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Répression

Non au licenciement de Manu, agent GRDF accusée d’avoir dépanné des masques FFP2 à une collègue !

Conseillère clientèle à l’accueil téléphonique de GRDF à Brétigny sur Orge (91), Manu est sous le coup d'une procédure de licenciement sur un motif complètement aberrant : avoir utilisé la messagerie de l'entreprise pour fournir des masques FFP2 à une collègue dans le besoin, en mars dernier.

mardi 20 octobre

Différentes sections syndicales CGT de l’énergie appellent à faire grève et se solidariser avec Manu, conseillère GRDF sous le coup d’une procédure de licenciement, ce mardi à Nanterre. L’accusation à laquelle elle fait face est tout simplement aberrante, plus encore en pleine crise sanitaire, comme le rapporte différentes sections CGT :

"Ce qu’il s’est passé : Nous sommes en mars 2020, la crise COVID se révèle brutalement, nous sommes tous anxieux et personne ne peut se procurer des masques pour se protéger. Et puis, au détour d’une conversation, une collègue dit à Manu qu’elle est inquiète pour elle et sa maman. Immédiatement Manu se débrouille et lui propose une boîte de 50 masques FFP2 en indiquant le prix de 25€. Mesurons qu’aujourd’hui, les masques FFP2 valent 4 fois plus cher que le prix indiqué par Manu et 80 fois moins important qu’au mois de mars. Il n’y aucun doute que Manu a voulu simplement rendre service. Du reste, lorsque Manu a apporté la boite de masques à sa collègue, cette dernière n’était pas là. Alors, en toute innocence et en raison de l’urgence, Manu a confié les masques à son manager pour qu’il les remette à sa collègue, plus tard. Que reproche GRDF à Manu ? Une tentative de vente de masques en utilisant la messagerie de l’entreprise."

Pour Cédric Liechti, responsable CGT Energie Paris que nous avons interviewé, "ils veulent licencier Manu parce qu’elle est proche de la CGT, la réalité c’est celle-là. (...) On est en pleine crise du capitalisme et ils doivent donner des exemples dans toutes les boîtes pour faire peur aux personnels, en licenciant pour des motifs bidons pour faire rentrer dans la tête des collègues qu’aujourd’hui la précarité sonne à la porte, on peut se faire virer pour n’importe quoi. C’est un moyen de répression pour essayer de bâillonner toute résistance et tout esprit critique par rapport au capitalisme et à ce qui se passe en entreprise aujourd’hui".

Salim Khamallah, délégué CGT Énergie OUEST Ile De France, abonde dans le même sens : "La seule réponse que les directions connaissent c’est la répression, le muselage. On veut nous faire travailler plus pour des conditions de travail toujours plus dégradées".

Ce licenciement scandaleux s’inscrit ainsi dans la vague de répression au travail dénoncée depuis plusieurs mois par différents collectifs et syndicats, rappelant le cas d’Anissa Amini, aide-soignante en EHPAD menacée de sanction pour avoir dénoncé les mauvaises conditions sanitaires dans son établissement, ou encore d’Eric Bezou et Alex El Gamal, syndicalistes en procédure de révocation à la SNCF et à la RATP. Cette répression appelle à la solidarité la plus large du monde du travail.

Rassemblement de soutien à Manu ce mardi 20 octobre à 15h à GRDF - 6 esplanade Ch. de Gaulle - 92000 Nanterre




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