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Politique

Faire front contre l'extrême droite

« Nous n’avons pas peur, personne ne nous intimidera » : Anasse Kazib devant Panthéon - Sorbonne

Le mercredi 9 février, Anasse Kazib s’est exprimé sur la Place du Panthéon à Paris en réponse aux menaces et aux campagnes racistes et islamophobes de groupuscules identitaires, devant plus de 500 personnes. Un rassemblement de solidarité qui a été un immense succès et une grande démonstration face à la haine de l’extrême-droite.

lundi 14 février

Crédits photo : O Phil des Contrastes

D’abord, je veux dire à quel point c’est étrange d’avoir maintenant un service de protection autour de moi, moi qui ait l’habitude de marcher toujours seul. Mais on continuera à marcher toujours là tête haute, peu importe les bâtons dans les roues qu’ils vont essayer de nous mettre pendant cette présidentielle.

Merci beaucoup à toutes et à tous d’être présentes et présents ce soir, et il y en a d’autres qui continuent à arriver, à nous rejoindre sur cette place du Panthéon. C’est très important que nous soyons là et ça va au delà de ma candidature. Comme je le disais tout à l’heure sur les réseaux sociaux, ce n’est pas que la question de ma personne et des menaces que je reçois, mais c’est bel et bien tout notre camp social qu’ils essaient d’intimider aujourd’hui. Lorsque l’on a des groupuscules fascistes qui veulent te faire croire que tu n’as pas le droit de t’exprimer quelque part, c’est important que nous soyons aussi nombreux pour leur faire comprendre que nous sommes chez nous, et que personne ne nous empêchera de parler, de discuter. Qu’ils comprennent qu’on continuera de le faire où l’on veut, quand on veut.

On le voit bien, ils sont main dans la main avec le gouvernement, ils ont le même discours, le même langage. Ils parlent d’islamisme, d’islamo-gauchisme, de wokisme, ce fameux néologisme dont eux même ne savent pas ce qu’il signifie. Le mot wokisme vient de l’anglais wake, qui signifie s’éveiller. S’éveiller contre quoi ? Contre toute forme d’oppression et d’exploitation que nous sommes si nombreux à vivre. Et ça ils ne le supportent pas. Ils ne supportent pas de constater qu’un candidat ouvrier à l’élection présidentielle a déjà 99 parrainages, un candidat qui porte haut et fort dans son programme la lutte pour l’autodétermination des personnes LGBTI, la lutte contre le racisme d’Etat, la lute contre l’impérialisme français. Et ils ont la rage de voir qu’aujourd’hui ce candidat rassemble 500 personnes inscrites pour cette conférence à la Sorbonne. Ils ne supportent pas qu’on rentre au pied de biche dans cet établissement de Panthéon-Sorbonne, et qu’on fasse rentrer au pied de biche la lutte de classes dans cette élection présidentielle.

Ce qu’ils essayent d’attaquer, au-delà de ma personne, c’est notre camp. Ce camp qui s’est bougé et qui a lutté pendant ces cinq années de luttes intenses, que ce soit la réforme du ferroviaire, le mouvement des gilets jaunes, le mouvement contre la réforme des retraites... Toutes ces mobilisations, notamment des étudiants pour le climat, contre les violences sexistes et sexuelles faites aux femmes, toutes ces Pride radicales qui ont eu lieu, c’est pour tout ça que nous sommes tous et toutes présents aujourd’hui, c’est pour porter la voix de ces luttes, la voix de notre camp social.

Et aujourd’hui, s’il y a des militants et des militantes d’extrême-droite qui tentent de nous empêcher de parler, c’est parce qu’ils ont le vent en poupe, c’est parce qu’ils ont un candidat, Éric Zemmour, à qui toutes les portes sont ouvertes. Lui qui est invité quotidiennement depuis des mois sur tous les plateaux de télé, à toutes les radios, lui qui a de son coté les ultra riches patrons des chaines d’infos. Ce multirécidiviste condamné à plusieurs reprises pour haine raciale, haine religieuse, est invité partout pour déverser ses discours révisionnistes et négationnistes, pour nous expliquer qu’il y a deux civilisations qui ne peuvent plus cohabiter. Récemment, il s’adressait aux syndicats policiers, à des hommes et des femmes armées, et leur expliquait que cette cohabitation ne peut plus durer et qu’on ne pourra pas régler ça de manière pacifique ! C’est ce message qu’ils essaient d’envoyer, un message de haine, de division, et un appel à une forme de guerre civile.

Nous allons donc leur répondre par la plus belle des manières, par la fraternité et la solidarité de notre camp social. Car nous avons trop souvent, ces derniers mois, courbé l’échine. Nous avons trop souvent pris peur, alors que nous sommes la majorité. Lorsque l’on voit le Comité Justice et Vérité pour Adama mettre coup sur coup, les 6 et 13 juin, plus de 150 000 personnes dans la rue, il y a 6 fachos sur les toits, quand nous sommes 100 000 en bas. C’est ça notre rapport de force.

C’est le message que nous voulions transmettre avec ce rassemblement : nous n’avons pas peur. C’est terminé, plus personne ne va baisser la tête et courber l’échine. Nous sommes rassemblés et fiers de porter ce discours, et nous ne nous laisserons intimider par personne. D’ailleurs, nous n’avons pas besoin de Darmanin et de ses policiers pour nous occuper des fachos. S’il y en a parmi eux qui veulent faire les malins, qu’ils l’entendent, nous sommes la pour les accueillir.



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