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Nouveaux blindés pour la gendarmerie : un pas de plus dans l’offensive sécuritaire

Après avoir passé commande pour de nouveaux blindés plus sophistiqués en octobre 2021, le ministère de l’Intérieur a commencé à exposer les premiers exemplaires. Entre système de vision thermique, système de défense à base de lacrymogène et autre lance-grenades automatique, le message est clair : le plan de prévention pour réprimer les mouvements sociaux est lancé.

jeudi 21 juillet

En octobre dernier, le ministère de l’Intérieur annonçait par un communiqué qu’une commande de 90 véhicules remplaceraient les anciens VBRG (« Véhicule blindé à roues de la Gendarmerie ») de la gendarmerie. Les blindés de la société SOFRAME on été choisi, en particulier la gamme ARIVE (pour « ARmoured Infantry VEhicule »), pour leur sophistication très avancée. Le gouvernement a renommé ses nouveaux jouets CENTAURE.

En effet, [les véhicules sont lourdement armés, comme le détail le journaliste Maxime Sirvins ou l’article de QG et à la pointe de la technologie : Haut de 3,3 mètres sur 7,4 de long et pesant 14,5 tonnes, le blindé pourrait pousser des voitures et objets pesant jusqu’à 3,5 tonnes, le tout à une vitesse de 30km/h. Mais il pourrait faire bien plus de dégâts puisqu’il est équipé, à l’avant, d’une lame flottante. Tous les véhicules seront également équipés de caméras à vision nocturne et de caméras de vidéosurveillance à longue portées, ainsi que d’un système de défense à base de lacrymogène avec une concentration de gaz CS très élevée. En plus de tout cela, les 90 blindés possèdent des lance-grenades automatiques de 30 coups, d’une portée de 400 mètres et des fusils mitrailleurs FN MAG 58 selon le site Contre Attaque. Des véhicules, initialement vendu sur le site de SOFRAME comme «  transport d’un groupe de combat d’infanterie  », qui vont finalement servir à la répression de la population civil.

Alors que les anciens équipements de la gendarmerie avaient déjà permis de mutiler des centaines de personnes et de blesser plus de 27 800 selon le rapport d’enquête de l’Observatoire des Street-medics entre Février 2019 et Mars 2020, l’achat de ces véhicules témoigne d’un pas en avant dans la prévention de mouvements sociaux. Réponse à la faiblesse du gouvernement secoué par les GJ en 2018 et la mobilisation contre la réforme des retraites en 2020, ce renforcement de l’arsenal répressif se concrétise dans un contexte d’instabilité politique et social propice à l’émergence de mouvements sociaux.

De plus, l’arrivée de ces nouveaux blindés montre bien les priorités de Macron et son gouvernement. À l’heure où le manque de moyens dans les hôpitaux est criant, où l’inflation est toujours plus importante et où la Gironde est en proie à des méga-incendies, 57,4 millions d’euros (hors TVA) sont dépensés pour l’achat des 90 véhicules dédiés à la répression. Plus globalement, le budget du ministère de l’Intérieur a augmenté en 2022 de 1,5 milliard d’euros, pour arriver à un total de 21,260 milliards d’euros. L’argent ne manque pas quand il s’agit de renflouer le ministère chargé de la répression.

Il n’est pas difficile de voir que pour son second quinquennat, Macron se prépare à d’éventuels mouvements sociaux d’ampleur. Avec des blindés aussi équipés, se rapprochant presque de véhicules de guerre, le modèle répressif de la macronie que l’on connaissait jusqu’à maintenant fait un bond en avant.



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