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Politique

Les remerciements de Macron à l'armée.

"Noël aux côtés de nos soldats" : histoire d’un enfumage médiatique

Que reste-t-il à ce pouvoir pour gouverner ? Une police d'abord, qui se prête avec joie à la violence et une armée, ensuite, pour l'heure cantonnée sur différents « théâtres d'opération », notamment au Tchad où Macron a choisi d'aller à la cantine avec les soldats pour le réveillon. Grâce à eux, nous dit Macron, nous sommes en « sécurité ».

mercredi 26 décembre 2018

Photo : Ludovic Marin / AFP

On a enquêté, on s’est posé la question : que veut dire Macron par là ? Il ne s’agit évidemment pas de la sécurité économique, ni de celle de nos conditions de travail, ou des perpectives qui s’offriront à nos enfants. Il ne s’agit pas de la sécurité de pouvoir s’inscrire en fac avec n’importe quel bac, ni de celle qui accompagne les choix d’orientation. On gage qu’il ne s’agit pas non plus de la sécurité climatique, avec une politique qui irait à contre-courant de la destruction de la planète. Ni de la sécurité des manifestants et des manifestantes, des lycéens aux abords de leurs lycées, des retraités sur les rond-points, des gilets jaunes, des handicapés laissés à plus de précarité. Ce serait bien étrange que Macron parle de ces sécurités-là, quand tout son programme consiste à les défaire. Logiquement, on peut donc les éliminer.

Alors la sécurité de qui, de quoi ? Une sécurité qu’on gagne à coup d’armes et de chars d’assaut, on aura vite fait de conclure qu’il s’agit de celle des intérêts de la bourgeoisie française. Une sécurité qui se conquiert par la guerre : Macron cultiverait-il un tropisme orwellien ? La sécurité, c’est la guerre ? Ces guerres françaises dont l’effet pour le moins collatéral a été de provoquer des morts en France, par un retour de bâton que le plus naïf des impérialistes aurait pu prévoir. Leurs guerres, nos morts et, résultat qui laisse sceptique, une opération Sentinelle sur tout le territoire, des militaires dans les gares, dans les rues. Ce truc-là, chez Macron, s’appelle « sécurité », donc ?

A moins qu’il ne s’agisse encore d’une autre sécurité, implicite, et que derrière les remerciements se cache une supplication : la sécurité de Monsieur Macron lui-même. On l’a imaginé réfugié dans un bunker, mais lui, apparemment, se rêve derrière les corps multipliés de la police et de l’armée. On comprend en tout cas qu’il faille les remercier, l’isolat macronien et sa logique hors-sol vont avoir besoin de bras pour défendre un gouvernement auquel plus personne n’arrive à croire.




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