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Navigo à 100€ ? Pécresse fait peser la menace pour faire pression et nous préparer à payer la crise

Ce mercredi, Valérie Pécresse, présidente d’Île-de-France Mobilité, a déclaré que le prix du pass Navigo devrait augmenter en 2023 au nom de la crise énergétique. Yassine, machiniste à la RATP, dénonce cette façon de faire payer la crise aux couches populaires.

lundi 19 septembre

Crédits photos : Philippe LOPEZ / AFP

Lors d’une rencontre avec une association de consommateurs, la Fédération nationale des associations d’usagers des transports (Fnaut), Valérie Pécresse a déclaré ce vendredi que le pass Navigo devrait faire l’objet d’une augmentation en 2023..

« Nous allons avoir face à nous la déferlante 2023 » a-t-elle expliqué en évoquant la crise énergétique et une « hausse de 950 millions d’euros des coûts pour l’exploitation du réseau. » Face à cette situation, la présidente de la région n’a pas hésité à brandir la menace d’une augmentation qui pourrait monter jusqu’à 100 euros, tout en disant « refuser » une telle hausse.

En réalité, pour la ténor des Républicains, il s’agit de faire pression sur la RATP, la SNCF et l’Etat pour qu’ils contribuent à financer le réseau... mais aussi de préparer les travailleurs et les classes populaires à payer la crise énergétique. Pécresse est en effet connue pour avoir augmenté le Pass Navigo deux fois en 7 ans et il y a fort à parier pour qu’une fois de plus nous payions l’augmentation du prix de l’énergie.

Or, dans le contexte de crise actuelle, une augmentation, même de quelques euros, serait un coup de massue pour les usagers qui subissent de plein fouet l’inflation et qui vont devoir faire face à une augmentation de 15% de leurs factures d’électricité et de gaz à partir de janvier. Yassine, machiniste à la RATP et militant CGT au centre bus de Malakoff, dénonce ainsi l’hypocrisie des déclarations de Pécresse : « Derrière la volonté de nous faire payer la facture énergétique, c’est les profits des grosses entreprises de l’énergie que l’on paye. Celles-ci s’engraissent sur la crise. Il faudrait les exproprier ! » note-t-il.

Cette augmentation est également à rebours des mesures qu’il faudrait prendre pour affronter la crise écologique et énergétique. En effet les transports en commun sont le moyen de se déplacer le plus écologique, d’une importance fondamentale après un été où les conséquences du réchauffement climatique se sont faites sentir de façon violente. « Ce n’est pas vers une augmentation qu’il faut aller, mais vers la gratuité totale de nos transports » précise en ce sens Yassine.

Alors que les transports sont frappés par des difficultés de recrutement, du fait de la faiblesse des salaires, qui conduit à une dégradation du service à un moment où celui-ci est plus essentiel que jamais, Yassine conclue : « les travailleurs et les usagers devraient avoir leur mot à dire sur la direction des entreprises de transports, pour maintenir la qualité du service. Des entreprises de transport sous contrôle des travailleurs et des usagers, pour des transports en commun gratuits, organisés en fonction des besoins et non des profits, voilà ce dont on a besoin pour faire face à la crise écologique. »



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