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Politique

La loi anti-casseurs en marche

Nantes. 14 Gilets jaunes en garde à vue pour.. un atelier banderole la veille de l’acte 22 !

La veille de l'acte XXII, à Nantes, alors que des Gilets jaunes organisaient un atelier banderoles et affiches en vue de la manifestation de ce samedi, 15 d'entre eux ont été interpellés, dont 14 placés en garde à vue. Des arrestations préventives dans le but clair de les empêcher de manifester. Dans le contexte de répression ambiant, ces arrestations pourraient sembler anodines ou être banalisées. Mais celles-ci sont à prendre très au sérieux et en disent long sur le danger que représente la loi anti-casseurs promulguée cette semaine, à l'égard de l'ensemble du mouvement social.

samedi 13 avril

L’acte XXII est la première journée de mobilisation des Gilets jaunes depuis la promulgation de la loi anti-casseurs, qui s’inscrit dans l’envolée liberticide et répressive adoptée par le gouvernement ces dernières semaines. Un acte sous le signe de la répression donc, avec comme épicentre Toulouse, où les manifestants subissent une répression sans précédent, dans le but clair de les empêcher de manifester.

Cette répression s’est accompagnée en amont d’arrestations préventives, qui ne sont pas nouvelles mais qui prennent une tournure de plus en plus importantes et inquiétantes du point de vue de notre droit à manifester. A Nantes, vendredi après-midi, vers 15heures , alors qu’un atelier banderole était organisé pour l’acte XXII, 15 Gilets jaunes y participant ont été interpellés, dont 14 placés en garde à vue – qui a duré 24h. Une personne en fauteuil roulant à quant à elle été relâchée dans la soirée.

La justification de ces arrestations : « la participation à un groupement en vue de commettre des dégradations et des violences ». Un motif monté de toute pièce et totalement infondé. Un avant goût amer de du rôle que jouera la loi anti-casseurs dans la répression des militants et des mouvements sociaux.

Une participante, Fleur, présente à cet atelier de fabrication de banderoles et d’affiches, témoigne dans un article de France 3 Régions : « Quand je suis arrivée, il y avait plusieurs voitures de police, , un camion cellulaire et de nombreux policiers en tenue et en civile. On aurait dit une opération anti-criminalité. Il y avait même un chien dans un des véhicules même s’ils ne l’ont pas descendu. Le dispositif était très impressionnant ». « Ils ont encerclé tout le monde. Ils ont contrôlé les identités, pris des photos individuelles. Chacun son tour. C’était très humiliant pour eux  » poursuit-elle.

D’autres militants interrogés ont jugé le dispositif policier "totalement disproportionné" , dénonçant, légitimement, "un empêchement de participer à la manifestation de ce samedi".

Un rassemblement de soutien devant le commissariat, pour exiger leur libération a été organisé par ces derniers.

Face à ces tentatives d’intimidations et à cette politique de la terreur menée par le gouvernement à travers son bras armé, la réponse collective et l’auto organisation sont des réflexes très positifs et centraux à poursuivre. Par ailleurs, cet énième cas de répression n’a pas entaché la détermination des Gilets jaunes présents qui ont, dans leurs témoignages, affirmé que cela ne les empêchera pas de manifester ce samedi.

Les quatorze militants qui ont été arrêté et placé en garde à vue ont quant à eux été relâché ce samedi dans l’après midi.

Ces arrestations et mises en garde à vue peuvent paraître anecdotiques, dans un contexte où les arrestations préventives ont déjà été utilisées à plusieurs reprises depuis le début de la mobilisation des Gilets jaunes. Mais ces interpellations, qui s’inscrivent suite à la promulgation de la loi anti-casseurs, sont à prendre très au sérieux et témoignent de l’attaque sans précédent qu’il y a actuellement en cours à l’égard de l’ensemble du mouvement social, contre les droits démocratiques que l’on a acquis par le passé, contre le droit à manifester, contre le droit à exprimer son opposition à la politique menée par le gouvernement et au système actuel. Et ces arrestations, mises en place pour empêcher les Gilets jaunes d’aller manifester pour l’acte XXII, témoigne une nouvelle fois qu’en réalité, à travers la loi anti-casseurs, ce sont les militants des Black blocks qui sont visés, mais également et évidemment les Gilets jaunes ainsi que l’ensemble du mouvement social.




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