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Politique

Et bonne année !

Nous faire « travailler plus » et renforcer la police : en 2023, faisons ravaler ses vœux à Macron !

Très politiques, les vœux de Macron ont été à l’image de sa politique des derniers mois : un programme antisocial clair, « travailler plus », avec au cœur la réforme des retraites et une poursuite de l’offensive sécuritaire et xénophobe, que masquent mal les appels hypocrites à l’unité.

samedi 31 décembre 2022

Après deux années marquées par les hommages aux morts du Covid et aux travailleurs des premières lignes à l’occasion du nouvel an, cette année, les vœux du président de la République ont laissé la place à un discours centré sur le travail et la sécurité. Après avoir rappelé le soutien de la France à l’Ukraine, le président a en effet déroulé ce samedi soir des vœux très politiques avec un mot d’ordre central, « il nous faut travailler davantage », et de multiples signaux sur le terrain xénophobe et sécuritaire.

Alors que la réforme des retraites doit être présentée d’ici deux semaines, Emmanuel Macron a choisi de poser toutes ses cartes sur la table pour défendre son offensive contre le monde du travail. Le Président a ainsi présenté le recul de l’âge de départ comme une condition pour « assurer un modèle sociale juste et solide  », avant d’enchaîner les mensonges habituels sur la pénibilité et les carrières longues pour faire avaler la pilule.

Sans donner le nouvel âge de départ à la retraite, il a insisté sur le fond de toute sa politique : travailler plus, en attaquant d’un côté les chômeurs et de l’autre les retraités. Des annonces sans surprises alors que la présentation de l’attaque contre nos retraites, massivement rejetée par la population, sera le dossier explosif de la rentrée après que l’annonce de la réforme ait été décalée par crainte de la rue.

Dans une tonalité totalement réactionnaire, Macron a ensuite réaffirmé la nécessité d’un « ordre libre et juste qui permet aux citoyens d’être heureux », façon délicate de qualifier le renforcement de l’offensive autoritaire, en déroulant une succession de promesses répressives : « augmenter les moyens des forces de sécurité intérieure, de notre justice, de notre armée », lutter « plus efficacement contre les trafics, l’immigration illégale », garder le « contrôle des frontières » et enfin l’annonce d’une prochaine mise en place du Service National Universel obligatoire. Dans le même temps, Macron n’a pas oublié de développer un discours islamophobe implicite en évoquant la nécessité de « rendre chaque jour notre laïcité effective »… avant de rendre hommage à « sa Sainteté » Benoît XVI.

Finalement, dans la tradition des discours hypocrites du nouvel an, Emmanuel Macron a dessiné les lignes d’une action à mille lieues de sa politique. Ainsi de la promesse de « protéger les plus modestes », bien loin de la réalité de l’inflation, qui détruit le pouvoir d’achat de tous et toutes et devrait aller en s’aggravant dans les mois à venir alors que le gouvernement fait tout pour empêcher toute augmentation massive des salaires. Même chose avec l’annonce triomphale d’un chômage au plus bas, alors que Pôle Emploi radie de plus en plus de chômeurs, et que les réformes successives de l’assurance chômage ont désinscrit de nombreux demandeurs d’emplois.

Enfin, pour couronner la valse des bonnes intentions hypocrites, Macron a promis de renforcer « la vitalité démocratique », après s’être félicité d’une « année démocratique intense » où il a employé le 49.3 pas moins de dix fois lors des six derniers mois…

En définitive, Macron termine l’année 2022 comme il a commencé sa campagne en mars dernier : en nous promettant une grande offensive contre les travailleurs que masquent mal le pseudo « optimisme » vanté par l’AFP. En janvier, celle-ci pourrait cependant se heurter à la colère de la rue, redoublée par la crise économique actuelle. Ce serait la meilleure façon de commencer l’année et d’effacer le sourire hypocrite du Président des riches.



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