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Du Pain et des Roses

Communiqué

Non au licenciement de Rozenn ! S’ils touchent à l’un·e d’entre nous, on se lève et on se bat !

Rozenn, étudiante et travailleuse à Chronodrive, est menacée de licenciement après avoir mené une lutte décisive contre les violences sexistes et sexuelles dans son magasin. Le collectif féministe révolutionnaire Du Pain et des Roses, dont elle fait partie, affirme son soutien dans un communiqué.

jeudi 18 mars

#SOUTIENROZENN #TUNESPASSEULE

Notre camarade Rozenn, étudiante de 19 ans, travailleuse à Chronodrive et militante au sein du collectif féministe Du pain et des roses, a été mise à pied en vue d’un potentiel licenciement. Cette répression, que la direction justifie en condamnant un tweet de Rozenn qui dénonce le gaspillage alimentaire de Chronodrive, fait en réalité suite à une lutte qu’elle a menée contre les violences sexistes et sexuelles dans son magasin, en tant que syndicaliste à la GCT Chronodrive.

Avec ses collègues, elle a notamment dénoncé le rôle de la direction, qui était au courant de ces faits mais les a ignorés et tus. Face à cette inaction, elles se sont organisées pour prendre en charge collectivement la question des violences de genre  : Rozenn a apporté son soutien aux femmes qui étaient victimes de harcèlement et d’agressions, mené des campagnes de témoignages et épaulé ses collègues lors des multiples entretiens avec la direction.

Cette mise à pied intervient dans un contexte marqué par une vague de dénonciation des violences sexistes et sexuelles de grande ampleur. À la fois au sein d’entreprises, des IEP ou dans le cadre de la famille, des milliers de victimes ont pris la parole pour dénoncer ces violences et leur caractère structurel, derrière les hashtags #MeTooInceste #SciencePorcs ainsi que #MeeTooGay. Ces témoignages révèlent la mise sous silence systématique des victimes, la manière dont celles-ci sont au mieux ignorées et au pire réprimées par leur direction (d’entreprise ou d’université), ainsi que par l’État, sa police et sa justice dont le caractère profondément patriarcal n’est plus à prouver. C’est exactement ce qu’illustre le cas de Rozenn : pour avoir osé s’attaquer à l’ordre capitaliste patriarcal, sa direction l’écrase et la menace de sanction.

Plus largement, la crise sanitaire a permis de mettre la lumière sur le rôle central des « premières de corvées  » qui font tourner la société, en première ligne dans des secteurs comme l’éducation, la santé ou la grande distribution – secteurs largement féminisés – et pourtant méprisées au quotidien par leurs directions et par l’État. C’est le cas des travailleur·euses de Chronodrive, qui sont en grande majorité des étudiant·es embauché·es en contrats précaires et qui travaillent dans des conditions difficiles (cadences infernales, forte pression, travail très « physique  »…).

La répression de Rozenn révèle toute l’hypocrisie du grand patronat : les mêmes qui cherchent à licencier une étudiante de 19 ans construisent leur fortune sur le dos des travailleurs précaires, en France mais aussi dans de nombreux pays où ils se font le relais de l’impérialisme en exploitant la main d’oeuvre à bas coûts et qui essaient dans le même temps de redorer leur image en faisant des coups de comm’ promotionnels dans leurs supermarchés, à destination des étudiants précaires. Et ce alors même que le chiffre d’affaires du groupe Mulliez, qui détient Auchan et sa filiale Chronodrive, se compte en milliards d’euros.

Aujourd’hui, s’en prendre à Rozenn c’est s’en prendre à la génération qui refuse de se taire et de se résigner, face à l’ensemble des violences produites par une société en crise ! C’est s’en prendre aux femmes qui se battent au quotidien contre les violences sexistes et sexuelles ! C’est s’en prendre à toute la jeunesse qui lutte actuellement contre la précarité. Et c’est cette combativité qu’ils cherchent à étouffer, en multipliant les licenciements et les procédures répressives à l’encontre des militants syndicaux et féministes. 

Il est indispensable que toutes les organisations féministes, tous les partis et appareils syndicaux, mais aussi toutes celles et tous ceux qui ont apporté leur soutien aux campagnes de dénonciation des violences sexistes et sexuelles, fassent front aujourd’hui contre la répression que subit Rozenn et contre son licenciement. Pour qu’ils comprennent que, s’ils touchent à l’une d’entre nous, ils touchent à toutes  : soutenons Rozenn  !

Pour soutenir la campagne :

- Signer la pétition contre le licenciement de Rozenn et pour la levée des sanctions !
- Témoigner sur les réseaux sociaux, à propos des violences sexistes et sexuelles qui nous sont imposées sur nos lieux de travail, avec les hashtags #SoutienRozenn #TuNesPasSeule !
- Participer et inviter au rassemblement prévu samedi 27 mars à 15h devant Chronodrive Basso Cambo à Toulouse !




Mots-clés

#SoutienRozenn   /    Chronodrive   /    répression syndicale   /    Licenciement(s)   /    CGT   /    Du Pain et des Roses