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Politique

Réchauffement climatique

Rapport du GIEC : montée des eaux, fonte des glaces, des centaines de millions de personnes menacées

Hier, le GIEC approuvait un nouveau rapport sur le climat alertant sur l’avenir des océans et de la cryosphère. Mais contrairement à ce qu'il propose, il ne s'agit pas de s'adapter aux conséquences du réchauffement climatique mais de l'arrêter net : changeons le système, pas le climat !

mercredi 25 septembre

 
 Crédits photo : MANJUNATH KIRAN / AFP 
 
Hier, les 195 Gouvernements membres du GIEC approuvaient un nouveau rapport du groupe d’experts sur le climat alertant sur l’avenir des océans et de la cryosphère. Le GIEC envisage plusieurs scénarios : un qui maintiendrait le réchauffement climatique à une hausse de 1,5 °C et un autre se basant sur le prolongement de la période 1986-2005. Dans ce premier cas, le niveau des mers pourrait atteindre une hausse de 60 cm d’ici 2100.Le scénario le plus pessimiste envisage une élévation d’1m10. Si on considère le premier scénario, en 2100, l’Arctique « ne serait libre de glace en septembre (le mois où il y a le moins de glace) qu’une fois tous les cent ans. Pour un réchauffement de 2 °C, il le serait jusqu’à tous les trois ans » selon le GIEC.
 
Les 4 millions d’habitants de l’Arctique, malgré leurs adaptations, notamment dans les domaines de la chasse, et des déplacements seront obligés de se déplacer face à la montée des eaux. Selon le rapport, « le succès de leur adaptation dépend des financements disponibles, des capacités et du soutien institutionnel. » Et si l’eau monte, des grandes métropoles côtières vont devoir être déplacées selon le GIEC. Mais comment déplacer des villes de plusieurs millions d’habitants et dans quelles conditions ? Il est évident que les plus riches n’auront qu’à déménager quand les plus pauvres connaîtront l’enfer des camps de réfugiés climatiques et des migrations au péril de leurs vies.
 
Une autre des conséquences présentées par ce rapport est une fonte accélérée de la cryosphère ce qui entraînerait l’augmentation des risques de glissement de terrain, des avalanches, des chutes de pierres et des inondations dans les régions montagneuses. Ainsi, le volume des plus petits glaciers diminuerait de 80 % à l’horizon 2100. Les 670 millions d’habitants de haute-montagne pourraient être touchés par la raréfaction des ressources hydriques, alors que ces dernières sont indispensables à l’agriculture et à la production d’énergie.
 
Le nouveau rapport du GIEC souligne ainsi à nouveau les conséquences désastreuses du réchauffement climatique. Si ce dernier est aujourd’hui devenu un fait indéniable, c’est sur les solutions proposées par le groupe d’expert que l’on reste sceptiques. A l’heure où la raréfaction des ressources semble surtout générer une concurrence accrue entre les Etats, les espoirs de solutions basées sur la coopération et l’adaptation des populations semblent bien maigres.
 
Face à l’ampleur de la catastrophe climatique et la logique de course aux profits qui caractérise ce système, incompatible avec la sauvegarde de l’environnement, c’est une transformation d’ampleur qui semble nécessaire. Seul un changement radical de société peut permettre de stopper cette dynamique destructrice et de limiter le réchauffement, au travers de mesures aussi radicales que l’expropriation des grands groupes capitalistes et la mise sous contrôle des travailleurs et des usagers des secteurs de l’énergie et des secteurs de l’industrie les plus polluants.