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Société

Désobéissance civile

Nouvelle action d’Extinction Rébellion contre l’entreprise de béton Lafarge

Après le blocage de l’aéroport de Chambéry, Extinction Rebellion et d’autres militants écologistes ont bloqué les sites Cemex et Lafarge d’Issy les Moulineaux et de Pantin pour l’opération #findechantiers.

mardi 18 février

Crédit photo : Philippe Lopez / AFP

Après l’action de lundi, où 400 militants avaient décidé de bloquer le site de Lafarge, aujourd’hui c’est le centre Cémex de Lafarge qui a été pris pour cible. L’objectif : dénoncer les activités criminelles de ces secteurs du bâtiments et travaux publics.

De fait, Lafarge souhaite étendre son site de production pour tripler sa production en béton et alimenter les gros chantiers d’île de France. Les militants dénoncent la destruction de l’écosystème, puisque le béton, qui est composée également de sable, demande plus de 30.000 tonnes de sable pour construire un kilomètre de route, provoquant ainsi la détérioration des fonds marins et des écosystèmes qu’ils abritent.

Ce matin, les militants ont donc envahi le quai de la centrale de Pantin près de la Villette, et accompli des actions chocs pour continuer leur dénonciation de l’industrie du bétonnage. Derrière le mot d’ordre #findechantier, ils ont fait cesser, pour une nouvelle journée, les activités de ce centre de production de béton.

Indépendamment de la stratégie employée ; il s’agissait en effet d’abord d’interpeller les candidats à la mairie de Paris sur ces grands projets inutiles, ces actions ouvrent le débat sur les problématiques climatiques et sociales, mettant en question les multinationales comme Lafarge, financé par l’Etat islamique ou Vinci, accusé de travail forcé sur des chantiers de la Coupe du monde de football 2022 au Qatar – et le fait que ces projets de constructions n’ont pas pour but le bien commun mais le profit de quelque uns.

« C’est une action pour dénoncer toute l’industrie de la construction, de l’extraction des ressources comme le sable jusqu’aux grands projets inutiles souvent imposés au riverain », expliquait ainsi une militante dans le live de l’action ayant lieu au cite Cemex à Issy les Moulineaux lundi. L’opération « Fin de chantiers », avait pour but de mettre les projecteurs sur le BTB (Batiment et Travaux Publics) et aussi sur le rôle de l’État.

« En contradiction totale avec la déclaration d’urgence climatique et écologique faite au nom du peuple à l’Assemblée nationale, le 27 juin dernier, l’État continue de soutenir des grands projets polémiques », disait un communiqué d’Extinction Rebellion. « Leurs impacts sont catastrophiques pour les écosystèmes et questionnent sérieusement le futur et de nos villes et de nos campagnes. Les industriels en charge de ces chantiers refusent d’écouter les alertes des scientifiques et sacrifient ainsi notre avenir à des intérêts financiers à courts termes ». Contre un gouvernement complice de ces grandes entreprises écocides, les militants ont décidé de se battre et passer le cap de l’interpellation pour remettre en cause les agissements des entreprises.

Des actions qui marquent le retour des militants écolos qui pour certains se sont attaqués à Black Rock et semblent décidé à exprimer leur voix. Une marche pour le climat est d’ailleurs organisée le 13 mars pour continuer le combat. Malgré les débats stratégiques sur ce type d’action, elles montrent tout de même une radicalité à la base de ces organisations écolos qui sont influencées par le rythme de la lutte des classes en France, après deux mois de grève reconductible, et qui ne peuvent plus s’illusionner de la possibilité d’un Macron vert et social, alors qu’il passe au bulldozer sur les retraites. Alors que ce dernier, tente de se faire passer pour écolo pour faire taire la contestation, c’est sur terrain qu’elle revient.




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