N’allez pas voter, évitez les contacts à moins de 2m ».

Les soignants expliquent notamment que s’il n’est pas possible d’empêcher totalement le développement de l’épidémie, il est prudent d’éviter ce type d’événements qui peuvent provoquent un pic soudain des contaminations, ce qui surchargerait les hôpitaux. Ainsi, les travailleuses et travailleurs de l’hôpital démontrent que leur connaissance du terrain les rend bien plus aptes à gérer la crise que Macron et son gouvernement. Plus généralement, cette situation est une démonstration supplémentaire qu’en ce qui concerne notre santé, on ne peut faire aucune confiance au gouvernement et à la bourgeoisie, dont les politiques de destruction de l’hôpital publique et la gestion calamiteuse de la crise ont contribué à en accroître l’ampleur.




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