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Normandie. Face aux réquisitions, les sous-traitants de Total prêts à entrer dans le mouvement de grève

La grève continue dans les raffineries malgré les réquisitions et l’accord signé par la CFDT et la CFE-CGC. Alors que les réquisitions continuent de tomber à Feyzin, les entreprises sous-traitantes montrent leur soutien aux raffineurs normands.

mardi 18 octobre

Crédits photo : Révolution Permanente

Après les raffineurs de Total et d’ExxonMobil, les raffineries resteront-elles arrêtées par des grèves des entreprises sous-traitantes ? Ce matin, sur les piquets de la raffinerie de Total Normandie, la plus grosse raffinerie française, des délégations d’entreprises sous-traitantes, vitales pour la raffineries, sont venus apporter leur soutien aux raffineurs en lutte. Une vingtaine de salariés de Fouré Lagadec (tuyauterie et maintenance industrielle) sont ainsi venus, pour organiser la solidarité entre grévistes et préparer les suites.

Comme dans de nombreuses multinationales, Total a entièrement délégué la maintenance de ces sites à des entreprises sous-traitantes comme SPIE, Fouré Lagadec, Actemium, SNEF ou encore Ponticelli. « Les conditions de travail sont tout simplement horribles : Total met en concurrence les entreprises pour réduire les frais fixes, et ça retombe sur les salariés » résume Alexis Antonioli, de la CGT Total Normandie. De même, pour Fred Bichot, de la CGT SPIE et cosecrétaire de l’Union Locale d’Harfleur : « En tant que sous-traitants, on voit que Total n’investit plus dans l’outil de travail, ce qui retombe sur nos conditions de travail ». Même constat sur les salaires, bien plus faibles que chez Total.

Ces entreprises affichent pourtant des bénéfices importants : chez SPIE, les bénéfices voient augmentation de 26 % en 2022, après des bénéfices de 170 millions en 2021. Mais comme ailleurs, les salaires ne suivent pas.

Alors que de nouvelles réquisitions sont tombées ce lundi pour la raffinerie de Feyzin près de Lyon, les sous-traitants havrais ont prévenu : si des réquisitions venaient à tomber sur la plateforme Normandie, les sous-traitants se mettraient en grève. « S’ils continuent les réquisitions, quand ils voudront redémarrer les boutiques, les sous-traitants seront là pour les empêcher de redémarrer » explique Fred Bichot, très applaudi, tant dans l’assemblée générale du raffinage que dans celle de la pétrochimie.

En 2016, déjà, les entreprises sous-traitantes s’étaient mises en grève à la suite des raffineurs, empêchant en partie les raffineries de redémarrer. Face à cela, la direction de Total a d’ores et déjà menacé les sous-traitants d’arrêter les travaux sur son site, mettant en danger tous les salariés qui y travaillent, mais aussi en mettant en chômage partiel les sous-traitants. Un chantage inacceptable, dans la droite lignée de la politique répressive de Total depuis le début du conflit, car ce qui inquiète, c’est bien l’alliance entre Total et ses sous-traitants.

Alexis Antonioli le rappelle : « le cadre de l’entreprise, c’est un cadre fixé par les patrons. On a les mêmes boîtes, on a les mêmes interlocuteurs ». Alors que les rémunérations peuvent être parfois divisées par deux entre les sous-traitants et les donneurs d’ordre, la revendication d’une augmentation des salaires de 400€, et l’indexation des salaires sur l’inflation prend plus de sens que jamais.



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