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Politique

Buccio, championne des expulsions

Nouvelle expulsion à Bordeaux : les familles se réunissent pour exiger un relogement

Le 28 août dernier, une trentaine de familles ont été expulsées du squat "Le petit carreau" par la Préfecture de Gironde. Sans logement, les familles se réunissent tous les jours afin de trouver un abri pour la nuit. Un rassemblement de soutien est organisé ce jeudi à 18h place Doumer.

jeudi 15 septembre

Photo : Damien Renoulet/Rue89Bordeaux

Tous les jours à Bordeaux, des familles de réfugiés se donnent rendez-vous à partir de 17h sur la Place André Meunier avec plusieurs soutiens dans le but de trouver un logement pour la nuit.

Si elles sont dans cette obligation, c’est parce que le 25 août, la Préfecture a donné l’ordre d’expulser leur lieu de vie. Situé dans le quartier Saint Michel rue Clare, « le petit Carreau » réunissait une trentaine de familles pour la plupart venues d’Arménie, d’Albanie, de Turquie et de Géorgie. Parmi eux une dizaine d’enfants pour la plus part scolarisés au lycée, au collège et même pour les plus jeunes en maternelle. Les deux fourgons de police venus déloger les familles n’ont pas hésité à confisquer leurs meubles et leurs affaires personnelles, ce que l’association du DAL (Droit Au Logement) qualifie d’illégal.

Une situation loin d’être isolée qui constitue un grand traumatisme pour les familles, notamment pour les enfants qui ont été réveillés tôt le matin pour se faire sortir de force de leur lieu de vie.

Plusieurs familles sont d’ailleurs menacées de quitter le territoire français et risquent donc d’être renvoyées dans leur pays qu’elles avaient fui. Comme avec l’expulsion l’année dernière du lieu de vie l’Éclaircie-La Vie est belle, la préfecture profite toujours de la période estivale et de la fin de la trêve hivernale pour expulser des familles en les laissant sans solution de relogement. Une politique autoritaire et raciste qui s’inscrit dans la lignée de celle du gouvernement notamment avec le projet de loi immigration de Darmanin, qui va particulièrement serrer la vis en matière de droit d’asile.

Si nous dénonçons l’action de la préfète, championne des expulsions, nous dénonçons tout autant la complicité de la mairie EELV qui cautionne cette politique, que ce soit par son silence sur ces situations ou bien en accompagnant ces processus avec le CCAS. Si la mairie se targue d’être de gauche elle n’a rien de progressiste, en témoigne son rôle aux côtés de la Préfecture dans les expulsions mais aussi dans ses politiques d’augmentation des effectifs policiers.

De plus, avec 10500 logements vacants à Bordeaux et plus de 22 000 sur la métropole, la mairie pourrait largement loger une trentaine de personne sans grande difficulté. Dans ce cas comme dans tous les autres, il est nécessaire de défendre le droit au logement pour toutes et tous en revendiquant la réquisition des logements vides.

Face à tout cela nous apportons tout notre soutien à ces familles et relayons par la même occasion leur besoin en matière de denrée alimentaire et de fournitures scolaires que vous pouvez leur apporter tous les jours à partir de 17h sur la place André Meunier.

Nous relayons également l’appel au rassemblement pour soutenir les familles ce jeudi 15 septembre à 18H, Place Paul Doumer.



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