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Accident du travail

Neuhauser. Un ouvrier victime d’un accident grave : la direction est responsable !

Le 7 mai, un ouvrier de la boulangerie industrielle Neuhauser en Moselle a eu un accident grave sur son lieu de travail. Comme le souligne la CGT Neuhauser, la direction est responsable. Plus de 650 000 accidents du travail se produisent chaque année : face à l'insécurité au travail, la réponse ne viendra pas des patrons mais de l’auto-organisation des travailleurs !

lundi 10 mai

Crédit Photo : CGT Neuhauser

Ce vendredi 7 mai, un agent d’infrastructure chez Neuhauser âgé de 54 ans a été victime d’un grave accident sur son lieu de travail. Il a fait une chute de plus de huit mètres de hauteur en tombant d’une passerelle qui, selon le rapport interne, "n’était pas équipée de garde corps”. Sa chute a été interrompue à quatre mètres de hauteur, entre deux parois avec un “espace vide très étroit [mais] tout de même suffisant pour y chuter” dans lequel il est resté bloqué plusieurs heures en attendant l’intervention des pompiers. Transféré à l’hôpital, son pronostic vital n’est pas engagé mais sa chute lui a causé une épaule et huit côtes cassées ainsi qu’un poumon perforé. Il lui faudra néanmoins plusieurs mois de convalescence avant de pouvoir reprendre son activité.

C’est le deuxième accident grave en moins d’un an dans l’entreprise, avec un total d’une vingtaine d’accidents par an. Selon la CGT, ces accidents récurrents sont dus aux conditions de travail sur le site ainsi qu’à un sous-effectif chronique dans l’entreprise. A titre d’exemple, en 2017, trois responsables étaient en charge d’un même site de production, alors qu’aujourd’hui un responsable doit gérer trois sites. Les sous-effectifs sont directement corrélés aux coupes budgétaires faites par la direction de l’entreprise, dans l’unique but de faire des économies au détriment de la sécurité des ses salariés. Si la direction prétend faire de la sécurité une priorité, en réalité, à part des “journées de sécurité", rien n’est mis en place pour protéger les salariés : preuve en est l’absence de barrières qui ont causé la chute d’un ouvrier vendredi.

Mais Neuhauser n’est pas un cas isolé. En effet, cette inaction des patrons concernant les risques sur les lieux de travail est systématique. Selon l’assurance maladie, en 2019, il y aurait eu plus de 650 000 accidents de travail et, selon Le Figaro,plus de 500 salariés meurent au travail chaque année en France. Depuis le début de l’année, 122 morts sur leur lieu de travail ont été recensés par Mathieu Lépine (Accident du travail : silence, des ouvriers meurent->https://www.facebook.com/DuAccident]), le dernier nom s’étant ajouté à la triste liste pas plus tard que ce lundi. Les conditions de travail des salariés ne sont jamais la priorité des directions d’entreprises, la priorité des capitalistes restera toujours leurs profits.

Alors que la bourgeoisie tente de nous inculquer l’idée que le patronat fait tout son possible afin de protéger les salariés, les chiffres édifiants d’accidents et de morts par an en France montrent bien l’absence de réelles mesures. Si l’on entend que les grands patrons prennent des risques à investir dans des sociétés, la réalité est que les actionnaires voient leurs profits exploser dans des périodes de crise économique comme celle que nous traversons pendant que notre classe subit les plans sociaux et les licenciements à répétition. Le seul risque pris est celui que le travailleur prend tous les jours en allant sur son lieu de travail, où il n’est pas en sécurité et où il peut risquer sa vie pour un salaire de misère pendant que les actionnaires empochent des dividendes toujours plus grands. C’est pourquoi, en définitive, seuls les ouvriers eux-mêmes sont en capacité d’assurer leur sécurité, et seule l’auto-organisation depuis le lieu de travail peut offrir cette perspective.




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