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Politique

Mensonge raciste

Non, Anasse Kazib ne refuse pas de serrer la main aux femmes ! Retour sur une fake news

La simple présence du candidat de Révolution Permanente à la manifestation contre les violences sexistes et sexuelles de samedi a déclenché une nouvelle offensive. Des journalistes, TERFs et autres réactionnaires mobilisent pour l’occasion une fake news récurrente selon laquelle le cheminot refuserait de serrer la main des femmes. Un mensonge raciste.

lundi 22 novembre

Crédits photo : O Phil des Contrastes

Samedi, Anasse Kazib, cheminot et candidat à la présidentielle pour Révolution Permanente était présent à la manifestation contre les violences sexistes et sexuelles organisée par Nous Toutes. Au cours de la journée, il a pris le mégaphone dans le cortège de Du Pain et des Roses, animé par des militantes de son organisation. « Je suis fier d’être à vos côtés, on va porter la lutte contre le patriarcat jusqu’au bout en 2022 notamment face aux discours des Xavier Bertrand, Zemmour et compagnie » a-t-il notamment expliqué avant de faire courir le cortège, dans la tradition des manifestations cheminotes.

La vidéo de ce court moment à suffit à exciter tout ce que Twitter compte de réactionnaires. « Cet homme refuse de serrer la main aux femmes de son entreprise. Ces dames hostiles aux discriminations l’applaudissent. Un troupeau de dindes applaudissant le commis d’abattoir » a ainsi expliqué la journaliste de L’Opinion Emmanuelle Ducros. «  Moi je vois un mec qui cautionne le patriarcat islamique » a de son côté pointé la médiatique Fatiha Agag-Boudjahlat dont les amis se sont empressés de réagir dénonçant « celui qui ne voulait pas serrer la main des femmes » mais s’en prenant également aux manifestantes traitées de « blondes » ou « d’idiotes utiles ». Une offensive également relayée par des féministes TERFs connues comme Marguerite Sterne.

Refus de serrer la main aux femmes : une fake news de l’extrême-droite

Cette nouvelle offensive raciste a largement repris l’idée qu’Anasse Kazib « refuserait de serrer la main aux femmes ». Cette fake news est mobilisée depuis 2019 contre le syndicaliste, comme la preuve que celui-ci serait un dangereux islamiste menaçant les droits des femmes. A l’époque, c’est notamment Valeurs Actuelles qui l’avait diffusée dans un article intitulé « Un syndicaliste revendique le droit de ne pas serrer la main d’une femme. »

En cause, une intervention du cheminot datant de la marche contre l’islamophobie de novembre 2019 où Anasse Kazib pointait : « En tant que militant Sud Rail à la SNCF, je veux mettre un signal d’alarme là-dessus, parce qu’on a des collègues aujourd’hui qui se font licencier parce qu’ils ne disent pas bonjour, ils ne serrent pas la main, ils ne font pas la bise. » Or, le syndicaliste décrivait ainsi des affaires instrumentalisant les droits des femmes pour justifier le licenciement de cheminots.

« Un salarié avait refusé de dire bonjour à sa DRH par rapport à une question d’augmentation salariale, rien à voir avec la religion. Sauf qu’il est musulman et que sur sa sanction ils ont expliqué que c’était par sexisme du fait qu’il soit musulman » avait notamment expliqué le cheminot sur RMC à l’époque. Une affaire qui en évoque d’autres, comme ce chauffeur de la RATP accusé, par un homme « revendiquant son islamophobie », d’avoir refusé à sa fille de monter dans son bus parce qu’elle portait une jupe. En réalité, la CGT RATP avait expliqué que celle-ci n’avait pas pu monter parce qu’elle souhaitait que le bus lui ouvre ses portes entre deux arrêts, à un feu rouge…

Une nouvelle attaque raciste

Au-delà de ces affaires, l’accusation porte à sourire pour quiconque a rencontré Anasse Kazib et connaît ses combats. Celui-ci est en effet de toutes les mobilisations pour les droits des femmes ou des LGBT depuis des années. On a ainsi pu voir le syndicaliste dénoncer à la télévision les effets du jour de carence sur les travailleuses femmes atteintes d’endométriose, tandis que de nombreuses militantes féministes partagent régulièrement la tribune d’évènements politiques ou de meeting avec lui.

En réalité, la fausse information a une seule vocation : laisser entendre que Anasse Kazib serait hostile aux droits des femmes. Une accusation d’autant plus scandaleuse qu’elle est notamment relayée par des militant·e·s d’extrême-droite qui ont constamment lutté contre les mesures allant dans le sens de l’émancipation des femmes. Mais une accusation qui est également profondément raciste et indissociable du fait que le cheminot est d’origine maghrébine.

Dans une vidéo publiée sur Twitter, Anasse Kazib s’en est amusé : « Vous avez vu ce niveau de haine ? Ils ne me lâchent pas. Pour eux soit t’es arabe, soit t’es féministe. Mais les deux, c’est comme boire ou conduire, il faut choisir. » « Ca va à l’encontre de tout leur récit raciste et xénophobe. Toute la journée ils sont contre les femmes voilées, les arabes, les hommes noirs, en boucle, et donc quand t’as un gars issu de l’immigration qui dénonce le patriarcat, les violences économiques, sexistes et sexuelles faites aux femmes, ça va à l’encontre de leur projet et de leur récit ! » a-t-il ensuite noté.

Alors que les campagnes réactionnaires s’enchaînent à chaque intervention publique du cheminot, il est fondamental de dénoncer haut et fort ces attaques. Déjà en octobre, Anasse Kazib avait été menacé de mort et de « rémigration » dans plus de 10.000 tweets, derrière lesquels on retrouvait de nombreux soutiens de Eric Zemmour. Mais l’attitude d’une journaliste comme Emmanuelle Ducros, qui travaille pour le journal réputé sérieux L’Opinion, rappelle à quel point ces attaques racistes ne sont pas l’apanage de l’extrême-droite.

Du côté des manifestantes, insultées elles aussi dans le cadre de cette offensive, Camille Lupo, militante à Révolution Permanente s’est également exprimée en réaction notamment aux publications de Marguerite Stern qui s’en prenait à Anasse Kazib. « Ce que montrent les TERFs c’est que la vraie violence pour elle ce n’est pas l’agression de manifestantes féministes par l’extrême-droite, mais le soutien d’un candidat maghrébin aux luttes féministes. Un candidat qui porte un programme de luttes pour les exploités, les opprimés et porte en son cœur la lutte contre le patriarcat… Moi je suis extrêmement fière d’avoir participé à ce cortège qu’elles insultent » a-t-elle expliqué dans une vidéo.




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