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Répression massive

« Non à la guerre ». Plus de 5000 manifestants anti-guerre arrêtés en Russie, solidarité !

Malgré la répression et la censure des médias imposée par Poutine, des milliers de russes sont descendus dans les rues et sur les places de plus de 65 villes sur tout le territoire pour s'opposer à la guerre en Ukraine ce week-end. Plus de 5000 manifestants ont été arrêtés, et la répression a été violente.

Boris Lefebvre

7 mars 2022

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Crédits photo : Capture d’écran BBC / Manifestante frappée au sol à Ekaterinburg

Sur la place Rouge de Moscou, ce week-end, les manifestants venus braver l’interdiction de manifester contre la guerre en Ukraine ont à peine eu le temps de se regrouper que les autorités russes les ont arrêtés, aux cris de « non à la guerre ! » et « Poutine, enfoiré ».

Dans un pays où les termes de « guerre » et d’« invasion » ont été proscrits des médias, la moindre contestation du régime est sévèrement punie. « C’est de la répression, la police prend les gens et les embarque un par un, c’est un cauchemar » résume un manifestant face à l’autoritarisme poutinien.

Ils étaient pourtant des milliers à manifester dans plus de 65 villes du pays ce dimanche en opposition avec leur gouvernement et en solidarité avec le peuple ukrainien. De Saint-Pétersbourg à Moscou en passant par Ekaterinbourg, Novossibirsk, Perm, Nijni Novgorod ou encore Vladivostok, les manifestants se sont rassemblés pacifiquement sur les places avec des pancartes contre la guerre, des roses blanches et le slogan « Non à la guerre ! ».

La répression contre ces manifestations a été féroce. Le pouvoir poutinien, encore plus autoritaire, ne tolère aucune contestation. Près de 1632 manifestants ont été arrêtés à Moscou, 1194 à Saint-Pétersbourg et aux alentours de 200 dans les villes de Novossibirsk et d’Ekaterinbourg. En tout et pour tout, plus de 5000 manifestants ont été arrêtés.

Les quelques images qui nous sont parvenues font état de la violence de la police et la brutalité avec laquelle les manifestants sont traités : coups de matraque, taser, manifestants embarqués, frappés au sol, immobilisés par plusieurs policiers suréquipés... Mais la répression s’abat aussi sur les personnes passants à proximité des rassemblements. Les forces de répression fouillent les téléphones et traquent tout message suspect aux yeux des autorités.

En Russie, Poutine a fait passer le 4 mars une loi rendant passible de 15 ans de prison toute publication « d’informations mensongères » sur l’armée ou qui réclament des sanctions contre la Russie. Les réseaux sociaux comme Facebook ou Twitter ont également été bloqué alors que plusieurs médias comme la BBC, Deutsche Welle, Meduza, Radio Svoboda ou encore Voice of America ont vu leur accès restreint sur le territoire russe.

Depuis le 24 février dernier, date de l’invasion russe en Ukraine, ce ne sont pas moins de 11 000 manifestants qui ont été arrêtés par les autorités russes selon l’ONG ODV-Info. Le pouvoir émanant du Kremlin a considérablement renforcé la répression. Le journaliste Paul Gogo, correspondant à Moscou pour Ouest-France, parle même d’« état de siège » dans le centre de Moscou avant la manifestation tellement la présence policière est importante.

Le bonapartisme de Poutine s’accentue à mesure que la crise ukrainienne s’étend et la répression est à la hauteur des enjeux pour le pouvoir russe. Pour autant, l’OTAN ne constitue en aucun manière une solution. Profitant de l’attaque russe pour renforcer son militarisme, l’OTAN participe de la logique guerrière à l’oeuvre en Ukraine. Soutien aux mobilisations contre la guerre dans le monde entier, soutien aux mobilisations qui exigent le retrait des troupes russes et dénoncent le réarmement de l’OTAN et des puissances impérialistes occidentales !


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