^

Notre classe

Scandale

Mutée à 120 km, une enseignante mère isolée dénonce les conséquences de la politique de Blanquer

C’est à l’arrivé des décisions de mutation intra-académique qu’une enseignante de Bretagne a appris qu’elle était mutée à 120km de son domicile. La situation de cette mère isolée et le résultats et l’incarnation de la gestion de l’éducation nationale à la Blanquer entre suppression de poste et management brutal.

jeudi 17 juin

Crédit photo : LUDOVIC MARIN / AFP

C’est sur Twitter que Peggy Plokarz a raconté le cauchemar dont elle est victime depuis l’arrivée des mutations intra-académique. Cette enseignante de Physique-Chimie en Bretagne a vu son poste tout bonnement supprimé ! Alors qu’elle allait devenir référente pour l’utilisation du numérique à des fin pédagogique (RRUPN) dans cet établissement, elle a été l’une des quelques 2000 victimes de suppression de postes dans l’éducation cette année.

Alors que la pandémie a mise en lumière le manque de personnel dans l’éducation nationale, la nouvelle de la suppression de 2000 postes à l’échelle nationale prête à la confusion. Comme le montre le cas particulier de Peggy Plokarz, les décisions de suppression de postes se traduisent dans les faits par des vies chamboulées mais aussi des difficultés dans les salles des profs qui se voient enlevées des enseignants essentiels tant vis-à-vis du nombre de classe à gérer que de l’ensemble des autres taches dont on ne parle pas, comme celles de référent pédagogique.

Cette mutation va en effet transformer la vie de cette mère isolée d’un enfant de 3 ans qui devra faire 3h de trajets par jours. En plus du poids financier dut au recours à une personne pour conduire, récupérer et garder son fils, c’est sa famille en premier lieu qui sera affecté par l’augmentation substantielle de ce que l’on appelle couramment la charge mentale. Comme elle le rappelle sur twitter, cette enseignante avait déménager en Bretagne pour se reconstruire avec son fils suite au décès du père de celui-ci : « Depuis notre retour en terre bretonne il y a 2 ans suite au décès, nous nous reconstruisons. J’ai tout fait pour que le quotidien soit simple : école, lycée, domicile dans un rayon de moins d’un km. » Ce management brutal dans l’éducation comme ailleurs touche tout d’abord les femmes.

Ce qui rend possible ce type de décision c’est notamment la suppression des commissions paritaire qui intégraient l’administration et les représentants syndicaux qui jusqu’à 2018. Ces commissions décidaient des mutations et des affections. Ce système permettait notamment d’éviter les situations comme celle de Peggy. En effet, elles étaient un obstacle partiel que Blanquer a brisé pour pouvoir imposer un style de management inspiré du privé et faisant la part belle aux chefs.

Pour compléter le tableau de cette agressivité du management à la Blanquer, après cette mutation forcée, l’enseignante a été convoquée à la dernière minute, une semaine seulement avant les épreuves, pour participer au jury du grand oral du baccalauréat et coordonner l’examen sur ce centre-ci, ce qui implique une masse de travail et une préparation conséquente, mais encore une fois, le ministère s’encombre pas de ces considérations !

Pour Blanquer et son administration, les enseignants sont corvéable à merci et rien de plus que de simples numéros utilisable par le ministère, c’est encore une fois, avec l’exemple de Peggy que s’illustre cette vérité à combattre.