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Politique

Extrême-droite

Néo-nazis, identitaires, négationnistes : des candidats du RN au passé sulfureux

A l'approche des élections régionales, les révélations autour des têtes de liste du RN se multiplient. Entre un ancien cadre du Bloc Identitaire en Occitanie, et des fréquentations néo-nazies, le profil de ses candidats est un bon rappel de ce qu’est vraiment ce parti, loin de l’image « dédiabolisée » qu’il s’évertue à construire.

vendredi 4 juin

Le Rassemblement National a récemment annoncé que son actuel conseiller régional d’Île-de-France, Axel Loustau, ne souhaitait pas se représenter sur la liste en vue des prochaines élections régionales. Derrière des justifications personnelles, il s’agit en réalité pour le RN d’éloigner un élu, dévoué et grand ami de Marine le Pen, mais gênant pour la stratégie de dédiabolisation que celle-ci souhaite appliquer à son parti.

Et pour cause : l’élu, aussi trésorier du micro-parti Jeanne et chargé des finances de la campagne présidentielle du RN de 2017, est un ancien membre du Groupe Union Défense (GUD), groupuscule d’extrême droite usant d’actions violentes, notamment dans le milieu universitaire. C’est pendant son militantisme au GUD qu’il rencontre, en 1992 à Madrid, Léon Degrelle, ancien général de la Waffen SS, « mon général, c’est un très grand honneur de vous voir », lui disait-il avant de lui faire dédicacer un livre. Axel Loustau dispose également de nombreux comptes Facebook secrets, sous pseudonymes, découverts en 2017 par Médiapart et Marianne, via lesquels il multiplie les propos négationnistes, les références au Troisième Reich, ainsi qu’une photo de lui faisant le salut nazi.

Sa relation amicale avec Marine Le Pen est toujours au beau fixe, et malgré son retrait de la liste des régionales, il reste à ses postes de responsabilité au sein du parti. Il y a celui que le RN préfère écarter des scrutins pour éviter que ne soit renvoyée l’image embarrassante d’un parti qui se voudrait présentable mais abriterait des néo-nazis ; et il y a ceux qui sont toujours bien en place au sein des listes, alors qu’ils n’ont rien à envier au parcours d’Axel Loustau.

C’est le cas notamment de Romain Carrière, tête de liste du RN aux régionales en Haute-Garonne et départementales, dans le canton de Castelginest. Le journal Libération a rappelé son passé de militant historique de la mouvance identitaire dans le Sud-Ouest, ainsi que cadre du Bloc Identitaire, aux alentours de 2010, et également chargé de la « formation au combat » du groupe Génération Identitaire.

Le candidat tête de liste de Bretagne, Gilles Pennelle, et aussi délégué national aux fédérations RN, est pointé pour sa part pour avoir été membre de Terre et Peuple, un groupuscule fondé en 1994 et prônant une idéologie néopaïenne, racialiste et se réclamant du courant de pensée du Völkish, l’une des bases théoriques du nazisme.

Enfin, Philippe Vardon, chef de file du RN dans la région de Nice et candidat sur la liste de Thierry Mariani en Paca, a de son côté été proche du néo-nazisme, avant de militer au sein du groupe Unité Radicale, où il crée l’Union de Défense des étudiants nationalistes. Unité Radicale sera dissoute en 2002 suite à la tentative d’assassinat de Jacques Chirac par l’un de ses membres. Philippe Vardon fonde ensuite Nissa Rebela en 2005, groupe issu du Bloc Identitaire qui se livre à plusieurs types d’action abjectes, notamment les distributions de soupes populaires au porc, pour en exclure les musulmans. La tête de liste en question a par ailleurs, selon Nice Matin qualifié de "sympathique" le passé de son colistier.

Malgré tous ses efforts, le Rassemblement National peine à cacher sa vraie nature, celle d’un parti nauséabond où se croisent les idéologies identitaires, racistes, négationnistes et néo-nazies.




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