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Politique

Crise sanitaire

Noël sous Covid : 4000 personnes en réa pendant les fêtes selon Attal, le gouvernement responsable

Selon Attal, le nombre de patients en réanimation devrait « atteindre les 4000 autour des fêtes ». Alors que la situation sanitaire s’accélère et que le variant Omicron risque de se propager de manière exponentielle, le gouvernement continue de fermer les yeux : il est indispensable de se donner réellement les moyens de lutter contre l'épidémie, mais aussi de palier à l'urgence et d'exiger immédiatement des moyens dans les hôpitaux !

mercredi 15 décembre 2021

Ce mercredi, au sortir du Conseil des Ministres, Gabriel Attal a annoncé que le chiffre de patients en réanimation « devrait dépasser 3000 très rapidement et atteindre les 4000 autour des fêtes. » En effet, ces dernières semaines, la situation sanitaire s’accélère nettement : les hôpitaux font face à une montée de la cinquième vague et de la propagation du variant Delta, ce à quoi s’ajoute l’apparition du variant Omicron, dont la multiplication au Royaume-Uni et au Danemark doit alerter. Ce mardi, 63 405 nouveaux cas de Covid ont été détectés et 1700 hospitalisations et 400 entrées en réanimation ont eu lieu. Pour Gabriel Attal, « la pression va continuer à s’accentuer durant les prochaines semaines ».

Si le porte-parole du gouvernement a affirmé que « les plans blancs mis en place dans de nombreuses régions vont permettre de s’organiser et d’éviter la congestion de l’hôpital en fin d’année », la réalité semble toute autre. En Occitanie par exemple, où le plan blanc a été déclénché il y a un peu plus d’une semaine, 1324 hospitalisations sont en cours, dont 275 en réanimation. « Mais ces services de réanimation sont déjà occupés à 93% de leurs capacités au regard de l’ensemble des pathologies prises en charge en cette période hivernale », explique l’Agence Régionale de Santé d’Occitanie. Au CHU de Bordeaux, où le plan blanc a également été activé mercredi 8 décembre, 400 lits sont fermés dans tout l’hôpital faute de personnel.

Une fois de plus, la gestion de la crise repose sur les soignants à l’hôpital, déjà épuisés par les quatre vagues précédentes. Si Gabriel Attal a annoncé que le gouvernement allait prendre « de nouvelles décisions d’ici à la fin de la semaine », ce dernier est dans une position délicate : à l’approche des élections présidentielles, il cherche à éviter à tout prix de nouvelles mesures restrictives de façon à éviter de mettre une chape de plomb sur l’économie. Depuis le début de la cinquième vague, sa stratégie consiste à fermer les yeux et mener la politique du MEDEF en refusant de revenir sur la non-gratuité des tests et de mettre des moyens dans les hôpitaux. Et ce, en faisant reposer la responsabilité de la crise sur le dos de la population, à l’image des prochaines nouvelles mesures annoncées qui, selon Attal, concerneraient l’adoption des « recommandations nécessaires pour les fêtes de famille ».

Dans ce contexte, et face à la cinquième vague et à l’arrivée du variant Omicron, il est plus que jamais essentiel de se mobiliser pour imposer un plan sanitaire à la hauteur de la situation. D’une part, à rebours de l’autoritarisme sanitaire, il nous faut un plan qui réponde à la nécessité de faire avancer la campagne de rappel vaccinal, en mettant des moyens pour généraliser l’accès à la troisième dose. De ce point de vue, les directions du mouvement ouvrier, aux abonnées absentes, ont un rôle fondamental à jouer dans la nécessité pour, à contrario de la stratégie autoritaire du gouvernement, chercher à convaincre plutôt que de contraindre la population non vaccinée d’aller se faire vacciner. D’autre part, il faut chercher à briser les chaînes de contamination, et ce en imposant la gratuité des tests, mesure essentielle pour endiguer l’envolée des cas. Enfin, il est impératif de ré-injecter de façon massive des moyens dans l’hôpital public, d’embaucher largement du personnel et d’augmenter les salaires des soignants, en première ligne depuis le début de la crise.




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