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À bas le coup d'État !

Myanmar. Grève générale sur fond d’une répression qui s’intensifie

Au Myanmar, les manifestants continuent de faire face au coup d'État militaire en répondant à l'appel de grève générale pour bloquer l'économie du pays. La junte se fait toujours plus répressive en poursuivant les tirs à balles réelles.

mardi 9 mars

Crédits photo : AFP

Le 1er février, Min Aung Hlaing, le chef des forces armées, a effectué un coup d’État militaire au Myanmar (ex-Birmanie). Durant tout le mois de février, un vaste processus de manifestations de millions de personnes contre le coup d’État s’est développé, la classe ouvrière jouant un rôle de premier plan.

Les mobilisations contre le coup d’État militaire restent fortes malgré l’intensification de la répression. Trois personnes ont de nouveau été tuées lors de manifestations contre le pouvoir militaire. Deux manifestants ont été abattus lors d’un affrontement avec la police dans la ville de Myitkyina, au nord du pays, a déclaré un médecin de l’agence de presse AFP. Plusieurs personnes ont été blessées par balles, rapportent les médias. La police a utilisé des gaz lacrymogènes contre les manifestants. Ils ont ouvert le feu à balles réelles sur les personnes qui avaient auparavant lancé des pierres sur les forces de sécurité.

Au total, 18 syndicats ont appelé à une grève à l’échelle du pays. De nombreux fonctionnaires boycottent actuellement le travail en signe de protestation. Dans la capitale, Naypyidaw, les forces de sécurité ont tiré des gaz lacrymogènes sur environ 1000 personnes. À Yangon, la plus grande ville du pays, de nombreux magasins, banques et usines ont fermé. Malgré la menace des militaires, de nombreuses personnes se sont rassemblées pour des marches de protestation dans la métropole économique. La police a même contrôlé des véhicules dans le centre afin d’empêcher la population de participer aux manifestations, tout en continuant d’utiliser des grenades aveuglantes pour disperser des gens.

Dans le quartier de Sanchaung, la situation risque de s’exacerber. Malgré le couvre-feu nocturne, pendant la soirée, des milliers de personnes dans de nombreux quartiers de la ville descendent dans la rue pour obtenir un retrait de la police et de l’armée. Le quartier est entièrement gardé par des pans de l’armée, de sorte que les habitants sont encerclés.

Après d’autres manifestations violentes, l’armée a bouclé le quartier de Sanchaung à la recherche de 200 militants et s’est préparée à perquisitionner les maisons ce lundi soir. À partir de 18 heures, la police a commencé à fouiller trois maisons et appartements des manifestants afin d’identifier tous les opposants de la répression du militaire. En outre, les manifestants sont poursuivis par des coups de feu.

Face à toute cette répression, la mobilisation ne faiblit pas, même à l’inverse. Les manifestants s’auto-organisent avec des entraînements des premières lignes qui, équipées de grands boucliers, apprennent tantôt à charger, tantôt à se replier. Dans les rues de la capitale, les manifestants ont aussi construit des barrages au niveau des routes pour bloquer la police et s’en protéger.

Même si de nombreux salariés étaient déjà en grève, neuf des plus grands syndicats ont appelé à un arrêt complet et prolongé de l’économie à partir de lundi. Résultat : les usines textiles, un secteur en plein essor avant le coup d’État du 1er février, les centres commerciaux, les banques et les postes restent fermés. Les appels à la grève ont déjà eu de graves répercussions sur l’économie du pays. Malgré la situation grave et la violence de l’armée, la lutte dans ce pays est d’une grande importance pour la classe ouvrière. Cet appel suivi d’une journée de grève générale donne de l’espoir en ce mouvement qui ne faiblit pas en ayant recours à différents outils de luttes pour défendre les droits démocratiques, que ce soit la manifestation pour faire face à l’armée ou la grève pour bloquer l’économie du pays et paralyser la junte.




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