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Politique

Non à la loi Sécurité Globale !

“Nique le !” Des policiers frappent et interpellent violemment un homme à Vitry-Sur-Seine

C’est dans un contexte de mobilisation contre la loi sécurité globale (interdisant entre autres la diffusion d’images de violences policières), qu’est partagée ce dimanche une vidéo attestant d’une énième interpellation violente par la police, qui continue à sévir sans impunité dans les quartiers populaires.

jeudi 19 novembre

Nouvelle scène de violences policières à Vitry. Plusieurs témoins de la scène, depuis leurs balcons et fenêtres, ont appelé à filmer l’interpellation, et à en dénoncer la violence sur les réseaux sociaux. En effet, les images sont explicites : deux policiers tiennent fermement le jeune homme, lui assènent plusieurs coups de poings au niveau de la tête, et on entend même un policier crier à son collègue “Nique le, vas-y, nique le !”. Pierre Bell-Lloch, le maire de Vitry-sur-Seine (PC), s’indigne de ces violences policières en rappelant que cette interpellation a été mise en acte “au mépris des procédures en vigueur”.

Un témoignage d’une source policière stipule que l’interpellation, extrêmement brutale, partait d’un contrôle d’un véhicule aux abords “suspects”, devant lequel se tenait l’interpellé.. En d’autres termes, très peu d’éléments faisaient à ce moment là office de preuves contre le jeune homme, qui prend la fuite à la vue des policiers. S’engage alors une course-poursuite en direction de la cité Balzac, débouchant sur les violences mises en lumière par la vidéo. Ce schéma course-poursuite/violences policières s’inscrit malheureusement dans la sanglante lignée des décès de Zyed Benna et Bouna Traoré (2005), Malek Saouchi (2010) ou encore Adam Soli et Fatih Karakus (2019)… Longue est la liste. 

Et pour cause, les réglementations qui entourent la note de la police nationale au sujet de la gestion des courses poursuites, datant de 1999, laissent l’entière liberté à la police de déterminer la gravité de la situation, et de l’ampleur des réponses qui lui sont associées. La dite “notion du discernement” a pour conséquence la course-poursuite quasi-systématique, et ce surtout dans les quartiers populaires et auprès des populations racisées, car elle légitime de fait le choix des policiers. Cela permet également aux médias dominants d’établir une justification des actes en présupposant la culpabilité des interpellés, et ainsi tenter de justifier par anticipation les violences qui s’ensuivent. Mais rien ne peut justifier un tel déferlement de violence de la part des policiers, violence pourtant structurelle au sein de cette institution – cette énième vidéo venant une fois de plus illustrer qu’il ne s’agit pas de « bavures » isolées, mais bien de l’expression d’une violence structurelle et institutionnelle.

Il est aussi fondamental de noter que l’enregistrement et la diffusion de vidéos de violences policières tend à être interdite, via la loi sécurité globale, qui vise à étendre le pouvoir des forces de police, et s’attaquer toujours plus à nos droits. Il est important de se mobiliser massivement contre cette offensive sécuritaire et l’attaque anti-démocratique que représente cette loi, qui vient renforcer et légitimer les violences policières comme celles qui ont eu lieu à Vitry-sur-Seine.




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